Lanterne sous l’éteignoir, les employés au chômage

ChernexL’Office des faillites de la Riviera a bouclé le restaurant. Les employés ont été licenciés séance tenante.

La Lanterne a été mise abruptement en veilleuse le lundi 25 novembre.

La Lanterne a été mise abruptement en veilleuse le lundi 25 novembre. Image: Chantal Dervey

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Ouvert début 2018 – «24 heures» s’en était fait l’écho –, le Restaurant La Lanterne, à Chernex (commune de Montreux), a été fermé du jour au lendemain. «L’Office des faillites a débarqué après le service de midi le lundi 25 novembre. Les derniers clients venaient juste de payer. Nous ne savions même pas pourquoi ils étaient là», se remémore un des employés – encore sous le choc – de ce restaurant très prisé, pas seulement sur les réseaux sociaux. Son chef a travaillé précédemment dans un grand restaurant gastronomique sur la Riviera.

Les représentants de l’État ont changé les cylindres des portes et apposé des scellés sur le restaurant, au rez-de-chaussée d’un bâtiment géré par une société immobilière pour le compte de la propriétaire, une habitante de la Riviera. Le restaurant, ancien Buffet de la Gare, ex-Petit Train Bleu, était loué par une femme sous le couvert d’une S.àr.l. inscrite depuis 2009 au Registre du commerce du Canton de Vaud. À La Lanterne, la gérante employait trois personnes fixes – un chef et deux serveurs. En son absence, ils ont eu une heure pour partir, licenciés sur-le-champ.

En faillite depuis septembre

En février, le Tribunal d’arrondissement de l’Est vaudois a déclaré la société en faillite par défaut des parties. La gérante, qui a une associée, a obtenu l’effet suspensif, mais n’a pu éviter l’inéluctable, soit la faillite définitive prononcée en septembre. Jusque-là, les loyers étaient honorés, les fournisseurs payés, selon une source. Cette dernière indique par ailleurs que la société faillie posséderait 40'000 francs en banque, mais bloqués par l’Office des faillites. Curieux, puisque la fermeture serait la conséquence de créances en cours. Il semblerait que ce soient des charges sociales des employés impayées ou retenues qui aient provoqué la fermeture abrupte de l’établissement. À l’Office des faillites, on indique que «l’état de l’actif et du passif ne sont pas encore connus, mais que tout l’actif propriété de la société faillie sera utilisé à désintéresser tous les créanciers».

Trois employés restent donc sur le carreau avec – délais de congé, vacances, 13emois compris – de trois à quatre mois de salaires impayés. «C’est un choc, dit l’un d’entre eux. D’autant plus que notre patronne ne nous a jamais informés très précisément de la situation financière de sa société, qu’elle disait en difficulté. On est dans la m..., sans argent, et on doit se battre pour faire valoir nos droits.»

La patronne en vacances

La gérante n’a pas souhaité répondre à nos multiples sollicitations. D’après une autre source, elle participerait actuellement à un safari en Tanzanie, avec un retour agendé courant décembre. Pendant ce temps-là, alors que les fêtes de Noël approchent, ses anciens employés courent entre Office des poursuites et Caisse de chômage.

L’un d’eux déclare se sentir «soutenu par les différents services qui tentent de trouver des solutions pour nous afin de ne pas rester sans rien pour les Fêtes». Un deuxième se dit trahi et très en colère: «Notre patronne nous a annoncé qu’elle partait en vacances. Quelques jours plus tard, on se retrouve au chômage.» Le troisième ne nourrit ni acrimonie ni esprit de revanche, mais regrette le peu de considération de la vacancière: «Nous avons été les derniers informés alors que nous avons travaillé sans relâche pour son resto. Ça ne se fait pas.»

La fille de la propriétaire et le gérant de l’immeuble, conscients du problème, disent essayer de trouver une solution pour «sauver les meubles». En attendant, ce sont les clients des repas d’entreprises, ceux qui ont réservé pour le réveillon du 31, d’autres jusqu’au 15 janvier, qui devront trouver un autre point de chute.

Créé: 05.12.2019, 07h56

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