A Leysin, Saype achève la plus grande œuvre sur herbe

DéfiRéalisée en peinture bio, la fresque de 10 000 m2 interroge le rapport de l’homme à la nature.

Vidéo: Anetka Mühlemann


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Son smartphone a fait le calcul: depuis une semaine, Guillaume Legros, alias Saype, parcourt
18 kilomètres au quotidien, tout en dénivelé sur ce pâturage de Leysin. «Mes cuisses commencent à accuser le coup», rigole le trentenaire originaire de Belfort (F). Le travail qu’il vient d’accomplir, soutenu par ses parents et deux potes, est colossal. Un berger couché dans l’herbe, peint en cinq journées de douze heures, est la plus grande fresque sur herbe jamais réalisée avec ses 10 000 m2.

«Jeudi matin, ça a été le choc: tout le visage du berger était criblé de taupinières, surgies pendant la nuit. Il a fallu corriger.»

«C’est un défi à la fois technique et physique. Il faut bien planifier ce que l’on fait pour s’économiser. Si on oublie un seau de peinture en bas, c’est une demi-heure pour aller le chercher», exemplifie le jeune homme. Autodidacte, jouant du spray puis du pinceau depuis ses 14 ans, Saype (abréviation de Say Peace, «dire la paix» en anglais) n’a pas tremblé face à l’ampleur de la tâche: «Nous avons d’abord quadrillé et piqueté un rectangle pour savoir où je me situais dans l’espace, au niveau des proportions. Ensuite j’ai travaillé d’après photo, en commençant par tracer les contours, puis en posant les volumes. Pour être sûr d’être bien dimensionné, j’utilise un drone, qui m’apporte du recul et permet de rectifier le trait si je fais une erreur par rapport aux courbes du terrain. Après, j’ai beaucoup été à l’instinct.» Au total, deux semaines pleines de boulot, entre la préparation des 1000 litres de peinture et la réalisation du tableau.

Comme si cela ne suffisait pas, il a fallu composer avec des aléas: la peinture qui fermente et à laquelle il faut ajouter des huiles essentielles, les orages qui interrompent le travail et rendent la pente glissante et, plus inattendu, les taupes. «Jeudi matin, ça a été le choc: tout le visage du berger était criblé de taupinières, surgies pendant la nuit. Il a fallu corriger.»

«Je recherche justement ce côté éphémère»

Pour Saype, ces surprises font partie de la démarche. D’ici quinze jours à un mois, la fresque sera lavée par la pluie ou floutée par la repousse de l’herbe. «Je viens du graffiti et je recherche justement ce côté éphémère. Cela rejoint la logique de la nature, qui prend le dessus sur le reste.» Par son travail, Guillaume Legros souhaite justement sensibiliser le public au respect de l’environnement: «J’ai dessiné un homme immense. Mais, dans l’immensité de la nature, il n’est rien. C’est là-dessus que je voulais réfléchir.» Le message passe: «Les gens viennent discuter, me poser des questions. On parle plus de philosophie que de l’œuvre. Donc ça marche!» (24 heures)

Créé: 04.08.2016, 19h54

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