La grève pourrait durer sur le chantier de l'Hôpital Riviera-Chablais

ConstructionSeize employés, soutenus par Unia, ne travaillent plus depuis lundi matin. La grève est reconductible.

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Respect de la CCT? C’est pour Noël?». «Thermex Steiner pique-assiette». Ce sont deux slogans que l’on pouvait lire sur les banderoles déroulées sur le chantier de l’Hôpital Riviera-Chablais (HRC) lundi à Rennaz. 16 employés sont en grève, soutenus par Unia, avec pour revendication le remboursement complet des frais de repas, de déplacement et de l’équipement de sécurité. Le vaste chantier de construction de l’HRC emploie actuellement 307 travailleurs. À l’unanimité, les grévistes ont décidé de reconduire la grève déjà ce mardi.

Contrairement à la CCT en vigueur, Thermex ne nous paie pas les 20 francs par jour qu’elle nous doit pour les frais de repas, ça fait des mois que ça dure

«Contrairement à la CCT en vigueur, Thermex ne nous paie pas les 20 francs par jour qu’elle nous doit pour les frais de repas. ça fait des mois que ça dure», affirme Mouss*. «Les autres entreprises le font. Chaque ouvrier a son «panier» terme utilisé dans la construction et qui signifie frais de repas, NDLR», ajoute Emilien*. «Nous faisons bien notre travail. Il est cité en exemple sur le chantier. En plus, on est en avance sur le calendrier. Nous demandons juste que nos droits soient respectés, rien de plus», explique Julien*.

Délégué d’Unia, présent avec trois collègues, Lionel Roche annonce, lui «que la grève se poursuivra tant que Thermex ne paiera pas les frais de repas par jour et par employé et ne rattrapera pas tout ce qui n’a pas été payé depuis le début de sa présence sur le chantier.» Et qu’importe s’il gèle à pierre fendre et que la neige s’amoncelle sur les ouvriers.

«S’il y a des irrégularités constatées, pour autant qu’il y en ait, elles doivent se corriger facilement. Je veux que l’on vérifie qu’absolument tous les termes de la CCT soient appliqués», déclare Marc-Etienne Diserens, président du Conseil d’établissement de l’HRC, mandataire du projet. Ce dernier a incité lundi «la direction de Thermex à se mettre en relation avec Unia pour sortir de l’ornière.» Sollicitée à de nombreuses reprises, la société morgienne ne nous a pas rappelés.

«Éléments concrets»

Le syndicaliste indique se baser sur «des éléments concrets», comme des fiches de salaires, des contrats de travail et de mission remis par des ouvriers temporaires employés par Thermex. «De plus, nous avons prévenu Steiner, l’entreprise générale en charge de l’ensemble du chantier, depuis un bon moment déjà. Elle s’en fout. Pourtant les employés aujourd’hui en grève sont présents ici depuis mai et n’ont jamais eu de défraiement pour leurs repas.»

L’entreprise générale a répondu par voie de communiqué. «Steiner ne peut pas intervenir dans un conflit du travail auquel elle n’est pas partie. Steiner regrette qu’Unia n’ait pas souhaité régler ce problème directement avec les entreprises de travail temporaire concernées ou avec Thermex.» Steiner précise encore que les contrôles sont du ressort de la commission paritaire.

Les grévistes sont des employés temporaires, engagés par trois sociétés spécialisées pour le compte de Thermex. Cette dernière est active dans le chauffage, la ventilation, la climatisation. Elle compte aussi quelques salariés fixes sur le chantier du futur hôpital. Présente sur différents sites de l’Est vaudois, elle a ouvert une succursale il y a cinq ans. A Rennaz justement. Un espace qui serait équipé et permettrait à ses employés d’y passer la pause de midi pour y dîner, voire se reposer.

«Pour commencer, nous n’étions pas au courant, assure Julien. Ensuite, nous n’avons pas le moyen de nous y rendre et si c’est un box comme on nous l’a dit, on ne voit pas comment faire manger plus de 20 employés à l’intérieur en même temps.»

10 francs pour les déplacements

En revanche, et cela a été négocié avant l’arrivée des temporaires sur le site, Thermex offre 10 francs par jour à chaque employé pour frais de déplacement. Ce qu’elle n’est pas obligée de faire puisque le lieu de rendez-vous avant et après la prise de travail se situe sur sa succursale de Rennaz.

Pour Lionel Roche, responsable du secteur Artisanat pour Unia «la boîte ne paie pas non plus les équipements de sécurité, que doivent acquitter les travailleurs.» «Bon, ce n’est pas tout à fait juste. On a des casques et des chaussures, mais les gants, les lunettes de protection et les lunettes de soudure ne nous sont pas donnés. D’habitude sur les autres chantiers c’est fourni», explique Emilien.

Le chantier de l’HRC est devisé à 240 millions de francs. L’ouverture de l’hôpital intercantonal Vaud-Valais est prévue pour l’été 2019.

* prénoms d'emprunt

Créé: 18.12.2017, 13h44

Articles en relation

La «carcasse» de l’hôpital unique est achevée

Riviera-Chablais A Rennaz, le gros œuvre de l’établissement valdo-valaisan a duré deux ans, place à la seconde peau. Visite des lieux qui ouvriront mi-2019. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 22 août 2019
(Image: Bénédicte ) Plus...