«J’aimerais bien continuer à travailler chez Bombardier»

VilleneuveAprès l’annonce jeudi de licenciements chez Bombardier Suisse, des employés du site vaudois réagissent.

Une partie du site villeneuvois de l'usine Bombardier.

Une partie du site villeneuvois de l'usine Bombardier. Image: Chantal Dervey/Archives

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A l’heure de la sortie du boulot, dans la zone industrielle de Villeneuve, des employés de Bombardier acceptent – sous couvert de l’anonymat – de livrer leurs impressions à la suite de la vague de licenciements annoncée jeudi. Ce sont 650 postes qui seront biffés d’ici à la fin de 2018, dans leur immense majorité des jobs de temporaires employés à construire les nouvelles rames à deux étages pour les CFF. Beaucoup néanmoins ne veulent pas parler, pour certains «par peur d’être reconnus et inquiétés».

Inquiet, Georges* l’est «quand même un peu». Forcément, cet électricien frontalier a été engagé «il y a trois mois seulement». Il est pourtant au bénéfice d’un contrat à durée indéterminée. «D’un côté, l’annonce m’a surpris. En même temps, quand on voit qu’ils embauchent 600 personnes pour un contrat, on se dit que le job sera éphémère.» Son pote Aziz*, originaire de Haute-Garonne, «travaille en intérimaire». Lui n’est pas plus affolé que ça par la vague de départs annoncée: «J’ai l’habitude d’être pris puis remercié. Je n’ai de toute manière pas forcément envie de continuer ici.»

Pascal* œuvre dans le département de la production sur le site villeneuvois. Ce jeune Français du 74 est là depuis un an et demi. «Franchement, j’ai peur de me retrouver au chômage du jour au lendemain. L’ambiance est un peu plombée. Depuis quelques jours, des rumeurs circulaient.»

A l’instar de Pascal, Fred* est surpris par «l’ampleur des dégâts, plus de 600 mecs, ça fait beaucoup». Employé fixe depuis plus de trois ans dans un secteur qui propose une interface entre l’engineering et la production, ce frontalier n’est pas soucieux: «Je ne crois pas risquer grand-chose.» Venu du lointain département du Nord, Philippe* n’est pas inquiet pour son proche avenir. «Clairement, j’aimerais continuer à travailler chez Bombardier, mais s’ils ne me gardent pas, mon bagage technique et mon expérience doivent me permettre de retrouver du taf.» Chablaisien, Franck* est, lui, serein quant à sa situation personnelle: «Dans mon service, il manque carrément du personnel. Ce n’est donc pas là qu’ils vont sabrer.»

Georges* crédite l’entreprise canadienne pour avoir «ouvert les portes à beaucoup de travailleurs, même pour quelques mois. Ça fait quand même bien sur le CV.» Et le frontalier d’aller de l’avant: «J’ai une bonne formation, je suis bosseur. Je vais me battre pour retrouver du job si je suis viré d’ici.»

Vendredi, les conseillers d’Etat Philippe Leuba et Nuria Gorrite ont rencontré des représentants de Bombardier. «Cette première séance n’a pas permis d’éclaircir de nombreux points en suspens liés à l’annonce du géant industriel», indique le Canton.

* Prénoms d’emprunt

Créé: 09.06.2017, 19h21

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