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Lancement d'une initiative pour un parking souterrain à Vevey

Grande première, un comité veut réunir les signatures afin que les citoyens passent aux urnes

«Pourquoi ce qui est possible ailleurs ne le serait-il pas à Vevey? C’est le dernier moment pour que les Veveysans reprennent le destin de leur place en main, avant qu’un projet médiocre ne fige la situation pour les décennies à venir.»

Ce constat concernant la Grande Place de Vevey émane de Philippe Oertlé. L’ex-porte-parole de Nestlé Suisse est dès ce mardi la voix d’un nouveau comité, qui lance une initiative populaire communale «pour la création d’un parking souterrain à la place du Marché». Une grande première dans la ville, qui a connu de nombreux référendums, mais jamais d’initiative.

Le constat des initiants? La place du Marché devrait être la porte d’accès aux activités culturelles et touristiques, une «star, elle qui est magnifiée à peu près tous les vingt ans par la Fête des Vignerons». Au lieu de cela, le parking à ciel ouvert qui la recouvre représente «une verrue» sur le cœur de la ville d’Images, au bord du lac.

Si cet avis est partagé par les autorités, le comité va plus loin: «Depuis des années, tout a été fait pour que les automobiles ne viennent pas au centre. Malgré tout, le constat est qu’il y en a toujours autant!» souligne Patrick Bertschy, initiant et conseiller communal (PLR).

Ce dernier ne joue pas la voiture contre la mobilité douce: «Notre vieille ville est splendide. On pourrait envisager tout le quartier sans voitures en surface, il n’y aurait qu’à enfouir dans ce parking souterrain les places enlevées dans les rues adjacentes. Un objectif ambitieux, créant une meilleure qualité de vie pour toutes les générations.»

«Dans les années 1970, il y avait des levées de boucliers sur les zones piétonnes, mais aujourd’hui tout le monde s’en réjouit», appuie Philippe Oertlé. Qui cite nombre d’exemples tant éloignés (Bordeaux ou Dijon) que proches: «A La Tour-de-Peilz, le parking des Anciens-Fossés est déjà rentable (ndlr. 242 places souterraines ouvertes en août 2014 grâce à un partenariat public-privé, bénéficiaires depuis décembre 2016, notamment grâce aux nombreux abonnés). Sans oublier Montreux, Ouchy et sa place de la Navigation et bientôt Yverdon.»

Appel à la créativité

Après que les commerçants de Vevey sont récemment sortis du bois (lire ci-dessous) en demandant 800 à 1000 places enterrées, combien en imaginent les initiants? Pas de chiffre: «Nous prônons un partenariat publicprivé. Les investisseurs diront quel sera leur seuil de rentabilité», explique Patrick Bertschy, avec un seul mot d’ordre: la créativité.

Pour rappel, la Municipalité de Vevey avance actuellement – par le biais d’une démarche participative (déjà critiquée) et d’un mandat d’études parallèles – sur le réaménagement de la place. Elle prévoit la suppression de 200 des 450 places de parc et le renoncement définitif à un parking souterrain, en l’absence de «consensus politique» sur ce point, comme l’a répété à plusieurs reprises le municipal de l’Urbanisme, Jérôme Christen. Le Conseil communal avait en effet rejeté l’idée en 2009, puis a accordé en décembre 2016 441 000 fr. pour les mandats d’études parallèles.

«Nos stratégies actuelles visent à désengorger le centre-ville, en créant des parkings souterrains certes, mais non à la place du Marché»

Elina Leimgruber, syndique de Vevey, pense que l’idée des initiants va à l’encontre d’une pacification de la circulation: «Nos stratégies actuelles visent à désengorger le centre-ville, en créant des parkings souterrains certes, mais non à la place du Marché: derrière la gare pour un accès pénétrant – l’avenue de Gilamont – ou à Entre-deux-Villes pour la route cantonale. Un parking sous la place du Marché, est une fausse bonne idée: il augmentera la circulation au centre.» «Ce sont les voitures qui tournent pour trouver une place qui génèrent les embouteillages», s’exclame Carole Ferland, Veveysanne à l’origine de l’initiative populaire. Le comité (de 25 personnes) réunit en effet pour moitié de simples citoyens, aux côtés de commerçants, hôtelier, élus ou ex-élus.

Les initiants ne doutent pas de récolter assez de signatures pour que la population vote et se réjouissent du «vrai débat» qui va s’ouvrir. «On se gargarise de démarches participatives, mais on n’a jamais eu l’avis de la population. Là, ce sera vraiment du participatif», conclut Patrick Bertschy.

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