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Une nouvelle centrale hydroélectrique va faire fructifier l’or bleu de la Riviera

La production d’électricité, dès 2020, permettra de limiter les coûts et le prix de l’eau potable, dont la consommation baisse.

Caleb Walther (à g.), président du Service intercommunal de gestion de l’eau sur la Riviera, et Eric Giroud, directeur.
Caleb Walther (à g.), président du Service intercommunal de gestion de l’eau sur la Riviera, et Eric Giroud, directeur.
Chantal Dervey

Comment rentabiliser les installations de distribution d’eau potable alors que la consommation de cette dernière et les recettes qu’elle génère sont à la baisse? Après avoir turbiné quelques années, la Riviera a décidé de créer sa propre centrale hydroélectrique à Bignières (hauts de Montreux). Avec son projet Turbeau, la région entend à la fois assurer son approvisionnement en eau de qualité et valoriser l’or bleu en énergie renouvelable.

Les élus des dix communes ont accepté un crédit d’étude de 200'000 fr. pour élaborer le projet définitif, dont la réalisation est prévue en 2020. Il comprend la construction d’une nouvelle conduite forcée de 3,2 km de Jor (au-dessus des Avants) à Bignières (près de Sonzier), la création d’une usine d’ultrafiltration aux Avants (d’une capacité de 13'000 litres/minute) et la centrale hydroélectrique projetée à Bignières.

A l’origine, le projet est né du constat qu’il fallait remplacer l’ancienne conduite d’eau potable des Avants, vieille de 80 ans. «Mais le véritable déclencheur de Turbeau est l’injonction qui nous a été faite par le Service cantonal de la consommation et des affaires vétérinaires (SCAV) de nous doter d’une usine d’ultrafiltration de l’eau», expliquent Eric Giroud et Caleb Walther, directeur et président du Service intercommunal de gestion de la Riviera (SIGE).

Les usagers sont économes

Car la source des Avants, de nature karstique, devient parfois trouble à la fonte des neiges et lors de fortes précipitations. Or, en tant que plus grande source de Suisse romande, voire du pays, elle constitue la ressource principale du SIGE en s’écoulant en moyenne à 8500 litres/minute, avec un débit qui peut varier entre 2000 et 26 000 l/m. «Nous avons donc décidé de valoriser cette eau potable en la transformant en électricité, afin de rentabiliser nos investissements», poursuit Caleb Walther.

Car depuis une décennie, la consommation d’eau est à la baisse, même si cette tendance lourde s’infléchit parfois en raison des grosses chaleurs. Une évolution due aux nouvelles habitudes des consommateurs, plus économes, et à la fabrication d’équipements ménagers moins gourmands. Conséquence, les recettes du SIGE diminuent, alors que ses frais fixes subsistent. C’est pourquoi le service fait déjà sa pub en recommandant avant tout de boire de l’eau du robinet, «moins chère et plus écologique».

La production d’électricité permettra, elle, de limiter la progression du tarif de l’eau potable dans les années à venir. La centrale de Bignières produira 3 GWh/an. Ce qui représente l’équivalent de la consommation électrique d’environ 700 ménages ou le tiers de l’énergie utilisée annuellement par le SIGE. «Pour endiguer leurs coûts, plusieurs distributeurs d’eau potable, qui ne sont pas en mesure de la valoriser en énergie, ont déjà augmenté leurs tarifs, rappelle Eric Giroud. Après y avoir renoncé durant une décennie, nous devrons sans doute les réajuster à l’avenir. Mais en produisant de l’électricité, nous serons en mesure de pondérer cette augmentation des tarifs pour le consommateur de la Riviera.»

Une situation paradoxale

Pour l’heure, l’investissement pour construire la seule centrale du turbinage s’élève à 2,6 millions de francs, alors que les coûts de construction de la conduite et de l’usine d’ultrafiltration doivent être établis par l’étude en cours. Le SIGE est déjà parvenu à réduire les frais de génie civil en prévoyant de réaliser la pose de la conduite sur une partie du tracé avec Romande Energie et le Service de l’eau (SE) de Lausanne, qui remplaceront aussi leur propre conduite jusqu’à leur usine hydroélectrique de Sonzier.

«La situation est paradoxale, conclut Caleb Walther. Les efforts d’économie des consommateurs poussent le prix de l’eau à la hausse. Mais, sur la Riviera, le projet Turbeau devrait atténuer cet effet pervers.»

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