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La halle Inox de Vevey entame enfin sa mue

Le dernier vestige du passé industriel de la Ville accueillera un lieu d’exposition, un restaurant et six appartements.

Patrick Delarive, dans la halle Inox vidée de son contenu et dans l'attente des travaux qui la transformeront à l'horizon 2018 en un patio public, un espace pour des expositions, un restaurant et six appartements de standing dans les trois étages.
Patrick Delarive, dans la halle Inox vidée de son contenu et dans l'attente des travaux qui la transformeront à l'horizon 2018 en un patio public, un espace pour des expositions, un restaurant et six appartements de standing dans les trois étages.
Jean-Paul Guinnard
Erigée en 1919, la halle Inox est l'un des bâtiments emblématiques de Vevey et de son passé industriel.
Erigée en 1919, la halle Inox est l'un des bâtiments emblématiques de Vevey et de son passé industriel.
Jean-Paul Guinnard
Le bâtiment fera une quinzaine de mètres de haut.
Le bâtiment fera une quinzaine de mètres de haut.
DR
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Dans le vide du sous-sol excavé de la halle Inox, entre les gravats et les planches de chantier, on se laisse gagner par un peu de nostalgie. Les travaux ont enfin débuté dans ce qui reste le dernier vestige des Ateliers de constructions mécaniques de Vevey (ACMV), qui ont contribué à la renommée internationale de la ville durant un siècle. La réaffectation du bâtiment, érigé en 1919, a en effet fait l’objet de batailles juridiques et connu des reports successifs.

Mais depuis une semaine, la haute grue et les machines sont bien à l’œuvre juste derrière la gare, de même que les employés sur les échafaudages. «Nous avions procédé avant cela à l’excavation et au démontage de tout ce qui n’est pas classé pour décourager des squatters de s’installer», précise le maître des lieux, Patrick Delarive sur place. C’est lui qui, en 2007, a acquis le bâtiment, en même temps que toute la friche sur laquelle il a fait bâtir le complexe des Moulins de la Veveyse, 400 appartements dans le prolongement de la halle, le long du cours d’eau.

«Là où nous nous trouvons, ce sera le parking, reprend-il. Le rez sera ouvert au public. Il accueillera un restaurant de 60 places et un lieu d’exposition sur les côtés, avec un patio au centre. Les trois étages abriteront six appartements-lofts, quatre de 180 m2 et les deux en attique de 100 m2 qui disposeront d’une terrasse donnant sur la colonne centrale.»

«Le restaurant est promis-vendu à un promoteur. Le gérant a été trouvé et il s’agira d’un café gastronomique»

La charpente métallique d’époque et le pont de chargement roulant fixé au plafond à 15 m du sol contribuent grandement à l’ambiance industrielle des lieux. Ils perdureront d’ailleurs dans l’emblématique bâtiment classé. «D’ici sont sortis des trains, des camions, des trolleys, des tracteurs et Farinet y a commandé sa machine à falsifier la monnaie, s’enthousiasme Patrick Delarive. Dans la vie d’un entrepreneur, c’est quelque chose d’exceptionnel de pouvoir réhabiliter un tel vestige.»

Les travaux sont estimés à 15 millions pour une remise des clés à l’automne 2018. «Les trois appartements situés au nord sont vendus. J’ai gardé les trois du côté des voies CFF. A voir si je les louerai ou vendrai.» Les acquéreurs ont déboursé entre 1,5 et 2 millions de francs pour leur bien. «Le restaurant est promis-vendu à un promoteur. Le gérant a été trouvé et il s’agira d’un café gastronomique», ajoute Patrick Delarive, sans vouloir encore révéler son identité.

«Consensus» satisfaisant

L’équilibre entre affectation publique et privée n’a pas toujours été de soi. Sa recherche a au contraire constitué une pierre d’achoppement importante dans les négociations avec la commune. «J’ai subi des échecs en justice et la large place laissée au public est effectivement une concession à mon projet de départ», admet Patrick Delarive. Qui préfère rester beau joueur: «Il est vrai que laisser les Veveysans accéder à ce lieu, ça fait sens», admet-il.

Il n’empêche, une question reste en suspens concernant le parking: «Le promoteur a fait recours contre notre décision de consacrer 8 des 13 places aux visiteurs et cela se réglera au tribunal, sans effet suspensif pour les travaux», explique Jérôme Christen, municipal de l’Urbanisme et impliqué depuis le début dans le dossier de la halle Inox.

L’affaire paraît toutefois un détail au vu des tensions qui ont prévalu à une certaine époque et au terme de laquelle la Commune a obtenu de Patrick Delarive qu’il préserve la substance historique et une affectation publique de la halle suffisantes selon les vues des autorités. «Le projet actuel est un consensus qui nous satisfait», ajoute le Municipal.

La Commune s'est engagée à réaliser un passage sous-voie depuis la Poste et réfléchit à une passerelle d’accès sur la Veveyse: «Ces travaux se feront dans le cadre du réaménagement de la place de la Gare, lors de la prochaine législature (ndlr, 2021-2026). Le Groupe Delarive s’est pour sa part engagé à créer un escalier qui permette de relier les rives de la Veveyse à la rue des Deux-Gares».

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