Le futur temple ludique de Nestlé se dévoile en primeur

VeveyLa multinationale espère attirer 250'000 visiteurs par an derrière la gare de Vevey.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Son nom définitif n’a pas encore été choisi. Mais, à l’interne, on l’appelle le nest, soit le nid, allusion au célébrissime logo de la société. Dix-huit mois après le premier coup de pioche, le grand complexe que construit Nestlé derrière la gare CFF de Vevey commence à prendre forme. Présenté comme «ludique et informatif», ce centre se dressera sur le site historique de la compagnie, là même où Henri Nestlé imagina sa fameuse farine lactée en 1866.

Les bâtiments, qui faisaient office de dépôts ces dernières décennies, seront entièrement réhabilités d’ici à 2016, année durant laquelle le numéro un mondial de l’alimentation fêtera ses 150 ans. Visite guidée et exclusive d’un chantier à 50 millions de francs.

Pas un simple musée

Raconter la riche histoire de Nestlé de façon résolument ludique et innovante: une mission confiée à Catherine Saurais, la directrice du centre, qui, pour ce projet, n’hésite pas à aller gambader loin des sentiers battus. «On ne peut pas se calquer sur une institution culturelle existante. Nous n’avons pas de modèle, la scénographie est totalement inédite.»

Un regard tourné vers l’avenir et une volonté d’innovation qui se traduisent dans les mots aussi: dans les bureaux de la compagnie, on ne parle pas de «musée Nestlé». La résurrection des trois bâtiments historiques – la Fabrique, la Villa, qui abritait le bureau d’Henri Nestlé, et la Boulangerie – a été confiée à l’architecte lausannois David Linford: «Nous voulons retrouver l’essence de ces lieux. Les anciennes poutraisons métalliques rivetées seront conservées, certaines structures et moulures également. Nous ne voulons pas effacer ces traces historiques, mais leur offrir une nouvelle vie», explique-t-il.

Attractions entre terre et ciel

L’ancienne fabrique de farine lactée retracera, sur trois étages, l’histoire de la société et de ses marques. Au rez-de-chaussée, les visiteurs se plongeront dans les racines de la société; une expérience immersive en six saynètes déclinées sous des poutres centenaires.

Dans les étages, ils découvriront les «archives vivantes» et animées du géant de l’agroalimentaire et pénétreront dans la «chambre des trésors», recelant plusieurs objets de collection – le premier pot de Maggi ou de moutarde Thomy, le logo dessiné par Henri Nestlé –, avant de gagner une salle de projection dotée d’un écran circulaire diffusant les films publicitaires qui ont marqué leur époque.

«Il ne s’agira pas de faire la leçon aux visiteurs en leur vantant nos marques, mais de leur relater notre passé, à travers des histoires et des anecdotes dans le contexte de l’époque», insiste Catherine Saurais. Une newsroom, ou forum, dotée de tables tactiles interactives et d’infographies dédiées aux défis actuels de l’alimentation dans le monde est également prévue. Enfin, l’attraction la plus ambitieuse, la plus mystérieuse aussi, se nichera dans une structure suspendue et évoquera «la vision de Nestlé sur l’avenir de la nutrition, de la santé et du bien-être».

Des espaces ouverts au public

Le cœur du complexe abritera la «piazza», sorte de place du marché couverte de 1600 m2, accessible gratuitement: pas besoin d’acheter un billet d’entrée pour y manger une assiette ou y boire un verre, dans la journée ou en soirée. «La charpente métallique sera nettoyée mais pas repeinte, afin de conserver son aspect brut», détaille David Linford. A l’ouest, la Villa conservera son architecture originelle et accueillera expositions, séminaires ou conférences. «Plusieurs salles seront ouvertes à la location et une passerelle reliera le bâtiment à la Fabrique», poursuit l’architecte.

Une silhouette décoiffante

Le complexe affichera une silhouette de métal et de verre qui lui donnera des allures de grande serre. Le toit du centre a fait l’objet d’une attention particulière: à moitié vitré et à moitié couvert de panneaux photovoltaïques, il présentera des pentes aux allures d’origami. Une structure qui vise à récupérer l’eau de pluie et à l’acheminer dans un réservoir de 100 000 litres situé au sous-sol. Objectif: couvrir les besoins en eau grise (fonctions sanitaires) et alimenter le système de climatisation du centre. A relever, pour l’anecdote, que les quartiers généraux de Nestlé à Vevey sont déjà chauffés et refroidis par l’eau du Léman qui clapote à deux pas.

«Nous récupérerons aussi de l’énergie dans le sol, par le biais de sondes géothermiques. L’empreinte écologique sera minimale», assure David Linford. Un accent sera également porté sur la mobilité douce: on accédera principalement au centre à pied ou à vélo.

Priorité à la langue française

Le centre accueillera les volumineuses archives de la société, aujourd’hui à l’étroit dans le sous-sol d’un immeuble situé dans le quartier est de la ville. Les historiens et archivistes de l’entreprise déménageront donc ici et certains documents seront ouverts à la consultation. Un mot encore sur la langue dans le complexe: on y parlera en priorité le français, mais aussi l’allemand et l’anglais.


«Réhabiliter le site où Henri Nestlé a fondé son entreprise»

Grand patron de Nestlé, Paul Bulcke évoque le complexe en construction dans le quartier des Bosquets.

-Pourquoi créer un tel centre à Vevey?

-Vevey est le lieu de création de l’entreprise, il y a bientôt 150 ans. Tout est parti d’ici et nous y avons donc nos racines. Avec ce centre, ce sera une occasion de donner une autre clé de lecture de ce qu’est Nestlé, de ce que fait le groupe dans le monde et comment il se projette dans le futur. Une occasion aussi pour nous de bien communiquer et de renforcer la confiance en tentant d’apporter des réponses aux multiples interrogations que l’on peut avoir au sujet d’une entreprise telle que la nôtre.

-Quelles sont vos attentes?

-En termes de fréquentation, on pense intéresser entre 200'000 et 250'000 personnes par année. Mais, au-delà des chiffres, ce qui pour moi est le plus important c’est de pouvoir faire le lien entre l’alimentation et la santé, qui suscitent, d’une manière générale, de plus en plus l’intérêt à la fois de nos consommateurs et du public. Les visiteurs trouveront dans ce centre une approche holistique de cette thématique qu’ils pourront ensuite approfondir, personnellement ou en visitant par exemple l’Alimentarium (ndlr: Musée de l’alimentation également situé à Vevey) et son site internet.

-Les autorités veveysannes ont fait part de leur enthousiasme à l’annonce du projet. S’agit-il aussi d’un cadeau que vous faites à la ville pour les 150 ans de Nestlé?

-Henri Nestlé a été un entrepreneur visionnaire. En réhabilitant une partie du site sur lequel il a fondé son entreprise, c’est quelque part lui rendre hommage et donner une nouvelle perspective à la ville qui lui a permis de se développer. Nestlé ne disposant pas d’un tel centre de communication, cette nouvelle réalisation comble ainsi une lacune qui devrait permettre de nous rapprocher des familles et du grand public tout en apportant, nous l’espérons aussi, une nouvelle attractivité à la ville et à sa région. (24 heures)

Créé: 19.11.2014, 10h18

En chiffres

Nestlé ouvrira son centre en 2016, année durant laquelle le géant de l’agroalimentaire célébrera ses 150 ans. Le chantier s’étend au sol sur 3380 m2 et coûtera 50 millions de francs. Entre 200'000 et 250'000 visiteurs sont attendus annuellement.

A titre comparatif, le Musée olympique à Lausanne draine 200'000 visiteurs annuels, le château de Chillon en dénombre 350'000, tandis que la Maison Cailler, à Broc, attire 380'000 mordus de chocolat.

Nestlé table sur une clientèle familiale et annonce une durée moyenne de visite de deux heures.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.