Le Grand Hôtel de Territet promis à une nouvelle Belle Époque

Riviera-ChablaisMontreux veut vendre l’édifice qui a abrité l’Audiorama. Une société de Pully entend le réaffecter en hôtel ouvert aux événements publics.

Désaffectée, la dépendance du Grand Hôtel ayant abrité le Musée suisse de l’audiovisuel (à dr.) a trouvé preneur. Palatin SA est prête à l’acquérir et à investir plusieurs millions pour la rénover.

Désaffectée, la dépendance du Grand Hôtel ayant abrité le Musée suisse de l’audiovisuel (à dr.) a trouvé preneur. Palatin SA est prête à l’acquérir et à investir plusieurs millions pour la rénover. Image: PATRICK MARTIN

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Désaffecté et insalubre, le bâtiment de l’Audiorama devrait bientôt renouer avec son glorieux passé. La Ville veut vendre l’ancienne dépendance du Grand Hôtel de Territet à Palatin SA, à Pully. La société immobilière entend y créer une structure d’hébergement hôtelier dans les 40 chambres existantes. Mais elle souhaite surtout organiser des événements liés à la Belle Époque dans les grands espaces de l’édifice: dîners-spectacles, bals, concerts de musique classique, expositions thématiques, grands mariages et anniversaires de prestige. «Cette opération, soumise encore à l’aval du Conseil communal, donnerait une seconde jeunesse au bâtiment et amènerait à Montreux un nouvel acteur économique susceptible de renforcer la dynamique touristique de la région», commente Caleb Walther, municipal du Patrimoine.

En lien avec L’Alcazar

Aux yeux de Thierry Boutin, propriétaire de Palatin SA, le potentiel historique et touristique de ce quartier de Territet n’est pas assez exploité. À l’enseigne de «Sissi Riviera», ce dernier souhaite donc faire de l’édifice «une vitrine de la Belle Époque» destinée aux touristes, en particulier asiatiques, de l’Europe de l’Est ou du Moyen-Orient. Il entend aussi, dans un deuxième temps, acquérir L’Alcazar, ancienne salle des fêtes du Grand Hôtel, qui sera vendu aux enchères prochainement.

Si la Municipalité préfère son projet aux deux autres reçus, c’est que l’offre d’achat de Palatin SA (800'000 francs) est nettement la plus élevée. «Il présente surtout le gros avantage d’être entièrement assumé par des fonds privés, ajoute Caleb Walther. Il s’agit d’un investisseur bénéficiant d’un réseau intéressant, qui accepte les contraintes légales liées à un bâtiment classé (note 1) et le maintien d’un accès public à l’emblématique salle Sissi. Ce que nous exigeons.»

C’est pourquoi l’Exécutif, fortement désireux de se défaire de ce bien encombrant, a revu ses prétentions financières à la baisse. Selon une expertise, la valeur vénale de vente devrait s’élever à 4,4 millions de francs, montant tenant compte d’une moins-value de 1,3 million pour l’utilisation par la Ville de la salle Sissi. Les travaux de rénovation et de remise aux normes à entreprendre sont, eux, estimés à 4 millions de francs. Auxquels s’ajouteront environ 7 autres millions pour l’aménagement intérieur. Ce sont d’ailleurs ces importants investissements qui avaient décidé Swiss Education Group, ancien repreneur potentiel, à renoncer à son projet à Territet, qui lui aurait coûté 18 millions de francs. Cette société montreusienne, propriétaire de plusieurs écoles hôtelières, a finalement créé son académie hôtelière en partenariat avec le célèbre chef de cuisine Anton Mosimann au Bouveret.

Si le coût des travaux est élevé, c’est que ce bâtiment historique doit être conservé dans sa forme et sa substance. Aucune intervention d’entretien, de restauration ou de modification ne peut y être engagée sans une étude historique ou archéologique préalable, sans une recherche d’archives et sans l’établissement d’une documentation iconographique complète. «Cette vente constitue une belle opportunité pour la Commune, conclut Pierre Rochat, municipal des Finances. Car l’acquéreur a accepté toutes nos conditions.»

Créé: 27.05.2019, 12h30

L’école hôtelière et le musée en rade

La Municipalité a écarté deux autres offres d’achat. L’Association Territet Belle Époque - Territet 2018 (en partenariat avec le groupe Boas, l’atelier d’architecture Archi-DT SA et Swiss Education Group) proposait aussi de réhabiliter l’image hôtelière et patrimoniale de la Belle Époque dans l’édifice en créant un hôtel-musée. Ce projet prévoyait de restaurer l’intégralité du bâtiment et de rétablir la partie hôtelière en créant des chambres historiques originales dotées du confort moderne. L’association entendait en outre affecter une partie du bâtiment à l’utilisation conjointe hôtel et musée en créant des installations interactives fixes (comme Aquatis à Lausanne) permettant aux visiteurs et aux hôtes de vivre une expérience hôtelière de la Belle Époque. Une boutique diffusant des articles liés au passé hôtelier de la Suisse, à l’histoire de la Riviera et aux célébrités qui ont fait sa réputation (l’impératrice Sissi, entre autres) était aussi prévue.

De son côté, le consortium Palatin SA, Germain Romy & Partenaires SA et consorts voulait développer dans l’édifice une haute école hôtelière avec l’exploitation d’une section hôtelière, d’un grand restaurant, d’une salle d’exposition et de spectacles.

Ce consortium s’est aussi montré intéressé par l’achat du Théâtre L’Alcazar voisin.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.