Jugé pour viol et cruauté, il encourt 5 ans de prison

VeveyLe procès de l’homme accusé d’avoir violé et humilié une femme diminuée s’achève. Le Parquet requiert la prison ferme et un traitement ambulatoire.

L'affaire est jugée au Tribunal de l'Est vaudois à Vevey.

L'affaire est jugée au Tribunal de l'Est vaudois à Vevey. Image: Chantal Dervey

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«Je suis une ordure, pas un violeur. Je regrette mes mots, mais ces actes seraient dignes d’un monstre. Je suis innocent.» Jusqu’au bout. Jeudi, Grégoire*, accusé de viol, contrainte, contrainte sexuelle avec cruauté et de pornographie à l’encontre d’une femme diminuée mentalement, a contesté une grande partie des faits lui étant reprochés. Mais le Tribunal de Vevey a rejeté les compléments d’instruction demandés par la défense. La phase probatoire de ce procès entamé en novembre est donc close et le jugement sera prononcé ce vendredi.

L’affaire, dont les faits se sont déroulés entre juillet et octobre 2016, avait débuté par une rencontre via le site Badoo, des échanges sur internet, puis des relations sexuelles au domicile de Grégoire*. Nathalie* n’avait rien dit à ses parents par crainte de leur désapprobation. La violence s’est immiscée entre des relations sexuelles consenties, selon l’acte d’accusation. Plusieurs fois, Grégoire aurait forcé Nathalie à coucher avec lui, en la menaçant de la gifler et en plaçant sa main sur sa bouche. Il l’aurait également contrainte à des sodomies et à des fellations. Le Ministère public estime par ailleurs que Grégoire a manifesté de la cruauté en obligeant la jeune femme à avaler son urine et en la «tartinant» avec ses excréments après avoir regardé des vidéos d’urolagnie et de scatologie.

Ce n’est pas tout. Ce carreleur, qui clame avoir jusque-là accumulé les conquêtes sans aucune plainte, a encore tourné des vidéos de ces actes qu’il a fait parvenir à deux de ses amis. Il leur avait aussi envoyé des fichiers audios et des messages où il expliquait, moqueur, que Nathalie «avait soif» et qu’il lui avait donné ce qu’il «avait sous la main».

Pour sa part, Xavier Rubli, avocat du prévenu, déplore que le tribunal n’a pas donné suite à sa demande d’instruction supplémentaire. Il réclamait l’audition de l’ex-ami de Nathalie, qu’elle aurait aussi accusé d’avoir abusé d’elle. Il demandait encore une nouvelle expertise du prévenu et une expertise de crédibilité de Nathalie. «Tout plaide en faveur de la crédibilité de la victime, contrairement à celle du prévenu, qui nie des faits accablants», réagit Cyrielle Kern, avocate de Nathalie. «Et nous ne faisons pas ici le procès de la victime, mais celui de l’accusé, s’emporte la procureure Camilla Masson. C’est de l’enfumage et une inversion des rôles, alors que les faits sont gravissimes et abjects.»

Le Ministère public requiert 5 ans de prison ferme et un traitement thérapeutique ambulatoire. L’accusation en demande tout autant, alors que la défense plaide pour l’acquittement et des indemnités pour tort moral.

* Prénoms d’emprunt

Créé: 17.01.2019, 18h29

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