«La montagne est la valeur refuge de la Suisse»

Les DiableretsBenoît Aymon dirigera dès l’an prochain le Festival du film alpin. Il esquisse sa vision pour l’avenir de cette manifestation qui vivra sa 50e édition en 2019.

Le présentateur de «Passe-moi les jumelles», Benoît Aymon, compte faire passer la qualité des films avant l’exploit sportif.

Le présentateur de «Passe-moi les jumelles», Benoît Aymon, compte faire passer la qualité des films avant l’exploit sportif. Image: RTS/CHRISTIN PHILIPPE

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Ces temps-ci, un anniversaire en annonce un autre pour Benoît Aymon. L’édition 2018 du Festival du film alpin des Diablerets (FIFAD) terminée – la dernière avec Jean-Philippe Rapp comme directeur –, le journaliste féru de montagne est reparti dans ses pénates, en France. Pas de vacances à l’horizon, mais la préparation d’un «Passe-moi les jumelles» grand format pour fêter dignement les 25 ans de l’émission. «On prévoit ça en novembre. Je suis descendu aux archives de la RTS pour revoir d’anciennes images. Je me suis dit: «Par où je commence?» Cette première série de bougies soufflées, Benoît Aymon devra préparer un autre gros morceau: la 50e édition du festival ormonan dont il assumera la présidence dès l’an prochain.

Montagnard et réalisateur, vous semblez taillé pour la présidence de ce festival.

Erhard Loretan m’a dit: «Un jour, tu devrais reprendre ce festival.» Je lui ai répondu: «Oui, oui, on verra ça.» J’étais en plein dans «Passemoi les jumelles», c’était totalement exclu. Mais les planètes se sont alignées. Je serai à la retraite dès l’an prochain. J’aurai davantage de temps. D’autant que la structure s’est professionnalisée. La direction d’un festival est un gros morceau, mais je sais que je serai bien entouré et que je m’appuierai sur l’important travail déjà accompli par Jean-Philippe Rapp.

En quoi êtes-vous différent de Jean-Philippe Rapp?

Prenez «Zig Zag Café» qu’il a animé. C’est un véritable exercice de jonglage. C’est un quotidien, ce qui nécessite une grande réactivité. Avec «Passe-moi les jumelles», on est plutôt dans le magazine: de la lenteur, des images léchées…

L’exploit pour l’exploit, les adeptes de la roulette russe, ça ne me parle pas
Benoît Aymon, journaliste et futur directeur du FIFAD

Cela se ressentira dans votre programmation?

D’une manière générale, les jurys ont souvent tendance à récompenser l’exploit sportif, plutôt que la réalisation elle-même. Si un exploit vient d’être réalisé, on ne peut pas faire l’impasse. Mais le FIFAD est un festival de films. On pourrait être plus sévères sur la qualité des films, être plus sélectifs.

Certaines images de montagne ont tendance à glorifier la prise de risque. Ça vous dérange?

C’est vrai, je le vois, surtout dans certains films ultrasponsorisés. Je respecte la performance, mais l’exploit pour l’exploit, les adeptes de la roulette russe, ça ne me parle pas. Dans «Passe-moi les jumelles», on montre la beauté de la montagne. Mais aussi le danger. On a réalisé une série sur le secours en montagne. Le premier jour de tournage, deux sauveteurs sont morts, sous une suravalanche. Notre cameraman a bien failli être emporté aussi.

Les outils de production se sont démocratisés. Dénicher une œuvre de qualité est-il plus difficile?

Quand j’ai débuté, tourner en super- 8 était un luxe: c’était cher et compliqué. Quand on partait en montagne, on emportait une caméra de 12 kg. Aujourd’hui, elle pèse 2 kg et on prend un drone qui fait le même poids et qui nous permet de capturer des angles inimaginables. Mais tu peux posséder le meilleur matériel du monde, ça ne fait pas de toi un cinéaste. Quelle histoire tu veux raconter? Comment est-ce que tu vas la raconter? À qui tu veux la raconter? Un film, c’est avant tout une émotion, une surprise. C’est ça qui dictera mes choix. Ils seront subjectifs, mais je n’aurai aucune peine à les assumer.

Qu’est-ce qui vous fascine dans la montagne?

Quel est le dénominateur commun de la Suisse? La langue? La religion? Non. Éventuellement le chocolat et les montres. Mais surtout la montagne. C’est notre valeur refuge. Du point de vue de l’image, elle ouvre un vaste champ de possibilités. La montagne recouvre tellement d’aspects.

Qu’est-ce qui importe le plus? L’ascension ou le sommet?

Comme le dit la philosophie bouddhiste, pour moi, c’est le voyage qui est intéressant, pas la destination. Mais j’aime quand même le sommet: l’atteindre te permet de voir ce qu’il y a sur l’autre versant, chez l’autre. Et puis, en montagne, je suis comme face à une très grande bibliothèque: quand je la regarde, je réalise tout ce qu’il me reste à lire. De la même manière, depuis un sommet, je vois toutes ces possibilités de balades… (24 heures)

Créé: 17.08.2018, 10h22

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