Le «Paquebot des Alpes» racheté par deux Suisses

Villars PalaceMarco Dunand, patron de Mercuria, et Jérôme de Meyer, leader dans le domaine des écoles privées, veulent redonner du lustre au bâtiment classé.

Le Villars Palace, monument historique national, changera de mains début mai.

Le Villars Palace, monument historique national, changera de mains début mai. Image: Chantal Dervey Archives

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«24 heures» avait révélé il y a quelques mois que le Villars Palace, qui appartient à une société genevoise, demeurerait en mains suisses. Depuis vendredi, on connaît l’identité du futur propriétaire, ou plutôt… des deux. Ces partenaires sont Marco Dunand, fondateur et directeur général de Mercuria, à Genève, et Jérôme de Meyer, président de Nord Anglia Education Switzerland. Secret des affaires oblige, le montant de la transaction n’a pas été divulgué.

Pour assurer la pérennité à cet élément économique essentiel du patrimoine villardou, qu’il qualifie de «Paquebot des Alpes», le syndic Patrick Turrian a beaucoup œuvré, mettant les deux entrepreneurs en relation, qui se sont du reste entendus très naturellement. L’édile a dû mettre de l’huile dans d’autres rouages pour que l’affaire se fasse.

Jérôme de Meyer (à g.) et Marco Dunand, deux entrepreneurs suisses visionnaires et expérimentés. CHRISTOPHE BOILLAT

Fils du chef d’orchestre genevois Robert Dunand, le patron de Mercuria vit à Nyon depuis deux décennies. Il a fondé en 2004 un empire actif principalement dans le commerce de l’énergie (aussi dans les infrastructures et autres investissements) avec plus de 1200 employés qui œuvrent dans 35 bureaux répartis dans le monde entier. Mercuria a généré l’an passé un chiffre d’affaires de 130 milliards de dollars. Copropriétaire du château de Lucens, il s’est aussi lancé dans le mécénat en se penchant au chevet du Musée romain de Nyon.

Villardous de cœur et de naissance

Marco Dunand est «un amoureux de Villars», station où il possède un chalet depuis deux décennies. Villars? Jérôme de Meyer y est né. Le groupe où il siège au comité exécutif est un des plus importants au monde dans le domaine de l’éducation. Il gère dans 28 pays pas moins de 65 écoles (Collèges du Léman, Beau Soleil, Champittet, etc.), scolarisant plus de 60'000 élèves encadrés par 14'000 employés.

«Nous allons être raisonnables et ne pas entreprendre ce que nous ne pourrions pas payer»

Ces self-made-men chevronnés ont-ils flairé la bonne affaire en prenant la barre du «Paquebot des Alpes»? «Avec mon emploi du temps, mes affaires, ma famille, entrer dans l’hôtellerie était au contraire la dernière chose à faire. L’idée est de ne pas perdre d’argent ni de viser forcément une forte rentabilité, mais de donner un coup de pouce à la station», relève Marco Dunand. Cette «envie d’aider la communauté», Jérôme de Meyer la met en avant. «Mais, attention, nous nous sommes fixé un défi important, difficile. Nous allons être raisonnables et ne pas entreprendre ce que nous ne pourrions pas payer.»

Une… mais aussi quatre étoiles

Les deux visionnaires fourmillent d’idées, certaines plutôt ambitieuses pour un établissement qu’ils veulent ouvert et actif durant les quatre saisons. Ils vont repenser le corps principal du palace, qui compte 220 chambres, en l’aménageant de manière optimale et en le gérant comme un quatre-étoiles. Il sera administré par un opérateur qui n’a pas encore été trouvé. L’établissement, construit entre 1912 et 1913 et classé monument d’importance nationale, s’articule sur plusieurs modules. Dont le Bellevue, sur la même propriété, avec ses 90 chambres dévolues au personnel. Le tandem Dunand - de Meyer va en faire un une-étoile ouvert à tous.

D’autres surprises sont à venir. «Tout est pour l’heure sur le papier, rien n’est définitif», prévient Marco Dunand. Les deux entrepreneurs romands, qui se sont adjoint les services d’architectes spécialisés, ne veulent néanmoins pas perdre de temps. «Très rapidement, des échafaudages seront dressés pour entreprendre les premières restaurations. Celles de l’enveloppe extérieure: de la façade à la toiture en passant par les vitres et l’éclairage», conclut Jérôme de Meyer.

Créé: 07.04.2019, 18h09

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