La montagne cherche des alternatives aux tire-fesses

Alpes vaudoisesQuelle économie développer comme alternative au ski dans les régions d’altitude? La question se débattra aux Diablerets lors du Forum ecovillages.

Le projet Lodge 2800 allie l’esprit cabane à un hôtel

Le projet Lodge 2800 allie l’esprit cabane à un hôtel Image: LOCAL ARCHITECTURE

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«Renoncer au tout-au-ski, passer au tourisme quatre saisons.» Le leitmotiv est rabâché depuis deux décennies. Mais peu d’acteurs du tourisme d’altitude détiennent le début de la bonne idée à même de faire fonctionner le tiroir-caisse avec la même efficacité que la glisse à ses heures de gloire. La grande question demeure: comment se renouveler? Le 6e Forum ecovillages explorera des réponses à cette question la semaine prochaine, entre autres réflexions sur l’économie durable des villages (lire l'encadré) .

Une piste? Cela peut sembler paradoxal, mais elle vient de sociétés de remontées mécaniques. En créant ce printemps le Magic Pass, un abonnement de saison à bas coût couvrant 25 domaines skiables des cantons de Vaud, de Fribourg, du Valais et de l’Arc jurassien, elles ont ouvert de nouvelles perspectives, comme l’explique Jean-Daniel Clivaz, responsable de la coopérative Magic Mountains: «Ce fonctionnement coopératif va nous permettre de sortir d’un cercle vicieux où tous les acteurs pleurent et se piquent des clients, à un cercle vertueux où chacun prend sa position sur le terrain. Un peu à l’image de joueurs de foot. Dans une équipe, tout le monde sait qu’il ne sert à rien de jouer avec 10 attaquants! La coopération doit permettre à chacun de se démarquer grâce à son identité unique.»

Des pass rassurants
Par quelle magie l’abonnement low cost peut-il générer ce virage? Avec quelque 70'000 pass vendus pour la saison 2017-2018 et des revenus répartis entre tous les partenaires, le Magic Pass garantit à chaque société un rendement minimum. «Grâce à ce socle, j’ai moins peur de prendre des initiatives, voire des risques pour draguer mes clients, poursuit Jean-Daniel Clivaz. Si j’ai potentiellement 70'000 abonnés, cela va davantage me motiver à monter un événement pour faire venir du monde.»

En assurant une rentabilité minimum, Magic Pass veut stimuler l’innovation. Mais on n’invente pas en claquant des doigts. Anne Sophie Fioretto, géographe au bureau Pacte3F, aide des collectivités montagnardes à se remettre en question. Elle a sa recette: «Il faut mettre en place de nouvelles gouvernances. Quand tous les acteurs d’une région se mettent autour d’une table, ils réussissent à identifier ce qui rend leur cadre original et à imaginer comment le mettre en valeur. L’innovation collective, avec un bon leadership des politiques et des responsables du tourisme, est plus profitable que des projets menés par les seuls décideurs.»

Hôtellerie quatre saisons
Offrir une expérience unique, c’est précisément le pari de l’équipe de Lodge 2800, qui espère bâtir un hôtel sur les fondations de la station d’arrivée des installations de feu Super-Saint-Bernard. Des investisseurs privés sont prêts à débourser 13 millions pour créer un lieu de ressourcement inédit, alliant l’ambiance d’une cabane à celle d’un Resort all inclusive, accessible en quelques minutes de téléphérique. «Des offres quatre saisons, on en rencontre partout. En haute montagne, à part les cabanes du Club alpin suisse, il n’y a rien», plaide Benjamin Rohrer, cofondateur de Lodge 2800.

Cet hôtel d’altitude tient compte des nouvelles attentes des vacanciers en quête d’«un miroir inversé de leur quotidien», selon la formule d’Isabelle Frochot, responsable en développement du tourisme à l’Université Savoie Mont-Blanc. Adieu la foule, le stress, le manque de lumière, la montagne offre à l’urbain surmené ce qu’il recherche.

Reste à lui donner envie d’y grimper. Avec les spécialistes du marketing touristique, Anne Sophie Fioretto constate que «hier, les gens venaient acheter une activité. Aujourd’hui, ils veulent vivre une expérience et la partager, notamment sur les réseaux sociaux.» Mais si surprenante qu’elle soit, une telle expérience peut-elle rapporter autant que la glisse? «Oui, car les gens sont prêts à payer, même cher, pour une expérience unique», conclut Anne Sophie Fioretto. (24 heures)

Créé: 15.08.2017, 20h50

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