À Monthey, Carnaval se déguste dans les bistrots

L'Esprit des lieuxJusqu'à mardi, un vent de folie souffle sur la cité chablaisienne. Sous la cantine, mais surtout dans les canis, où l'esprit familial règne.

Carnaval est un peu revenu à ce qu’il était à l’origine, quand il se passait exclusivement dans les bistrots

Carnaval est un peu revenu à ce qu’il était à l’origine, quand il se passait exclusivement dans les bistrots

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Une petite note de nostalgie mais aussi de fierté dans la voix, Nadine Mauron prévient: depuis jeudi, ce Carnaval de Monthey a un goût particulier au Café de la Banque. Après 23 ans derrière le comptoir, la patronne met la clé sous le paillasson. «On finira mardi 14 février après minuit. C’est une bonne date pour terminer une histoire d’amour.» Depuis des années, le cani est l’un des stamms incontournables des carnavaleux. Cette année, il s’est transformé en «porc d’attache».

Dessins de gorets chantant les «sirènes du porc d’Alexandrie» ou les «porcs du pénitencier» sur les murs, saucisses pendues au plafond, ambiance «cochonne» sur fond d’éclairage rose: Nadine et une poignée de fidèles clients se sont donné de la peine pour coller au thème de cette 146e édition «bestiale». «C’est ça l’esprit de Carnaval, à Monthey, souligne la bistrotière. Les gens veulent faire la fête, se lâcher. Mais ils prennent cet événement très au sérieux et passent des mois sur leur déguisement.»

Difficile de ne pas loucher sur les filets mignons et les racks d’agneaux lorsqu’on s’accoude au bar du Plic pour commander une chope. Le patron a reconverti l’endroit en boucherie, copie conforme du commerce qui lui fait face sur le haut de la rue de la Gare. Fabrice Géron, fait partie des assidus lorsqu’il s’agit de transformer son établissement, lui qui n’a remporté «que trois fois le prix de la meilleure déco, ces quatre dernières années». Parce que le Carnaval de Monthey se vit en grande partie dans les bistrots. C’est la kiosquière Céline Reuse, attablée au Plic, qui l’affirme.

«L'aventurier» sous la cantine

«Les Montheysans vont de moins en moins sous la cantine. On passe voir les copains qui tiennent un bar avec les sociétés locales, puis on ressort.» «Carnaval est un peu revenu à ce qu’il était à l’origine, quand il se passait exclusivement dans les bistrots, confirme Philippe Battaglia, habitué du petit pub et accessoirement l’un des agitateurs culturels qui exploitent la salle du Kremlin. La cantine attire un public plus jeune. Même s’il reste pas mal de raison de s’y rendre: le concours de déguisement des enfants, l’élection de Miss Pimponicaille ou pour entendre l’Aventurier d’Indochine.»

Les Montheysans veulent faire la fête, se lâcher. Mais ils prennent Carnaval très au sérieux et passent des mois sur leur déguisement.
Nadine Mauron, patronne du Café de la Banque

Pour Charly Vernaz, président du comité de Carna, «cafés et cantines sont complémentaires. Mais c’est vrai que ce sont deux ambiances et deux publics différents. Par la force des choses: la taille des bistrots fait qu’on se retrouve en petit comité, donc dans un cadre un peu plus familial.»

Déguisés en vaudois

Mais où que l’on fasse Carna, la règle d’or est: il faut venir grimé. «Les gens agissent différemment s’ils sont costumés, ils se lâchent plus, décrit Fabrice Géron. On se méfie de ceux qui ne se déguisent pas, ils ne sont pas dans le même état d’esprit.» Ceux qui viennent «en civil» encourent d’ailleurs le risque de se voir taxés de «Vaudois».

Les Vaudois, et plus largement les «étrangers» venus de toute la Suisse romande sont d’ailleurs toujours plus nombreux à venir écluser quelques Suze - le carburant officiel du Carnaval de Monthey. La Cité chablaisienne drainera jusqu’à mardi près de 50 000 fêtards. Pourtant, malgré cette immigration massive, l’esprit reste, estiment nombre d’indigènes. «Le samedi soir est la soirée où l’on voit un peu moins les gens du coin et davantage les Vaudois, constate Charly Vernaz. Mais le jeudi, le dimanche, et le lundi, jour de Pimponicaille, restent les soirs des Montheysans.»

En grandissant, le raout donne forcément l’image d’une vaste beuverie. Princesse de ce 146e Carnaval, Rosy 1re confirme que c’est parfois l’esprit qui règne sous la cantine, elle qui y tient un bar avec la société Monthey Gym depuis plus de 30 ans. «Mais c’est surtout l’envie de faire la fête qui résume l’esprit de cet événement.» D’ailleurs, «le vrai carnavaleux veut absolument tenir les six jours, précise Charly Vernaz. On n’y arrive pas en se mettant la tête à l’envers dès le premier soir.» Le vrai carnavaleux sait aussi qu’il faut «sortir couvert»: «Il faut toujours avoir sur soi une dizaine de sous-bocks pour protéger son verre des confettis!» conseille Philippe Battaglia. (24 heures)

Créé: 10.02.2018, 11h11

Les Gens



Nadine Mauron vit cette année son dernier Carna au Café de la Banque.



Fabrice Géron n’a remporté «que trois fois le prix de la meilleure déco, en quatre ans», en réaménageant son pub, le Plic.



Philippe Battaglia conseil de sortir couvert: «Il faut toujours avoir sur soi des sous-bocks pour protéger son verre des confettis.»

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