«Je m’attends à subir des critiques, mais je suis zen»

VeveyJacques Ansermet, dont la nomination lundi à l’Exécutif fâche une partie des citoyens, fera son baptême du feu ce jeudi au Conseil.

Ex-syndic de Chéserex et député PLR, Jacques Ansermet est le quatrième municipal de Vevey.

Ex-syndic de Chéserex et député PLR, Jacques Ansermet est le quatrième municipal de Vevey. Image: Chantal Dervey

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La nomination de Michel Renaud comme municipal à part entière avait déjà fait des étincelles fin décembre dans la foulée de la suspension des deux Vevey Libre, Jérôme Christen et Michel Agnant. Un non-Veveysan pour compenser la mise à pied des deux élus, plus celle du socialiste Lionel Girardin depuis juin, tous trois étant sous enquête pénale? À gauche comme à droite, certains ont immédiatement hurlé à la distorsion de la loi sur les communes et à la violation du choix des électeurs.


Lire l'éditorial: Un flou juridique à corriger


L’ancien municipal d’Ollon avait au moins pour lui six mois d’observation depuis sa nomination en juin pour suppléer à la suspension de Lionel Girardin et une appartenance au même parti. Jacques Ansermet n’a ni l’un ni l’autre. Nommé lundi, l’ancien syndic de Chéserex et député cumule les tares aux yeux de ses détracteurs: non élu, domicilié hors district et PLR. Son premier Conseil communal s’annonce tendu ce jeudi.

«Je ne suis pas là pour faire de la politique, mais de la gestion municipale»

Comprenez-vous que votre affiliation politique fâche?
Classons tout de suite l’affaire: je ne suis pas là en tant que PLR! Même si j’ai ma sensibilité politique, je ne vais pas voter pour le parti. Je ne suis pas là pour faire de la politique, mais de la gestion municipale.

On ne manquera pas pour autant d’invoquer votre méconnaissance de Vevey.
Je pourrais vous dire que j’y ai régulièrement fréquenté les musées, que j’ai fait deux Fêtes des Vignerons, que c’est un endroit que j’apprécie, mais ce n’est pas la question. Je ne suis pas là pour mes connaissances de Vevey, mais pour mon habitude des rouages d’une administration.

Il n’empêche, le choix de non-Veveysan est contesté au Grand Conseil et en justice.
Ils ont peut-être raison de ne pas être contents, mais je n’ai pas à en décider, c’est à la justice de trancher. Le Conseil d’État a considéré que ma nomination rentrait dans le cadre légal.

Pourquoi avoir accepté?
Le Conseil d’État m’avait confié le même mandat en octobre dans la crise de Bassins, où j’ai évolué 18 jours comme troisième municipal. À Vevey, la Municipalité en place a souhaité une quatrième personne pour la soulager. Le Conseil d’État voulait quelqu’un de l’extérieur. Je n’ai pas à commenter ce choix. J’ai demandé trois jours de réflexion et j’ai accepté, à tort ou à raison.

Pourquoi cela serait-il à tort?
Parce qu’il existe un risque. Celui de ne pas supporter la pression, le trop-plein de travail. À Vevey, j’assume officiellement un 60%, mais on sait très bien que c’est plus avec ce genre de mandat. C’est une question de gestion du temps.

Vous aurez à concilier votre mandat avec votre entreprise.
Oui, j’ai un bureau technique d’ingénieur civil à Nyon. Que j’ai dû réorganiser très rapidement. J’ai engagé deux personnes. Les liaisons en train sont aisées et je peux travailler durant mes trajets. J’avais déjà mon entreprise quand j’étais syndic et député, j’ai déjà connu ce stress.

À quel accueil vous attendez-vous ce jeudi soir au Conseil?
Je m’attends à subir des critiques. Mais je suis zen. Il y aura peut-être des mots, mais je ne rentrerai pas dans le jeu des questions-réponses, même concernant les dossiers dont j’ai la responsabilité. Ce ne serait pas normal à ce stade, dès lors que je ne suis arrivé que lundi. Je n’ai pas l’outrecuidance de prétendre déjà tout maîtriser.

Vous avez hérité de la Jeunesse, l’Éducation, la Famille et les Sports (DJEFF), et de la Culture. Un choix?
Chacun s’est vu attribuer ce qui paraissait le plus logique et stratégiquement le plus intelligent.

C’est-à-dire?
Les dossiers qui ont été entamés par certaines personnes doivent être terminés par ces mêmes personnes. Il fallait répartir le reste (ndlr: la DJEFF était de la responsabilité de Lionel Girardin, la Culture de Michel Agnant). Ma mission est temporaire, je ne vais pas changer la manière de gouverner. Comme l’a dit la conseillère d’État Béatrice Métraux, je suis là pour amener de la sérénité.

Certains se demandent pourquoi le Conseil d’État n’a pas été au bout de sa logique en nommant un 5e municipal.
Au niveau de la charge de travail, ce serait bien sûr plus simple. Mais je ne peux imaginer une majorité de non-élus au sein de la Municipalité, cela me semblerait totalement hors sujet. La syndique doit garder sa voix prépondérante en cas de vote à égalité.

Créé: 30.01.2019, 21h21

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