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À La Forclaz, les «toyets» de 1981 étaient visionnaires

Une anecdote lors du premier changement d'horaire avait valu au village railleries et articles de presse.

Aymon Pittex est l’un des rares à revenir sur l’anecdote de 1981 qui valut des railleries à son village de La Forclaz.
Aymon Pittex est l’un des rares à revenir sur l’anecdote de 1981 qui valut des railleries à son village de La Forclaz.
Chantal Dervey

En 1981, l’anecdote avait fait sourire loin à la ronde, mais assez peu à La Forclaz, où les habitants n’avaient guère apprécié de «passer pour des toyets», comme le relatait alors «24 heures».

À l’origine de cette anecdote vaudoise, l’oubli de répercuter le nouvel horaire au clocher du pittoresque village. Résultat, les paysans n’avaient pas terminé de traire leurs vaches lors de l’arrivée du laitier. Il n’en avait pas fallu davantage à ce dernier pour interpréter l’heure erronée du clocher comme un acte de résistance.

Agriculteur bientôt à la retraite, Aymon Pittex a bien voulu, non sans lassitude, revenir une énième fois sur cet accroc de l’histoire: «Ce n’était qu’une question de livraison du lait, parce que les bestioles sont habituées à l’horaire d’hiver.» Et voilà les habitants de La Forclaz épinglés dans la presse comme des récalcitrants. «Après cet épisode, pour qu’on arrête de l’embêter, le grand-père qui s’occupait du clocher le réglait le soir d’avant», raconte-t-il goguenard.

Il n’empêche, certains ont sciemment pris le parti de ne pas tenir compte de la nouvelle donne. C’est le cas d’Edmond Tavernier: «Moi, je ne change pas d’heure de toute façon», lance-t-il une tartine à la main, avant de nous congédier.

Mais pour la grande majorité, il a bien fallu s’adapter. «Tout le monde a changé d’heure, nous aussi on a été obligé de se mettre au diapason, reprend Aymon Pittex. L’heure du début des cours de nos enfants n’allait pas changer pour nous!»

Pour lui et ses homologues paysans, néanmoins, les besoins du bétail ou le degré d’humidité de l’atmosphère comptent d’avantage que la position des aiguilles au clocheton de la chapelle. «La rosée matinale nous empêche de travailler le foin», cite-t-il par exemple. Les travailleurs de la terre ont continué de calquer leur mode de vie sur le rythme de la nature.

Et le retour éventuel à un horaire unique en 2021? Il ne provoque pas d’enthousiasme particulier. «De toute façon je serai à la retraite», prévient Aymon Pittex. Le tapage de 1981 fera-t-il enfin partie du passé? Pas sûr quand on sait que l’anecdote a été colportée jusque dans un livre du Français Claude Michelet. Mais dans le patelin de 250 âmes, certains sourient à l’idée que La Forclaz ait été, en fin de compte, en avance sur son temps.

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