Malaise à Lugrin après deux noyades inexpliquées

Riviera-ChablaisÀ douze jours d’intervalle, une croupière du Casino de Montreux et un retraité ont été retrouvés sans vie sur la berge. Inquiétude au village.

Le corps sans vie d'un septuagénaire, premier noyé de Lugrin, a été découvert le 19 janvier par deux Suissesses qui promenaient leur chien à la plage des Chauffours.

Le corps sans vie d'un septuagénaire, premier noyé de Lugrin, a été découvert le 19 janvier par deux Suissesses qui promenaient leur chien à la plage des Chauffours. Image: Chantal Dervey

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Mercredi, 9 heures. Des habitants de Lugrin vaquent à leurs occupations dans le centre de la petite commune du Chablais français, forte de 2500 âmes: visite à la mairie, prière à l’église, achat à la pharmacie ou à la boucherie. Cette quiétude apparente, dans un village qui ne l’est habituellement pas moins, contraste, ces jours, avec une forme de préoccupation, un sentiment de malaise.

«C’est étrange», «vraiment surprenant», «pas normal», «il y a psychose au village», disent tout à trac les Lugrinois interrompus quelques instants dans leur quotidien. L’employée d’un commerce local avoue avoir peur. «Mon copain vient désormais me chercher tous les soirs à la sortie du boulot. Je ne me vois pas rentrer à pied de nuit chez moi. Je ne veux pas sombrer dans la parano, mais je suis inquiète.»

«C’est totalement inédit»

Leurs dires font référence au double événement tragique de ces derniers jours: la découverte de deux personnes noyées sur les très étendues berges lémaniques de la commune. À douze jours d’intervalle seulement, mais à près de 2 kilomètres de distance. «C’est totalement inédit. Une première dans l’histoire de notre commune», lance le maire, Jacques Burnet. L’édile, comme plusieurs de ses administrés, se veut rassurant. Il est persuadé qu’il s’agit d’une «très malheureuse coïncidence». Cette affaire n’est pas sans rappeler une autre en 2017, quand trois personnes se sont noyées en quelques jours dans le lac d’Annecy.

«Mon copain vient me chercher désormais tous les soirs à la sortie du boulot. Je ne me vois pas rentrer à pied de nuit chez moi. Je ne veux pas sombrer dans la parano, mais je suis inquiète»

L’employée d’un commerce

Le premier mort, retrouvé en partie immergé sur la plage des Chauffours le 19 janvier, avait 70 ans. Selon nos informations, ce sont deux Suissesses qui promenaient leur chien qui ont fait la macabre découverte. «Il habitait à plus d’un kilomètre de là, à Maxilly. On le voyait souvent au village, il était connu et plutôt sédentaire», dit un passant, qui le qualifie «d’un peu marginal». Une enquête a été ouverte «et finalement classée assez rapidement», informe Laurence Raison, vice-procureure de la République à Thonon-les-Bains. Ses conclusions? Plutôt un accident, ou un suicide.

Une employée modèle

Samedi dernier, en fin de matinée, c’est la police qui a retrouvé une femme dont le corps gisait sur la berge près de Port Martin, la tête immergée. «Elle vivait depuis peu à Vieille-Église, un quartier de Lugrin. Mais on ne la côtoyait pas», dit le client d’un bar. Pour la magistrate, «on ne peut pas dresser de rapprochement entre les deux faits».

La dame, âgée de 44 ans, était croupière depuis des années au Casino de Montreux. Ce sont des employés de l’établissement qui, inquiets de ne pas voir leur collègue venir travailler vendredi et samedi, ont prévenu la gendarmerie française. Pour l’un d’eux, «elle était attentionnée et chaleureuse. Fiable aussi, elle n’a jamais loupé un jour de travail.» Une cellule psychologique aurait été mise en place au casino.

Que s’est-il donc passé pour que cette employée modèle disparaisse ainsi dans le Léman au lieu de prendre sa voiture pour aller travailler à Montreux? L’enquête le dira peut-être. En attendant, son corps a été autopsié lundi à Grenoble. «Le rapport sur différentes analyses ne nous est pas encore parvenu. Ce que nous pouvons dire à ce stade, c’est qu’aucune trace de violence n’a été constatée», poursuit la magistrate thononaise. Aucun indice ne permet de privilégier la piste criminelle, mais ne l’écarte pas non plus. «Nous n’excluons en effet aucune thèse. L’enquête se poursuit.»

Créé: 07.02.2020, 07h33

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