Le fort militaire de Chillon deviendra musée pour sortir de l’ombre

VeytauxLes exploitants prévoient en 2019 l’ouverture du lieu qui veut devenir un espace de réflexion sur le Réduit national.

Grace Jost, Pierre Clément et Philippe Jost espèrent ouvrir Fort de «Chillon-World of Strategy!» dans la deuxième moitié de 2019. La recherche du financement débute.

Grace Jost, Pierre Clément et Philippe Jost espèrent ouvrir Fort de «Chillon-World of Strategy!» dans la deuxième moitié de 2019. La recherche du financement débute. Image: Patrick Martin

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Un fort comme lieu de vie militaire, la stratégie comme fil rouge, le dispositif du Réduit national en toile de fond historique. Décliné en ces trois pôles, le musée Fort de Chillon-World of Strategy! prévoit «d’ouvrir l’ouvrage au public, ce colosse de pierre endormi depuis 1995», se réjouit Pierre Clément, l’un des sept associés de Fort de Chillon Sàrl.

La société sise à Veytaux, locataire depuis 2010 de l’ouvrage propriété d’Armasuisse, a obtenu le permis de construire en juillet dernier. Jusqu’en septembre, elle organisait encore des visites guidées à la demande. Curiosité, elle met à disposition sept caves privées pour l’entreposage de bouteilles et un petit salon pour partager un verre dans un lieu des plus atypiques et mystérieux.

Peu savent en effet qu’une petite porte camouflée dans la montagne, juste en face du château de Chillon, permet d’accéder à une structure militaire tentaculaire au cœur de la roche, l’un des 5800 ouvrages militaires construits durant la Seconde Guerre mondiale. «Nous ne sommes pas des fanas de l’armée, mais des férus de ce patrimoine historique», précise Pierre Clément.

Qui sait que la montagne en face du château de Chillon abrite le fort militaire du même nom et qu’on y accède par une petite ouverture camouflée en temps normal? Grace Jost, Pierre Clément et Philippe Jost entendent ouvrir l’ouvrage militaire au public en le transformant en musée à l’horizon 2019. Photo: Patrick Martin

L’ouverture est prévue le deuxième semestre de 2019. Le musée se visitera sept jours sur sept et sans guide. Il prévoit notamment deux expositions permanentes: «Réduit national, l’histoire d’un système de défense unique» et «Living History, la vie dans le fort de 1941 à 1995». Des animations ludiques basées sur des «jeux stratégico-éducatifs» seront disséminées dans le fort.

Le projet est une histoire de famille puisque la gérante sera Grace Jost, fille de Pierre Clément. Son époux, Philippe Jost, complète le triumvirat: «Le budget total s’élève à 5,5 millions de fr., dont la majeure partie reste à trouver, explique ce dernier. Nous visons entre 70 000 et 90 000 visiteurs annuels. Le musée s’adressera autant aux Suisses intéressés à leur histoire qu’à des touristes étrangers, autant à des personnes individuelles qu’à des familles.» La création d’une vingtaine de postes liés à l’exploitation est prévue.

Des experts en soutien

Les initiateurs ont vite convenu qu’une simple visite des galeries, casemates, dortoirs, de l’infirmerie ou du magasin à munitions ne serait pas suffisant. D’où la nécessité d’inscrire l’ouvrage dans un contexte plus large.

Pierre Streit, historien militaire de la Confédération, apportera son regard de spécialiste du Réduit national, ce vaste plan de fortification de la Suisse qui culmina durant la Seconde Guerre mondiale. «Il s’agira de mettre les choses en perspective dans les différentes étapes de vie du fort. Par ailleurs, il ne faudra pas être dans la seule célébration, mais garder un esprit critique.» Le lieu entend même se poser comme premier centre d’information sur le Réduit. «Parce que les connaissances sur le sujet sont très dispersées et qu’il n’existe pas de musée les rassemblant et les présentant de manière systématique et synthétique», précise Grace Jost.

Concernant le quotidien des 180 soldats du fort, Christian Welter sera le consultant idéal, lui qui en fut le dernier commandant. Entre deux anecdotes, l’ancien gradé avoue être resté «attaché émotionnellement» à l’endroit. «Mon idée est de mettre en place des scènes. Je pense par exemple à l’ambiance d’un tir de canon avec les émanations toxiques, les soldats en masque à gaz. L’idée est de montrer cette vie secrète.»

«Plus qu’un musée, il s’agira d’un vécu, nuance Enrico Pestalozzi, patron de Satellites Design et responsable de la muséographie. Pour l’instant, nous en sommes au stade du rêve, du feeling. Nous avons ciblé une vingtaine d’installations pour redonner vie au lieu, avec des informations et un quiz sur tout le cheminement. Une buvette et une boutique compléteront l’offre.» (24 heures)

Créé: 14.02.2018, 06h44

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