Nant ferme son hôpital de jour aiglon
PsychiatrieLa quinzaine de Chablaisiens âgés qui fréquentent le centre du Grand-Chêne devra se rendre à Vevey à partir du 1er avril.
La Fondation de Nant, qui assure l’ensemble des soins psychiatriques publics de l’Est vaudois, va mettre un terme aux activités de son hôpital de jour d’Aigle. Ouvert en 1993, le centre du Grand-Chêne, à côté de l’hôpital, accueille tous les jours de 9 h et 16 h entre dix et quinze personnes âgées qui exigent un soutien psychologique. Là, encadrés par deux infirmiers et un psy, ces hôtes fragiles, qui habitent Aigle, Les Diablerets, Leysin, Bex et même Château-d’Œx, partagent quotidiennement différentes activités avant de rejoindre leurs pénates. «Il y a une âme dans ce centre, on y partage une vraie vie de famille avec beaucoup de communication. On s’entraide», annonce Jacqueline*. Françoise* évoque, elle, une «ambiance chaleureuse, ouverte, et qui fait du bien».
Départ imminent
Pas suffisant pour la Fondation de Nant, dont le siège est à Corsier, et qui a décidé d’accueillir ailleurs ses patients chablaisiens de l’hôpital de jour aiglon. À partir du 1er avril, elle effectuera cette prise en charge à Vevey, dans son antenne de la rue des Moulins (ex-école-club Migros). «Nos patients qui le désirent seront accueillis dans notre Centre thérapeutique de jour. Nous allons faire bénéficier l’ensemble de nos patients d’un programme plus intensif offert par l’équipe pluridisciplinaire de médecins, psychologues, infirmiers et ergothérapeutes qui y est active», indique Lysander Jessenberger, responsable communication.
Nant compose un programme d’entretiens individuels pour chaque patient, afin qu’il puisse au terme du programme rejoindre son lieu de vie, à domicile ou en EMS. «Notre dispositif de traitement est constitué de groupes à vertu psychothérapeutique, basés sur la mémoire, les problèmes cognitifs, la danse, l’habileté sociale ou encore les jeux de rôle. Des activités en commun telles que la préparation des repas sont aussi abordées dans une visée thérapeutique», poursuit le porte-parole.
Autant Jacqueline que Françoise se demandent pourquoi la fondation précipite le transfert d’ici à quelques semaines, notamment parce que l’actuel bâtiment aiglon, aussi occupé par d’autres instances, ne sera pas démantelé d’ici peu. Elles se disent déstabilisées par l’imminence d’un départ. «Nous avions prévu une fermeture au Grand-Chêne à l’été, en lien avec le redéploiement relatif à l’ouverture de nos facilités de Rennaz (ndlr: dans l’Espace Santé contigu au futur hôpital unique). Un collaborateur de l’équipe ayant décidé de quitter la fondation, nous avons effectivement quelque peu anticipé la date», complète le porte-parole.
«Je n’y mets pas les pieds»
Simone*, qui a fréquenté l’hôpital de jour et qui se sent concernée par les patients qui y vont quotidiennement, s’inquiète: «Il n’y aura plus de structures de ce type-là dans la région pour cette tranche d’âge.» La Fondation de Nant assure qu’elle va «conserver une structure légère de consultations pour tous, enfants et adolescents, adultes et personnes âgées, à Aigle». Par ailleurs, la Résidence du Bourg va construire un Centre d’accueil temporaire en psychogériatrie (CAT) à Aigle.
Simone voit dans l’abandon de l’hôpital de jour la possibilité pour la fondation de réaliser des économies. «Ce n’est pas le but premier qui encore une fois est thérapeutique. Cela se fait néanmoins dans un contexte économique tendu pour lequel nous avons sollicité des demandes de soutien financier auprès du Canton», annonce Lysander Jessenberger. La Municipalité indique que son influence dans ces dossiers est réduite. Néanmoins, elle pense que «Nant essaie de bien faire les choses». Chef de département, Pierre-Yves Maillard, n’ayant pas été informé du changement, va demander, via ses services, des explications à la fondation.
Une visite des locaux veveysans a été organisée pour les patients aiglons. L’horaire de jour sera inchangé, ils seront convoyés gratuitement par un bus de la fondation tous les jours. Jacqueline et Françoise s’y sont rendues. Le bilan n’est pas positif. «Ça ne m’a pas plu du tout. On s’y sent complètement oppressé. Personne ne se parle. Pas fait pour remonter le moral», assène Jacqueline, qui espère trouver une place dans un CAT avant d’aller en EMS. Françoise, de son côté, «ne sait pas de quoi son avenir sera fait». Une chose est sûre concernant l’annexe veveysanne: «Je n’y remets pas les pieds.»
Créé: 19.02.2019, 06h45
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