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Haka guerrier et chants pour interpeller Nestlé

Plus de 200 employés de Galderma ont rallié le siège mondial de Vevey depuis la région de Nice

Chants, haka et slogans chocs des manifestants devant Nestlé. Photo: Keystone / Vidéo: Stéphanie Arboit

«Licenciés, sacrifiés», sur l’air de La reine des neiges. Ou encore «Tous virés, ça jamais! Nestlé, du respect!» Voilà une partie du haka (cette incantation dansée, à renfort de faciès menaçants, pour impressionner l’adversaire) qui s’est tenu vendredi devant le siège mondial de Nestlé, à Vevey. Plus de 200 employés de Galderma s’étaient déplacés depuis Sophia Antipolis (entre Nice et Cannes) pour manifester contre la fermeture de leur centre de recherche et développement en dermatologie, présenté comme le plus grand du monde.

«Des heures de bus, de nuit, pour montrer que nous sommes fiers d’appartenir à la société et très soudés», dit Guillaume, meneur du haka. Preuve de cette solidarité, le terme «famille» revenait dans les bouches. Lionel, avec sa compagne et leur fils de 17 mois, a rallié Vevey depuis son lieu de vacances. «Il fallait être là. Ce qui se passe est incompréhensible et touche des centaines de familles.» Près de 450 personnes seraient licenciées, une centaine délocalisées dans un centre qui ouvrirait ici dans le canton.

«Des heures de bus, de nuit, pour montrer que nous sommes fiers d’appartenir à la société et très soudés»

Le laboratoire français (installé par Nestlé et L’Oréal en 1981) a été entièrement racheté par Nestlé en 2014. Galderma était alors présenté comme un potentiel nouveau Nespresso. «Ils disaient que nous étions une pépite, serions-nous moins capables?» s’agace Bruno, chercheur en biologie. Le site regroupe des professions qualifiées pour développer et tester des médicaments contre «l’acné, la couperose ou le cancer de la peau», précise Nestlé. «Des emplois pointus qui ne se trouvent pas au coin de la rue», se désole Nathalie Strauss, déléguée syndicale.

«On vous soutient. Nous aussi avons peur», lâche à ses collègues une employée du siège veveysan, qui refuse de parler aux médias. «En Suisse, les gens de Nestlé Skin Health (ndlr: qui chapeaute les activités relatives à la peau, aux cheveux et aux ongles) s’inquiètent. Ils nous l’ont dit cet été lors d’un congrès», affirme Bruno. Les salariés suisses ont depuis été frappés: 190 emplois à la trappe avec la fermeture annoncée fin août de l’usine Galderma d’Egerkingen.

À Vevey, une délégation de Galderma a été reçue. «Ils ont mis quatre mois pour proposer des solutions pour les seniors et les handicapés! dit Nathalie Strauss. Mais aujourd’hui ils se sont engagés à trouver des mesures d’accompagnement. J’y crois: j’ai vu des personnes humaines.» Porte-parole de Nestlé Skin Health, Sébastien Cros ajoute: «Dès le départ, nous nous sommes engagés à maximiser les chances de rachat ou de reconversion du site, pour maintenir le plus d’emplois sur place. Des contacts ont été pris avec des sociétés intéressées.»

Le désintérêt pour Galderma est-il imputable au nouveau directeur général de Nestlé, Mark Schneider? «C’est une décision stratégique de Nestlé Skin Health de s’adapter aux changements du marché mondial en privilégiant pour la peau non des crèmes mais des médicaments par voie orale et injectables», répond Sébastien Cros. Bruno y perd son latin: «Ces raisons ont été remises en question même par des dermatologues: ce n’est pas ainsi que l’on va traiter des bébés ou des femmes enceintes. Sans compter que ce serait plus cher.»

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