Des meubles pour enfants pour contrer la crise

Ormont-DessusFace au ralentissement de la construction, Martin André a partiellement reconverti son entreprise de charpenterie.

Bahuts, lits, berceau ou encore table à langer font partie des nouvelles créations de Martin André

Bahuts, lits, berceau ou encore table à langer font partie des nouvelles créations de Martin André Image: CHANTAL DERVEY

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Martin André a fait les choses à l’envers. «Comme je ne savais pas quelle taille faisait un berceau, j’ai fait trois enfants pour me renseigner», rigole l’habitant du Rosex. La réalité n’est pas si éloignée de la boutade: «Je suis charpentier-menuisier de métier. Quand nos enfants sont nés, j’ai tenu à fabriquer leurs meubles moi-même.»

Séduits, plusieurs amis demandent à acheter un lit, un berceau, une table à langer à Martin qui refuse. Et puis la Lex Weber (qui limite les résidences secondaires) passe par là. «Il y a aussi eu la crise de l’euro, le fait qu’il est de plus en plus difficile d’engager son 2e pilier pour construire…» Comme beaucoup d’autres entreprises, André Charpente SA accuse ces coups répétés. «Le réflexe général a été de se tourner vers la plaine. J’ai loué un local dans le Chablais. Mais nous arrivions sur un marché saturé avec des entreprises bien implantées.» L’Ormonan décide donc de s’orienter davantage vers la menuiserie. Dressings et cuisines, dans un premier temps. «Il semblait y avoir une demande, je me suis donc lancé dans la fabrication de meubles pour enfants.»

«On ne pourra pas acheter des meubles fabriqués à l’autre bout du monde indéfiniment. »

Ces derniers mois ont été consacrés à l’élaboration des prototypes de la gamme «Bois-sage». Martin André les présentera cette fin de semaine au salon Baby & Kid Planet, à Beaulieu. La clientèle visée? «Par la force des choses, elle est plutôt aisée», répond l’artisan. Car pour un berceau comme celui qu’il fignole sous nos yeux, il faut compter 855 fr. «Pourquoi mettre autant, alors qu’on peut en acheter un pour 150 fr. chez Ikea? Pour moi, c’est une question d’étique et de durabilité. On ne pourra pas acheter des meubles fabriqués à l’autre bout du monde indéfiniment. Les scieries suisses peinent à tourner. Quel avenir est-ce qu’on veut pour notre économie? Mes meubles sont fabriqués à 100% à partir de bois chablaisien, produit, certes, par des employés avec des salaires suisses et donc plus onéreux.» Le père de famille revendique en outre une fabrication à partir de bois non traité et sans recours à des solvants: «Je construis les meubles que je voudrais donner à mes enfants.»

Reste qu’un tel investissement pour un lit condamné à devenir rapidement trop petit risque de freiner de nombreux parents. «C’est pour ça que j’ai créé des meubles évolutifs. On peut baisser le sommier après quelques mois, enlever l’une des barrières et le transformer en canapé lorsque l’enfant est plus grand. Et puis, mes trois enfants, âgés de 5 ans, 2 ans et demi et 3 mois, ont tous dormi dans le même berceau et il est toujours en excellent état.» (24 heures)

Créé: 06.10.2016, 10h47

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