Un mois sans grandes surfaces? Pas si ardu

Terroir«Février sans supermarchés», c’était le défi. Mais le jeu a viré à la prise de conscience dans notre famille. Récit.

Des produits frais de proximité livrés à la maison ont servi de base.

Des produits frais de proximité livrés à la maison ont servi de base. Image: PATRICK MARTIN

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Un mois sans chariot? Faut pas charrier! C’est en substance ce que mon esprit chagrin a soufflé en découvrant l’opération «Février sans supermarchés» sur les réseaux sociaux. Dans un élan intrépide, j’ai tout de même voulu prendre le pari. Au soir du 31 janvier, toute la smala a été mise devant le fait accompli et il a fallu modifier nos habitudes de consommation du jour au lendemain. Ce chambardement a emmanché des réflexions que nous étions loin de soupçonner.


Revivez l'expérience au jour le jour: Un mois sans supermarchés


En pratique, comment nourrir deux parents, deux enfants, une jeune fille au pair, deux chats et entretenir une maison sans transiter par une grande surface ou sacrifier tout son temps libre? Pas en se précipitant sur LeShop.ch, comme certains nous ont cyniquement soupçonnés de faire. Mais c’est aussi sur la Toile que nous avons trouvé une alternative précieuse. Le marché en ligne Terrelocale.ch, récemment créé dans notre région (le Chablais), a servi de base d’approvisionnement.

Ces produits frais de proximité, de saison, souvent bio et que l’on sélectionne soi-même en fonction des envies et des besoins (sans abonnement), nous ont été livrés à domicile, en véhicule électrique. Pas plus de 24 heures entre le producteur et l’assiette, garantit le marchand. La fraîcheur saute aux yeux et aux papilles. Cette formule suppose toutefois d’anticiper un peu ses besoins et de réfléchir à son espace de stockage pour ne pas multiplier les livraisons.

Nous avons aussi disposé d’un atout considérable: notre village. À Bex, les commerces indépendants sont encore très présents. Boulangeries, boucheries, laiterie, pharmacie, épiceries, il nous a été facile de tout trouver à portée de pieds (adresses en encadré). Grâce à ce maillage serré, le temps passé en courses n’a pas été beaucoup rallongé.

Et le papier toilette?

C’est bien joli tout ça, mais nos amis cyniques ont partagé une inquiétude majeure: «Pour le papier toilette, vous avez fait comment?» Là encore, nous avons remercié la vitalité commerciale de notre village et son Swiss Eco Shop qui propose des articles d’hygiène, de cosmétique et d’entretien naturels et biodégradables (également disponibles en ligne). Les épiceries de quartier ont aussi été bienvenues pour l’appoint. Certes, on y croise des produits de l’industrie alimentaire, mais notre interprétation du défi ne s’est pas limitée à privilégier le local et le bio, même si cela s’est naturellement imposé. Il s’agissait aussi de soutenir ces petits commerçants qui nous dépannent à longueur d’année, comme l’échoppe portugaise du coin de la rue, courue par tout le Chablais les dimanches matin et jours de fête. Autant que les marges aillent dans la poche de ces petits patrons serviables que dans celles des gros distributeurs.

Sous économisés

Ça a dû vous coûter bonbon, se sont moqués nos cyniques. À article égal, le prix est en effet souvent plus élevé chez le petit commerçant. Mais globalement, notre volume d’achat a beaucoup diminué, allégeant la note mensuelle. C’est la principale leçon de cette expérience: au-delà de son côté pratique et économique, la grande surface est surtout une formidable machine à surconsommer! On a beau le savoir, l’expérimenter est édifiant. À profiter des actions et se laisser tenter par mille articles superflus, les cibles parfaites du marketing, dont je suis, finissent par allonger le ticket bien au-delà des besoins réels.

Le résultat se lit donc aussi sur la quantité de déchets (diminuée de moitié) et le gaspillage qui n’a tout simplement plus cours lorsqu’on renonce aux opérations «trois pour deux» et autres actions faussement profitables.

Des écueils

Des écueils? Il y en a eu. Il a parfois fallu renoncer à certaines recettes, faute d’ingrédients disponibles, et aménager notre menu. Mon homme pressé a recouru à un commerce de gare proche du bureau pour ses salades de midi. Le poisson nous a manqué, ainsi qu’une certaine variété dans les aliments.

Une semaine après la fin du défi, je suis retournée (une fois) faire de menues emplettes en supermarché, avec un brin de culpabilité… L’envie de poursuivre sur la lancée est forte. Sans aller jusqu’au boycott des géants, l’objectif serait de transformer l’ancienne règle en exception. Plus vivant, plus convivial, plus savoureux, plus durable, ce mode de faire nous a réconciliés avec des convictions profondes piétinées sur l’autel d’une supposée efficacité. Moyennant astuces et solutions sur mesure, le tour est jouable et le contexte toujours plus favorable, vu l’éclosion de nombreuses enseignes bio et en vrac. Comme nous, 7000 Romands ont pris part au défi cette année. En serez-vous l’an prochain? (24 heures)

Créé: 09.03.2018, 17h33

Nos adresses à Bex

Boucherie La Chablaisienne,
ruelle du Marché 9

Boucherie Vuagniaux,
rue Centrale 10

Boulangerie Le Pain d’Avoine
,
rue Centrale 15

Le Goût du Pain,
rue du Simplon 2

Laiterie Modèle,
rue du Cropt 5

Pharmacie de la Fontaine,
rue du Cropt 9

Épicerie thaïe Sabaye,
rue Centrale 32

Marché des Barmottes,
épicerie générale, route d’Aigle 3

www.terrelocale.ch,
produits de proximité région Chablais, commandes en ligne

www.swissecoshop.ch,
entretien, hygiène, cosmétique, alimentation naturelle, en ligne et rue Centrale 29

www.mokocoffee.ch,
café torréfié à Bex, en ligne.

La Ferme de Bornuit,
marché à la ferme, route des Placettes 16, dès le 23 mars, les vendredis et un samedi sur deux, commandes en ligne sur
www.lafermedebornuit.ch

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