«Le Régional» s’allie à Hersant pour se relancer

PresseEn difficulté financière, l’hebdomadaire annonce un nouvel actionnaire: ESHMédias, antenne suisse de l’éditeur.

Stéphanie Simon déplore des chiffres mauvais en termes de pub et d’annonces.

Stéphanie Simon déplore des chiffres mauvais en termes de pub et d’annonces. Image: CHANTAL DERVEY

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Pour «Le Régional», 2020 sera l’année du 1000e numéro et de ses 25 ans. Plus encore, l’hebdomadaire gratuit basé à Vevey, en quête de capitaux, entrera dans une nouvelle étape clé de son parcours: après l’ère Edipresse, puis Tamedia (éditeur de «24 heures»), suivie de quelques années d’indépendance totale, le voilà qui opère un rapprochement avec l’éditeur Hersant via sa filière suisse ESH Médias («Le Nouvelliste», «La Côte», «Arc-Info»). Le nouvel actionnaire minoritaire imprimera le journal dans son centre de Monthey et «vendra» le journal aux annonceurs via sa propre régie de publicité dès le 1er janvier. L’annonce de ce rapprochement suit de peu celle d’un projet d’hebdomadaire gratuit dans le Chablais en partenariat avec «Le Nouvelliste», financé par les Communes. Les prémices d’une reprise totale? Le point avec Stéphanie Simon, directrice du «Régional».

Quelles sont les raisons de ce rapprochement?
Comme nombre de médias écrits, nous cherchons des solutions financières. Notre situation est fragile depuis 2015, à la suite du retrait de Tamedia et la reprise du journal par notre équipe. Nous sommes arrivés à une étape où il nous faut recapitaliser. Nous avons donc approché plusieurs partenaires potentiels – il n’y en a pas tant que ça –, dont ESH Médias. Ce rapprochement nous permet de lancer des projets très motivants après des années de difficultés où il a fallu serrer les boulons.

Pourquoi ESH Médias au final?
Notamment pour les économies sur la facture d’imprimerie (ndlr: «Le Régional» est actuellement imprimé au Centre d’impression Lausanne, propriété de Tamedia). Elles sont importantes, même si nous ne dévoilons pas de chiffres. C’est un partenaire qui nous a semblé logique, étant donné qu’il est actif dans notre bassin de diffusion. Enfin, ESH Médias s’est tout de suite dit intéressé par une capitalisation minoritaire, là où d’autres auraient voulu tout ou rien.

À quelle hauteur s’élève la part de capitalisation?
Une fourchette a été convenue, mais il est trop tôt pour en parler ou donner un chiffre précis. Nous nous laissons jusqu’à mars pour approcher nos actionnaires actuels et en démarcher d’autres. À ce moment-là nous verrons.

Outre l’impression, un autre changement de taille vous attend au 1er janvier: votre équipe de publicité intègre Impactmedia, qui travaille avec ESH.
Quand nous avons commencé à voir quelles synergies étaient envisageables, il a bien fallu admettre que la gestion d’un département pub, qui assure le gros de nos revenus, était un gros morceau. Nos chiffres en termes d’annonces et de publicité sont en souffrance. Pas sur les clients ultralocaux, qui marchent bien et auprès desquels nous continuerons de jouer notre rôle, mais sur les annonceurs nationaux qui ont réduit la voilure. Impactmedias, qui est née dans la foulée de la disparition de Publicitas, nous a proposé des solutions rassurantes. Notamment une équipe qui reste en place à Vevey, tout en nous offrant une structure plus solide.

Dans un second temps, vous affichez aussi des ambitions dans le numérique.
Nous avons assez peu de compétences dans le domaine et il sera bienvenu de pouvoir nous appuyer sur celles d'ESH. Nous parlons notamment d’un site internet digne de ce nom, avec des actualisations deux ou trois fois par semaine. Cela veut dire que nous allons engager, fait rare dans le monde de la presse par les temps qui courent.

Est-ce à dire qu’il n’y aura aucun licenciement?
Si toute cette opération de recapitalisation a été amorcée, c’est dans le but de garantir l’équipe actuelle et de produire ce journal en conservant nos exigences de qualité.

Quand on entend tout cela, on ne peut s’empêcher d’y voir un premier pas vers une reprise totale. Est-ce la volonté d’ESH Médias?
Cela n’est pas apparu dans les discussions. ESH va entrer au conseil d’administration avec des vœux, mais aussi la volonté affichée de conserver l’esprit de l’entreprise, de miser sur ce qui fait notre force. Pour ce qui est de savoir ce qui se passera à terme, c’est difficile à dire.

Créé: 18.11.2019, 06h58

Historique

Un tirage multiplié par 10 en 25 ans

1995 Création du journal gratuit bimensuel à Lutry, avec un tirage de 13000 exemplaires qui croît progressivement jusqu’à 30'000.

2004 Le journal devient hebdomadaire et passe de 30'000 à 90'000 ménages. «Le Régional» est distribué sur la Riviera.

2008 Edipresse (repris en 2011 par Tamedia) entre dans le capital et le titre s’étend.

2015 Tamedia se retire et «Le Régional» vole de ses propres ailes.

2019 Hersant, via sa filière ESH Médias, devient actionnaire minoritaire pour relancer le titre.

2020 «Le Régional» fêtera ses 25 ans. Il est distribué dans 126'000 ménages. Son 1000e numéro sortira le 11 juin.

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