Le MOB veut perpétuer son vaste savoir-faire

MontreuxAlors que l’industrie ferroviaire se sectorise, la compagnie tient à préserver les larges compétences de ses ateliers. Appel est lancé aux apprentis.

Grâce à leur savoir-faire et les nombreux métier qu'ils abritent, les ateliers sont capables de reconstruire un train dans son intégralité.

Grâce à leur savoir-faire et les nombreux métier qu'ils abritent, les ateliers sont capables de reconstruire un train dans son intégralité. Image: PATRICK MARTIN

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«Nous devons transmettre notre savoir-faire pour le garder dans la région. Sinon nous courons le risque que d’autres entreprises, non pas suisses mais étrangères, prennent le relais», explique Georges Oberson, directeur du groupe MOB, à Montreux. Lors d’une journée portes ouvertes*, la compagnie ferroviaire déploiera ses atouts pour séduire les écoliers. Elle aimerait les attirer pour les former dans ses réputés ateliers de Chernex, où ont été inventées les premières voitures panoramiques pour voie étroite du monde.

«Cette opération de séduction vise à assurer nos arrières en matière de compétences, par la relève et la rotation de nos effectifs», commentent Grégoire Clivaz, responsable de la formation, et Bruno Calvo, chef des ateliers montreusiens. Une trentaine d’intéressés sont attendus, pour une vingtaine de postes d’apprentis à pourvoir.

Les ateliers font face à de nombreuses demandes. Parmi leurs clients figurent les CFF, pour des opérations de maintenance, ou encore l’entreprise multinationale Bombardier, pour la fabrication d’un système de brosse pour le nettoyage des rails. Principale caractéristique des lieux: ils abritent la quasi-totalité des métiers liés à l’industrie ferroviaire.

«Comme les Ateliers de constructions mécaniques de Vevey (ACMV), aujourd’hui disparus, nous possédons une expertise dans de nombreux domaines, relève François Lerch, agent de méthode au MOB. Nous sommes capables de reconstruire un train dans son intégralité. Pas à grande échelle! Mais nous avons la taille critique pour répondre aux demandes des compagnies ferroviaires de notre dimension.» Un argument précieux à l’heure où l’industrie ferroviaire et les grands groupes se sectorisent.

En 2013, les ateliers du MOB ont recréé, pour les Transports publics lausannois (TL), cinq rames du métro M1, sur le modèle de celles construites en 1991 par ASEA Brown Boveri (ABB), feu les ACMV et l’ancien constructeur allemand Düwag, intégré à Siemens depuis 1999. Le genre de commande qui intéresse peu les grands fournisseurs.

Les ateliers de Chernex reconstruisent aussi, pour leur propre ligne Montreux-Les Rochers-de-Naye, les automotrices double à crémaillère identiques à celles initialement fournies par le défunt constructeur de locomotives SLM Winterthour. Cela après avoir inventé un système unique de bogies à écartement variable, qui permettra au futur GoldenPass Express de relier Montreux à Interlaken (BE), sans changement de train à Zweisimmen (BE), où l’on passe de voies ferrées métriques aux voies standards des CFF.

Sus à l’obsolescence!

Mais les ateliers de Chernex, tout juste renommés «Matériels Roulants» (MR), ne se contentent pas de construire. Ils réparent, rénovent et réactualisent tout ce qui touche aux trains. «Depuis les années 1980, le matériel roulant a effectué un énorme bond technologique, rappelle François Lerch. Or le monde ferroviaire ne s’inscrit pas dans un système d’obsolescence où l’on jette. Il est impératif de garantir la pérennité du matériel roulant. Les CFF peuvent en témoigner! Cela en tenant compte du progrès technique. Et il n’est pas judicieux de transporter des locomotives ou des wagons à l’étranger pour les entretenir ou les rénover.»

C’est pourquoi les ateliers de Chernex ont conservé leur secteur de bobinage et d’autoclavage artisanal, où l’on redonne une seconde vie aux moteurs et rotors de toutes sortes. Un métier qui se perd. «Regardez ce rotor, sourit un technicien à l’œuvre. C’est un mois de boulot pour le réparer, mais après, il sera bon pour trente ans!»

Tout près, les automaticiens ont créé un modèle réduit d’une porte de train à double battant. «Il a été conçu par les apprentis, explique Pascal Desplands, formateur. Ils créent ensuite des programmes informatiques qui permettent de le commander.»

Les futurs apprentis trouveront à Chernex bien d’autres métiers, totalisant 11 filières CFC: électronicien, polymécanicien, constructeur d’appareils industriels… «Cinq formateurs se trouvent sur le site, précise Thomas Koch, responsable technique véhicules et opérations. Et les apprentis ont droit à des stages d’immersion ailleurs, en complément de leur formation.» Un polymécanicien peut ainsi s’en aller découvrir le métier de dessinateur dans une autre entreprise. L’opération de recrutement du MOB est soutenue par l’Office cantonal d’orientation scolaire et professionnelle (OCOSP) et le Service de l’enseignement spécialisé et de l’appui à la formation (SESAF).

Les écoliers qui se lanceront en apprentissage dans les ateliers du MOB auront de bons exemples sous les yeux: deux de leurs prédécesseurs qui viennent de se classer 2e et 7e aux championnats romands de l’industrie en novembre dernier. La porte ouverte pour les championnats de Suisse des métiers à Berne en 2018. Et du monde, en Russie en 2019.

* Chernex, ateliers du MOB «Info-métiers», me 24 janv. dès 14 h. www.mob.ch

(24 heures)

Créé: 12.01.2018, 07h24

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