Le patron du Comedy quitte la politique pour «sa liberté de parole»

MontreuxGrégoire Furrer quitte le Conseil communal. Il estime qu’il y règne la «recherche de l’oie blanche»

Grégoire Furrer, fondateur du Montreux Comedy Festival Image: CHANTAL DERVEY

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Grégoire Furrer, directeur et fondateur du Montreux Comedy festival, a siégé douze ans au Conseil communal de Montreux sous l’étiquette PLR. Il a annoncé mercredi soir qu’il se retirait.

Pourquoi démissionner?

Je suis un homme de challenges, qui a besoin d’adrénaline. Après avoir présidé la Commission des finances, les énormes travaux relatifs au Plan général d’affectation (PGA), le Conseil communal, le groupe PLR et le parti, je pense avoir fait le tour. Et je veux me concentrer sur la 30e édition du Montreux Comedy, en 2019.

Adieu politique, alors qu’on murmure que vous vous rêvez syndic de la Riviera?

Pour cela, il faudrait déjà réaliser la fusion. Je ne dis pas que je ne reviendrai jamais en politique.

Pour occuper l’Auditorium Stravinski, au Centre de Congrès 2m2c, en dehors des grands festivals, la Saison culturelle y programme des spectacles. Vous avez beaucoup critiqué la Saison, avant l’arrivée du nouvel administrateur. Pourquoi partir maintenant que le Conseil va décider de l’avenir du 2m2c?

Je vais retrouver ma liberté de parole. En douze ans, j’ai vu un changement manifeste, que je nomme «la recherche de l’oie blanche». Auparavant, les commissions étaient composées d’experts des domaines concernés. Désormais, les personnes compétentes sont de plus en plus muselées, si on suspecte qu’elles sont liées au sujet en question, même de loin. Il est normal de déclarer ses intérêts, mais pas de se récuser systématiquement. En démissionnant, je serai plus libre de m’engager dans ces discussions.

Libre de dire quoi?

Tous les acteurs culturels devront s’unir pour que passe le projet du futur 2m2c (ndlr: lire 24 heures d’hier). On ne coupera pas à un référendum populaire…

Serez-vous le fer de lance des défenseurs du projet?

Je serai le premier à cotiser. Mais pour l’heure je me contente de me tenir à disposition.

Vous critiquez «la recherche de l’oie blanche». Êtes-vous donc contre la transparence quant aux potentiels conflits d’intérêt des élus?

Il faut déclarer ses intérêts en début de législature. Mais il faut tout de même faire appel à l’intelligence. Je l’ai vécu lorsque je présidais la commission du PGA pendant des années: il y avait des architectes, des urbanistes, des représentants de l’immobilier et des défenseurs de la nature. Ces spécialistes avaient des intérêts à défendre. S’ensuivaient des débats de qualité, qui ont abouti à de vrais consensus. Nous avons tenu 160 heures de séances! A l’inverse, la toute dernière séance de cette commission, pour entériner la décision du Canton en automne dernier, n’était pas composée d’experts. Du coup, ces élus ne comprenaient pas tous les tenants et aboutissants. Trop de gouvernance tue la gouvernance. Je pense que la collectivité est perdante avec cette tendance lourde à n’avoir aucun lien avec le domaine en question pour pouvoir siéger dans des commissions.

Un retour de manivelle normal, après des pratiques du siècle dernier, qui avaient consacré des petits arrangements entre amis?

Peut-être. Mais les petits partis y sont aussi pour quelque chose.

Vous attaquez Montreux libre?

Les élus de Montreux libre disent souvent des choses intelligentes. Mais à force d’être systématiquement dans l’opposition, ils finissent par être inaudibles. J’étais président de la Commission des finances lorsque le municipal en charge, Alain Feissli, et le syndic Pierre Salvi étaient tous deux socialistes. Nous avons trouvé des compromis, ce qui est le sel de la politique. Maintenant, c’est à celui qui crie le plus fort pour être entendu. A Vevey par exemple, je n’aurais jamais pu siéger douze ans: les débats volent bas avec les attaques personnelles!

Démissionnez-vous pour obtenir davantage de subventions pour votre festival, après avoir essuyé des critiques?

Je ne pars pas pour avoir quoi que ce soit. Les attaques de 2015 ont été violentes et difficiles: des élus invoquaient la gouvernance entre ma société de production et la fondation du Comedy pour savoir combien je gagnais. Je n’en veux à personne. J’ai mis en place une gouvernance transparente, comme on me l’a demandé. Je n’ai aucune raison de penser qu’en contrepartie la Municipalité et le Conseil communal ne tiendront pas leurs promesses d’inscrire le soutien au Comedy dans la durée, et non au coup par coup chaque année.

(24 heures)

Créé: 23.03.2017, 08h14

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