«Je vais pouvoir continuer à exercer sereinement mes fonctions»

JusticeLe litige qui opposait la procureure Camilla Masson à une ex-collaboratrice s’est terminé par une conciliation devant la Cour d’appel pénale.

La première procureure de l'Est vaudois Camilla Masson sort indemne de la procédure où elle était accusée de menaces.

La première procureure de l'Est vaudois Camilla Masson sort indemne de la procédure où elle était accusée de menaces. Image: Patrick Martin

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Un échange qui s’envenime au bureau, un téléphone au ton sec, un courriel à teneur menaçante… L’épisode houleux, sur fond de surcharge de travail, qui a opposé la première procureure de l’Est vaudois à une collaboratrice en décembre 2016 aurait pu trouver son épilogue quelques jours plus tard, une fois la pression retombée, autour d’un café proposé par la magistrate. Mais presque trois ans plus tard, c’est devant la Cour d’appel pénale, à Lausanne, que les deux femmes ont mis un terme au litige qui les a déchirées tout au long d’une procédure en justice.

D’abord condamnée à 5 jours-amendes avec sursis par un procureur extraordinaire, puis blanchie par le Tribunal de police de Lausanne, Camilla Masson s’était vu reprocher une tentative de contrainte et des menaces envers la gestionnaire de dossiers. La plaignante a porté l’affaire devant la Cour d’appel pénale, où la présidente, Aleksandra Fonjallaz, a reçu les parties ce mercredi dans un esprit d’apaisement.

Depuis le fameux café proposé à la veille de Noël 2016 par la procureure, la conciliation avait échoué à toutes les étapes du cheminement judiciaire. Elle a finalement abouti sous l’insistance empathique mais ferme de la juge cantonale: «Cette relation de travail entre deux personnes qui s’appréciaient s’est dégradée d’une manière disproportionnée en vous faisant beaucoup souffrir de part et d’autre, a-t-elle déploré. Il n’est pas trop tard pour passer à un autre mode de résolution des conflits. Bien souvent, les verdicts, qu’ils soient de culpabilité ou d’acquittement, ne satisfont pas les gens, car au fond ce n’est pas ce qu’ils souhaitent. Ce qu’ils espèrent vraiment, c’est la reconnaissance de leur souffrance.»

«Regrets sincères»

C’est finalement cette reconnaissance qui soldera l’affaire. Après deux allers-retours dans les pas perdus, les avocats ont pu se mettre d’accord sur une brève convention, dans laquelle la plaignante a obtenu, à défaut d’excuses, des «regrets sincères». En contrepartie, elle a retiré son appel. Très affectée, cette mère de famille, depuis installée dans un autre emploi, n’a pas souhaité commenter cet épilogue.

«Je vais pouvoir continuer à exercer sereinement mes fonctions», a pour sa part confié Camilla Masson au sortir de l’audience. Devant la Cour, elle a déclaré avoir «pensé chaque jour à cette affaire depuis trois ans. Si je n’ai pas voulu m’excuser, c’est parce que je n’ai pas commis de faute. J’ai tenu mon rôle de cheffe d’office.»

Créé: 25.09.2019, 16h50

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