Jérôme Christen: «L’exécutif doit rester au-dessus de la mêlée»

VeveyLa Municipalité est-elle trop en retrait dans le débat sur la Cour aux Marchandises? Explications sur cette «tradition» veveysanne.

Les Veveysans voteront dimanche sur le plan partiel d’affectation (PPA) «Cour aux marchandises», grande friche – appartenant aux CFF – de 2 hectares et demi le long des voies ferrées, qui devrait accueillir des emplois et entre 800 et 1000 habitants.

Les Veveysans voteront dimanche sur le plan partiel d’affectation (PPA) «Cour aux marchandises», grande friche – appartenant aux CFF – de 2 hectares et demi le long des voies ferrées, qui devrait accueillir des emplois et entre 800 et 1000 habitants. Image: Florian Cella

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Les Veveysans voteront dimanche sur le plan partiel d’affectation (PPA) Cour aux Marchandises, grande friche – appartenant aux CFF – de 2 hectares et demi le long des voies ferrées, qui devrait accueillir des emplois et entre 800 et 1000 habitants. En novembre, le conseiller communal Patrick Bertschy (PLR) avait interrogé l’Exécutif, une fois annoncé que la population se rendrait aux urnes sur ce sujet: «La Municipalité soutient-elle ce PPA? Comment compte-t-elle s’engager dans cette votation?» Réponse de la syndique: «La Municipalité est en contact avec les CFF et elle communiquera en temps voulu.»

La Muni trop timorée?

Selon certains, ce temps a passé et la position municipale est un peu timorée. L’Exécutif est-il trop en retrait? Il a pourtant lui-même élaboré ce PPA, qui a ensuite été modifié tant par le Conseil communal que par la Municipalité elle-même dans une convention signée avec les CFF. «Je ne dirais pas qu’elle est en retrait, mais elle ne s’affirme pas assez, estime Patrick Bertschy, membre du comité de soutien, qui regroupe le PLR, le PS, Vevey Libre et le PDC. On ne lui demande pas de faire campagne, mais de prendre position.»

«Au départ, il leur a légitimement fallu le temps de prendre en main le dossier, à un moment de triple changement: nouvelle Municipalité, nouvelle syndique et nouveau chef de l’Urbanisme. Mais maintenant, ils s’engagent», affirme Guillaume Dekkil, chef de projet chez CFF Immobilier.

Lors du débat de janvier, la Municipalité n’a pas pris position, tout en étant sur scène. Autre façon d’en être sans faire mine d’y toucher? «D’une part, il y avait la volonté de ne pas créer une disproportion des forces», souligne Jérôme Christen, municipal de l’Urbanisme. «Et nous avons préféré nous mettre en retrait pour amener les informations techniques sur ce qui était juste ou faux, ce qui apparaissait dans le PPA ou dans la convention, etc., explique Elina Leimgruber, syndique. L’idée est de pouvoir servir de point de référence dans la guerre des chiffres. Lors de la votation sur le Rivage (ndlr: en 2013), la campagne était très violente. Il y avait tellement de données contradictoires que plus personne ne s’y retrouvait! On veut pouvoir confirmer ou infirmer les chiffres, que ce soit dans le sens des partisans ou des référendaires.»

Dans cette optique, tant Elina Leimgruber que Jérôme Christen invoquent un devoir de réserve. «Sinon les citoyens risquent de penser que nous instrumentalisons les chiffres», estime la syndique. Jérôme Christen: «En cas de référendum, les critiques fusent souvent contre les Exécutifs – comme celles de Christophe Reymond, directeur du Centre Patronal, qui estime que le Conseil d’Etat s’engage trop pour la loi sur le logement (LPPPL). Par rapport à d’autres municipalités qui font du zèle, nous défendons une vision de la démocratie où chacun demeure à sa place. La Municipalité doit rester au-dessus de la mêlée. Mais notre argumentaire figure dans l’enveloppe de vote.»

Contexte politique

Trois autres motifs inavoués pèsent dans la balance politique. D’une part, la nouvelle équipe municipale doit assumer un projet de la précédente. De plus, en cas de refus par le peuple, elle risque de se fragiliser pour le reste de la législature. Enfin, la syndique marche sur des œufs car sa formation – les Verts – fait partie des opposants – avec Décroissance-Alternatives (DA). Sans compter que le parti du municipal de l’Urbanisme, Vevey Libre, s’était montré dans un premier temps circonspect avant de soutenir le projet.

Opposant au PPA, Alain Gonthier (DA) analyse: «Grâce au référendum, la capacité de négociation de la Municipalité a augmenté. Cela a permis des avancées – certaines plausibles, certaines faribolesques. C’est sans doute ce qui a convaincu ces élus, d’abord réservés. La Municipalité ne montre certes pas un enthousiasme délirant, mais elle ne s’oppose pas au projet.» (24 heures)

Créé: 06.02.2017, 09h11

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3e référendum en quatre ans

«Un manque de courage. J’ai été choqué de l’absence d’implication de l’Exécutif.» Rétrospectivement, Frédéric Gumy critique la Municipalité pour
son manque d’action lors du référendum sur son Projet 109, au Rivage, refusé par… 109 voix en 2013! Syndic d’alors, qui s’était engagé sur ce vote «en son nom propre» et non comme voix de l’Exécutif, Laurent Ballif concède: «C’est vrai, la Municipalité n’a soutenu que du bout des lèvres, car il y avait des réticences. Nous avons surtout sous-évalué le risque que le projet ne passe pas.» Pourquoi ne s’être pas plus engagés sur le référendum avenue de Savoie?
«En pleine complémentaire à la Municipalité, il y avait des candidats dans les deux camps.»

Avec ce 3e référendum en quatre ans, la non-implication de la Municipalité semble devenir une «tradition». Selon Laurent Ballif, la situation est différente pour la Cour aux Marchandises: «Dans les deux votes précédents, nous étions propriétaires. Là, ce sont les CFF. Le projet est présenté par la Municipalité, mais modifié et approuvé par le Conseil. A lui de le défendre!»

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