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Les homos bienvenus, mais priés d’être discrets

La future Haute Ecole de théologie HET-Pro nuance des propos de son recteur rapportés par la presse concernant l’admission d’étudiants gays.

Pour David Richir, doyen de la HET-Pro et enseignant, les étudiants qui prônent un mode de vie homosexuel pourraient avoir du mal à trouver leur place dans l'institution.
Pour David Richir, doyen de la HET-Pro et enseignant, les étudiants qui prônent un mode de vie homosexuel pourraient avoir du mal à trouver leur place dans l'institution.
Odile Meylan

La polémique est venue d’un article paru sur le site ref.ch, un portail d’information des églises réformées alémaniques. La future Haute Ecole de théologie (HET-Pro), qui doit ouvrir à Saint-Légier en septembre prochain, compterait refuser les candidatures de personnes vivant ouvertement une relation homosexuelle. Une situation que le recteur de l’institution, Jean Décorvet, «ne peut pas s’imaginer», selon la plate-forme en ligne. Proche de la mouvance évangélique, l’institution nuance: «Ces propos ont été mal rapportés», commence par indiquer David Richir, doyen de la HET-Pro, Jean Décorvet n’ayant pas pu être joint dimanche. Il l’assure: «Notre politique est que l’école sera ouverte à tous et toutes. L’orientation sexuelle n’est pas un critère d’admission et il n’y aura pas de tests effectués sur ce point.»

La HET-Pro est déjà controversée dans les milieux protestants réformés vaudois, qui la voient comme une concurrence à l’actuelle formation des pasteurs (un master en théologie à l’Université, suivi de deux ans de pratique dans une paroisse). David Richir ne cache pas que l’école défend des valeurs qui lui sont propres: «Notre conviction théologique se fonde sur une tradition millénaire. Elle met en avant le couple formé par un homme et une femme comme étant ce que Dieu souhaite.» Il relève toutefois qu’il n’appartient pas à l’institution de juger de la sexualité des gens.

Le fait d’afficher son homosexualité pourra-t-il malgré tout être un motif d’exclusion? «Le cas ne s’est jamais présenté, c’est donc difficile à dire à ce stade, répond David Richir. Sur le principe non, mais en pratique, quelqu’un qui prône ce mode de vie pourrait avoir du mal à trouver sa place. Sachant que ce n’est pas ce veut promouvoir la communauté pédagogique, et si l’élève est dans une dynamique militante ou revendicatrice, il pourrait y avoir un problème. Mais comme pour tout autre militantisme en opposition frontale avec nos valeurs.»

Au sein de l’association vaudoise de défense des droits des homosexuels Vogay, cette situation ne suscite pas vraiment l’étonnement: «Nous avons déjà vu certaines églises proposer des cours en vue de ‘guérir l’homosexualité’, soupire Mehdi Künzle, son responsable politique. Une chose est sûre: toute discrimination fondée sur le mode de vie est interdite par la loi.»

Si la HET-Pro est une institution privée, elle entend, d’ici 2020, faire les démarques auprès de la Confédération pour obtenir une accréditation en tant que HES. «Sachant que cette école revendique une reconnaissance officielle, nous étudions la situation et verrons ce qui est juridiquement faisable et quel type d’action nous pourrons engager», avertit Mehdi Künzle.

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