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Un prototype valorise la force du Rhône

La HES Valais a mis à l’eau mercredi un nouveau type d’hydrolienne pour capter l’énergie du fleuve à la sortie de l’usine électrique de Lavey.

L’hydrolienne conçue par la haute école valaisanne a été mise à l’eau mardi. La phase de tests durera jusqu’en juin. Quatre mois durant lesquels les concepteurs du prototype mesureront les performances de l’engin.

En amont: l’usine hydroélectrique de Lavey, capable de produire 400 GWh, soit l’énergie nécessaire à 100'000 ménages. En aval, un engin de 4 m de long plongé mercredi dans les eaux du Rhône et d’une puissance de 1 kWh. Une goutte d’eau dans l’océan?

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Ce prototype d’hydrolienne imaginé à la HES-SO Valais par la professeure Cécile Münch et son équipe fonctionne à l’image d’une éolienne. Immergée, solidement arrimée à une structure de métal, elle capte et concentre le flux de l’eau pour le transformer en énergie mécanique par le biais d’une hélice, puis électrique grâce à un alternateur (voir ci-dessus). Déjà utilisé pour capter l’énergie cinétique des marées, ce type d’engins est rare dans les fleuves. «Il y a un projet de 30 hydroliennes sur le Rhône à l’aval du Léman, note la professeure Cécile Münch. Mais, globalement, il n’est pas simple pour l’heure de rendre ces projets rentables.»

Des fermes fluviales

Avec sa faible puissance, l’engin fait petite figure face aux installations de Lavey. Ses concepteurs sont pourtant convaincus du potentiel de leur prototype, développé pour seulement 200'000 francs, financés par l’Office fédéral de l’énergie, la fondation valaisanne The Ark et la HES-SO Valais. «Il s’inscrit parfaitement dans la stratégie nationale de transition énergétique: il s’agit d’une ressource totalement renouvelable, décrit Cécile Münch. Son installation ne demande que très peu de travaux de génie civil, elle a peu d’impact paysager. On peut l’installer sur n’importe quel cours d’eau suffisamment profond et possédant un flux d’au moins un m/s.» Des études environnementales devront toutefois être réalisées pour vraiment cerner l’impact sur la faune piscicole.

Une fois immergée, l'hélice sera mue par le courant du canal de fuite de l'usine de Lavey. Photo: Chantal Dervey
Une fois immergée, l'hélice sera mue par le courant du canal de fuite de l'usine de Lavey. Photo: Chantal Dervey

Seul hic donc: le faible rendement d’une hydrolienne isolée. «C’est pour cette raison que nous envisageons la création de fermes d’hydroliennes. On peut imaginer l’alignement d’une dizaine d’hydroliennes sur la section du canal de fuite de l’usine de Lavey. Et d’une dizaine de plus en aval. En ciblant uniquement les sites déjà exploités pour en valoriser l’énergie cinétique résiduelle, on estime un rendement de 90 GWh dans tout le pays.»

Et Gaëtan Chérix, directeur de la Haute Ecole valaisanne d’ingénierie, d’ajouter: «Alors que l’hydroélectrique constitue 65% de la production suisse, 5% proviennent de la micro-électricité. On peut améliorer ce chiffre en développement des produits capables d’aller chercher l’énergie là où elle se trouve.»

En amont de l'hydrolienne, on effectue des mesures de la vitesse des eaux avec un modèle réduit de bateau. Photo: Chantal Dervey
En amont de l'hydrolienne, on effectue des mesures de la vitesse des eaux avec un modèle réduit de bateau. Photo: Chantal Dervey

La phase de test de l’hydrolienne durera jusqu’en juin. Quatre mois durant lesquels les chercheurs auront pour tâche de mesurer les performances de leur machine et de les confronter aux simulations réalisées jusqu’ici. «Si les résultats sont conformes à nos attentes, nous pourrons imaginer la création d’une start-up et la commercialisation», estime Cécile Münch. Dans le meilleur des cas à partir de 2019.

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