L’Hôpital Riviera-Chablais à l’heure de la célébration

SantéL’inauguration de l’hôpital s’est déroulée ce jeudi à Rennaz durant deux heures devant un parterre de 500 invités. Une partie officielle divertissante en forme de catharsis, mais parfois grinçante.

Près de vingt ans se sont déroulés entre l’idée de la construction d’un hôpital intercantonal et sa réalisation.
Vidéo: Fabien Grenon

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«Nous sommes ici avant tout pour nous réunir, nous réjouir, célébrer, n’en déplaise aux esprits chagrins», propose Marc-Étienne Diserens. Le président du Conseil d’établissement s’adresse aux 500 invités casés dans trois espaces du rez-de-chaussée du Centre hospitalier de Rennaz à l’heure de son inauguration officielle. Plus communément nommé Hôpital Riviera-Chablais, ou sous son acronyme HRC, l’établissement intercantonal valdo-valaisan érigé sur l’ancienne Grange des Tilles sera terminé fin septembre. Il réunira en un seul lieu les cinq sites hospitaliers de Monthey, d’Aigle, de Montreux, de Vevey Samaritain et de Vevey Providence.

«Le déménagement de tous les services et du personnel se déroulera dès le 28 octobre et pendant quatre semaines. La vendange est prête grâce aux nombreux vignerons et tâcherons de l’HRC. Elle est belle», poursuit, lyrique, Marc-Étienne Diserens.

«Il est là, et pour longtemps»

Terre vaudoise oblige, la partie officielle a débuté avec un bon quart d’heure de retard, s’étirant sur environ deux heures devant un nombre impressionnant au mètre carré de personnalités politiques: conseillers d’État vaudois et valaisans, actuels et anciens, conseiller aux États, conseillers nationaux, syndics, préfets, etc. Pour tous et les autres, quelques dénominateurs communs: la détente, l’humour, beaucoup d’humour, et une forme de soulagement. Une forme de catharsis après une gestation et un accouchement douloureux.

Car, si la réalisation de ce grand dessein qu’est la création d’un établissement hospitalier, de surcroît intercantonal, n’est pas anodine – en Suisse il ne se construit un hôpital que tous les dix ans en moyenne –, celui de Rennaz a connu passablement d’embûches, de doutes, d’incertitudes, d’incompréhension. Un exemple? Les 131 séances du Conseil d’établissement. Mais finalement, l’hôpital est là. Une concrétisation essentielle pour Pascal Rubin, directeur général: «Un établissement de soins de haute qualité pour les patients, puis le personnel. À travers eux et pour eux.»

Il aura fallu une génération pour passer de l’idée à la réalisation, comme le rappelle l’ancien conseiller d’État socialiste Pierre-Yves Maillard qui a, du côté vaudois, largement incarné ce projet. «C’est un des grands dossiers, qui m’a occupé durant quinze ans. Avec des moments très durs, mais aussi des satisfactions. Comme celle de travailler avec les Valaisans, présents, toujours à l’écoute, constants, alors que l’hôpital n’est pas construit sur leur territoire. Aujourd’hui, il est là, bien là et pour longtemps. C’est un outil digne du XXIe siècle, rationnel, performant, conçu pour le confort de gens en souffrance. Je l’ai encore visité ce jour avec des membres du personnel pour qui le gain est incomparable. Ce magnifique édifice vivra au moins quarante ans, le temps de trois Fête des Vignerons, et pour à peu près le même prix…» La facture finale, selon les derniers chiffres connus, atteint 390 millions de francs.

Les mots forts du syndic

Malgré les discours de concorde, les mantras saluant «une réalisation unique en Suisse» et «une journée historique», malgré la drôlerie du maître de cérémonie Daniel Rausis, les interviews décalées de son compère Duja et les pauses musicales apaisantes, on a perçu ici et là de l’acrimonie, entendu quelques piques à fleurets mouchetés, d’autres plus coupantes.

Et une parole forte, celle du syndic de Rennaz, Charly Monnard: «Pour notre petite commune, peu peuplée, et pour notre administration qui n’était pas préparée à ce type de défi, ce fut très difficile à gérer. Les relations ont été très tendues avec l’État, avec les ayatollahs de la mobilité douce. Puis, ça s’est amélioré et normalisé grâce à Marc-Étienne Diserens et Karl Halter (ndlr: directeur du projet). J’espère juste qu’avec 1500 places de travail, le village ne deviendra pas le parking de l’hôpital.»

Créé: 29.08.2019, 21h00

En chiffres

180'000 C’est environ le nombre d’habitants des deux Chablais et de la Riviera, future utilisatrice du Centre hospitalier de Rennaz.

310 C’est le nombre de lits que compte l’établissement, plus 48 places en ambulatoire.

200 chambres.

10 salles d’opération, contre 17 aujourd’hui sur les cinq sites actuels.

215 mètres, c’est la longueur de l’hôpital, un bloc de 3 niveaux. 115 m de large,
17,6 m de haut.

2 héliports.

1500 collaborateurs au total seront regroupés d’ici fin novembre et travailleront sur le site.

6500 personnes sont inscrites aux journées portes ouvertes ce week-end… qui affichent complet.

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