Pompiers et policiers se frottent aux serpents

MontreuxUn spécialiste des animaux dangereux, a enseigné vendredi à des secouristes courageux l’art de les manipuler en toute sécurité

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«Toute intervention avec un reptile est potentiellement dangereuse», explique Karim Amri. Ce spécialiste des serpents, araignées ou scorpions a appris vendredi à des pompiers et des policiers vaudois comment manipuler ces bêtes sans y laisser sa peau.

«La distance de sécurité face à un serpent est de deux fois la longueur de l’animal, poursuit Karim Amri. Et si vous vous trouvez face à un python de plus de 3,50 m, vous avez intérêt à déguerpir avant qu’il ne se détende en moins d’une seconde pour vous paralyser.» Silence dans l’auditoire. De plus, poursuit le spécialiste, les serpents peuvent détecter les rayonnements infrarouges émis par la chaleur d’une proie potentielle située à proximité. Et ce système de détection thermique est très pointu: trois millièmes de différence de degré de chaleur leur suffisent pour déceler un être vivant à proximité. En clair, un serpent peut s’apparenter à une arme redoutable.

«Nous sommes ici pour apprendre les bons réflexes, car nous pouvons être confrontés à des reptiles», murmure Fabrice Rose, commandant du SDIS du Chablais. En Suisse, un ménage sur cinq aurait désormais un reptile chez lui. Seules les détentions de serpents plus long que 3,50 m, de reptiles venimeux et de crocodiles y sont soumises à autorisation.

La tension monte au moment de passer aux exercices pratiques. «Un serpent c’est une longue colonne vertébrale entourée de muscles et d’organes vitaux, résume Karim Amri, en exhibant un python de deux mètres. Pour le manipuler, il faut agir le moins brusquement possible.» Les participants s’exécutent, portant l’animal à tour de rôle, en y prenant même un certain plaisir: «Contrairement aux araignées, les serpents ne me font pas peur, confie Maude Privet, collaboratrice à la police cantonale.»

Les serpents peuvent être classifiés et reconnus par leur dentition, rappelle le spécialiste. Lorsque l’on voit des crochets, la méfiance s’impose. Car il s’agit d’un serpent venimeux. «Certains crotales peuvent déployer des crochets de 5 centimètres pouvant vous transpercer la main», ajoute-t-il, avant de présenter un cobra d’Egypte, dont la morsure asphyxie en général sa victime en un temps très court.

Les serpents tuent plus en Europe

Puis c’est un crotale fer de lance d’Amérique du Sud qui est extirpé de son repaire. Frémissements. «Ce serpent-là a bon caractère, glisse Karim Amri. Si ce n’était pas le cas, je ne l’aurais pas sorti. Le caractère d’un serpent a une forte influence sur le danger qu’il représente, en particulier sur la quantité de venin qu’il inocule lors de la morsure.»

Un peu rassurés, les participants manipuleront courageusement le terrifiant reptile avec une barre métallique, avant de soulever une petite vipère, avec un gant, cette fois-ci. Ils apprendront encore que les serpents tuent, toutes proportions gardées, deux fois plus en Europe qu’aux Etats-Unis, parce que les hôpitaux y sont moins bien équipés.

Créé: 14.02.2016, 13h20

Que faire en cas de morsure?

Que faire comme premier secours en cas de morsure d’un serpent? «Le mieux est d’en faire le moins possible», estime Karim Amri. A ses yeux, il est important d’éviter les manœuvres agressives pouvant hypothéquer le pronostic vital ou fonctionnel: «Il n’est pas judicieux de faire un garrot, une incision ou une cautérisation. Ces interventions sont rarement efficaces et souvent à l’origine de complications parfois redoutables. De même, il est inutile de se mettre à sucer une plaie, car le venin est injecté en général profondément.»

Selon le spécialiste, il s’agit avant tout d’enjoindre la victime à rester calme, de désinfecter la plaie et d’immobiliser le membre mordu avec une attelle. «En cas de douleur, on peut prendre du paracétamol», ajoute Karim Amri. Un œdème peut être traité par un anti-inflammatoire, des troubles neuromusculaires par des médicaments antihistaminiques et des difficultés respiratoires par des mouvements de respiration artificielle.

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