Son portefeuille plat, le château d'Aigle peine à grandir

AigleLe monument qui abrite le Musée de la Vigne et du vin cherche des moyens pour se renouveler.

Les expositions du château d’Aigle attirent 12 000 visiteurs par an. Un chiffre stable mais insuffisant pour permettre aux exploitants d’accroître son rayonnement.

Les expositions du château d’Aigle attirent 12 000 visiteurs par an. Un chiffre stable mais insuffisant pour permettre aux exploitants d’accroître son rayonnement. Image: Chantal Dervey

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C’est l’icône incontestée du Chablais. Le château d’Aigle mériterait pourtant d’être un peu plus visible. Le monument qui abrite le Musée de la vigne et du vin (MVV) et le Musée de l’étiquette attire environ 20'000 visiteurs par an. «Dont 12 000 personnes qui viennent pour nos expositions, le solde provenant des événements - fête médiévale, festival de BD… - et de la location de salles», précise le conservateur et directeur, Nicolas Isoz.

Un chiffre stable, selon ce dernier, mais insuffisant pour permettre au site d’accroître sa renommée: «Pour le développer comme nous l’entendons, il en faudrait le double», estime le président du MVV, Kurt Egli. Rénovés entre 2002 et 2009 pour 7 millions de francs, la forteresse et son espace muséal devaient attirer chaque année 30'000 visiteurs au moins, selon le souhait de son ancien président, le syndic Frédéric Borloz. Son successeur à la tête de l’Association pour le château d’Aigle, Frédéric Pernet, indique que la location de salle (30 à 40% du budget) a par ailleurs connu une baisse.

L’actuel président de l’Association pour le château d’Aigle nie toutefois l’existence d’une crise financière: «Ce monument connaît les mêmes difficultés que toutes les institutions de ce type en Suisse, mais la situation est sous contrôle.» Kurt Egli confirme. Mais il reconnaît et déplore: «Nous naviguons à vue. L’argent engrangé par chaque expo est injecté pour financer la suivante.» Pas de quoi permettre de planifier sereinement l’avenir. «Dans dix ans, c’est un projet à 2 millions de francs que nous devrions présenter pour offrir au château le rayonnement qu’il mérite», ajoute Kurt Egli.

La gestion de l’actuel directeur est-elle en cause? Pierre Schulthess, vice-président du MVV prend sa défense: «Nos finances serrées font que Nicolas Isoz doit aujourd’hui cumuler les casquettes. En tant que directeur, il gère l’opérationnel au quotidien. Or, en tant que conservateur, il devrait avoir le temps d’effectuer des recherches, de réfléchir à la mise en valeur des collections, ce qui n’est pas le cas.» Très attaché à ce musée, Nicolas Isoz reste philosophe: «On pourrait clairement faire mieux avec plus d’argent et de personnel. Mais c’est aussi la force de notre musée que de garder une taille humaine.»

En mai, le comité du Musée de la vigne et du vin s’en ira trouver la Municipalité pour la questionner sur l’avenir de l’édifice appartenant à la Commune: «Nous allons présenter un budget qui correspond à nos besoins et la questionner sur sa vision pour le futur du château et ses possibilités financières», explique Kurt Egli. Frédéric Borloz rappelle que la convention liant la Commune aux exploitants a été révisée l’an dernier «et la participation de la Ville augmentée à hauteur de 100'000 francs par an (Ndlr: soit 20 à 25% du budget annuel de l’institution).» L’édile n’exclut toutefois pas une aide ponctuelle sur des projets particuliers. «Ce qui est sûr, c’est que nous allons continuer à travailler l’aménagement du site pour accroître son attractivité.» L’idée d’une reprise par la Commune n’est pas envisagée. «Des études montrent que cette solution serait encore plus coûteuse.»

Un cercle vicieux?

En parallèle, les occupants continueront à serrer les budgets. Au risque de perdre des clients en offrant des expositions «au rabais»? «Ce n’est pas notre démarche, réagit Pierre Schulthess. Nous proposons des expositions de plus petite taille, c’est vrai. Mais nous nous efforçons de mettre en avant des thématiques qui parlent au public. L’actuelle expo consacrée à Burki est un bon exemple. Celle qui suivra, sur les 100 ans de l’étiquette des Murailles, en est un autre.» Et Nicolas Isoz d’ajouter: «Ces expositions, même de taille modeste, permettent de maintenir notre fréquentation à un niveau stable, ce qui ne serait pas le cas sans elles.»

Membre de la Confrérie de l’étiquette qui possède la plus vaste collection d’étiquettes de vin au monde (un demi-million de spécimens), Jean-Michel Borel abonde: «Les visiteurs reviennent si on leur propose une nouveauté. Ces petites expositions nous permettent d’être plus évolutifs. Mais il y a bel et bien des choses que nous devrons améliorer dans la communication. Nous y travaillons. Il s’agit d’une phase de transition. D’ailleurs, tout n’est pas au point mort: dès le mois de mai, nous travaillerons à la rénovation de la tour.» (24 heures)

Créé: 28.03.2018, 07h06

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