«Mon remplacement? Un challenge démocratique que le PLR doit relever»

PolitiqueLe timing du départ du municipal veveysan met son parti sous pression. L'enjeu? Le maintien du seul siège de droite. L'élu s'en explique.

Étienne Rivier voit l'avenir du PLR et de la future composition municipale avec sérénité.

Étienne Rivier voit l'avenir du PLR et de la future composition municipale avec sérénité. Image: Chantal Dervey

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Au lendemain de l’annonce très formelle devant le Conseil communal, Étienne Rivier, municipal PLR des Finances, revient à bâtons rompus sur les raisons personnelles qui l’ont amené à décider de se retirer de la politique au 31 juillet prochain. En toute décontraction et en toute sérénité. «Vous savez, je suis médecin en gériatrie et je sais ce qu’est le vieillissement, lance-t-il en guise de boutade. J’aurai 75 ans en avril et je n’ai plus l’agressivité et l’acuité nécessaires pour assumer cette tâche qui requiert beaucoup de qualités et à laquelle j’ai donné l’essentiel de mes compétences et de mon temps.»


Lire aussi: Une Municipalité «puissance 7» à Vevey


L’ancien conseiller communal libéral durant deux législatures et municipal PLR depuis 2011 ne nie pas avoir traversé deux législatures chahutées et pesantes à l’Exécutif. La première avec deux démissions en cours de route sur fond de tensions – les socialistes Marcel Martin et Annick Vuarnoz. La seconde avec les suspensions, en 2018, du socialiste Lionel Girardin, soupçonné de gestion déloyale de biens publics et toujours absent, et des Vevey Libre Jérôme Christen et Michel Agnant – réintégrés en novembre dernier – pour des accusations de violation de secret de fonction.

«Il reste des abcès à crever»

Une crise sans précédent au sein de la Municipalité «avec des ruptures violentes qui ont monopolisé nos ressources intellectuelles et notre énergie créatrice». Et de continuer: «Il reste quelques abcès à crever et il faut que nous le fassions. J’ai encore six mois de mandat devant moi et j’aimerais que nous fassions un pas en avant.»

C’est ce contexte, et le souci de ne pas quitter un navire en perdition, qui a convaincu Étienne Rivier de prolonger au-delà de ce qu’il avait annoncé au moment de sa réélection en 2016: rempiler pour la cause du PLR oui, mais jusqu’à la fin de la Fête des Vignerons, qui s’est conclue en août dernier. «Cette même problématique de la Fête et ses aspects financiers pour la Ville m’ont convaincu de prolonger, je voulais les régler avant de partir.»

Quand bien même Étienne Rivier avait posé ses conditions, les pressions du PLR n’ont pas manqué pour qu’il joue les prolongations jusqu’à la fin de la législature. Il s’agit pour le parti d’éviter une élection complémentaire à haut risque pour le seul siège de droite à l’Exécutif. En effet, un départ moins de six mois avant la fin de la législature (30 juin 2021) n’aurait pas nécessité de remplacement avant le scrutin. Manqué: l’élection complémentaire aura lieu ce printemps, vraisemblablement le 17 mai. «Mon groupe a râlé mais, au vu de ma fermeté, a fini par accepter mes raisons. Par ailleurs, d’entente avec mes collègues municipaux, j’ai dû admettre qu’un Exécutif à trois personnes durant plusieurs mois jusqu’aux prochaines élections aurait été périlleux.»

«Un risque à courir»

Étienne Rivier assume et va même plus loin: «Je tenais à cette complémentaire. Oui, le risque de la perte de ce siège existe, mais c’est un risque démocratique qu’il faut courir. Ne pas avoir le courage de l’affronter serait un très mauvais signal. Du reste, je sais qu’il y a des candidats, des forces nouvelles qui vont apparaître.»

Duel en vue

Qui? Il ne pipera mot. Patrick Bertschy, ténor du PLR, n’est pas partant, peut-être pour mieux revenir aux élections régulières de 2021. Philippe Herminjard, président du parti, est un papable. Christophe Ming, actuel président du Conseil communal, avoue y réfléchir. Une assemblée du parti sur la question est prévue à la fin du mois. Étienne Rivier considère que «la population a voulu un PLR à la Municipalité en 2016 et il me semblerait élégant et cohérent qu’il soit remplacé par un PLR».

Rien n’est moins sûr toutefois. Décroissance-Alternatives pourrait être tenté de briser les équilibres en place. Un scénario que de nombreux élus jugent probable. Si la formation d’extrême gauche évite de s’avancer trop loin à ce stade, elle ne cache pas son intérêt. Mais officiellement rien ne sera décidé avant les discussions du 10 février à l’interne, et aussi entre les partis. Yvan Luccarini, député (Ensemble à Gauche et POP) et deux fois malheureux à une élection à la Municipalité, paraît le candidat naturel, «mais d’autres options ne sont pas exclues», admettait ce jeudi Alain Gonthier, conseiller communal.

Quant aux autres formations, elles ne semblent pas vouloir tenter le diable ce printemps. Selon Bastien Schobinger (UDC), «rien n’est arrêté, mais peu de monde se presse au portillon, et sans l’appui du PLR, cela semble voué à l’échec, autant attendre les élections de 2021». Pascal Molliat (Vevey Libre) juge lui aussi qu’une candidature de son parti à ce stade serait «précipitée». «Une élection d’un Décroissance-Alternatives est tout à fait envisageable, poursuit-il, ce qui amènerait un nouvel équilibre au sein de la Municipalité, pour ne pas dire un déséquilibre. Et en tant que centriste, je suis plutôt partisan de l’équilibre. Mais est-ce que cela ne contribuerait pas à débloquer la situation actuelle, avec une meilleure prise de décision?»

Pour Jean-Marc Roduit, PDC et membre de l’Entente veveysanne avec le PLR et l’UDC, «l’élection d’un Décroissance-Alternatives serait une catastrophe». Antoine Stubi (Les Verts), au contraire, ne rechignerait pas à voir la Municipalité basculer à gauche «dans la mesure où, sur les gros dossiers, nous nous retrouvons beaucoup avec Décroissance-Alternatives». Même analyse au PS: «Même si le PLR, au vu du nombre d’élus au Conseil communal, peut légitimement prétendre à un siège, un basculement à gauche serait évidemment positif et un bon signe en vue des élections de 2021, qui seront le vrai test», selon Muriel Higy-Schmidt, conseillère communale et présidente de parti.

Étienne Rivier craint-il le «scénario catastrophe»? En fervent démocrate, l’élu ne le verrait pas comme tel et s’en remet à la volonté des électeurs. «Et si cela devait arriver, au vu de la décision de jeudi soir au Conseil communal de passer de 5 à 7 le nombre de municipaux dès la prochaine législature, le PLR a toutes les chances d’y être représenté au 1er juillet 2021.»

Créé: 31.01.2020, 12h53

Articles en relation

Étienne Rivier lâchera son siège veveysan le 31 juillet

Vevey L’élu PLR a annoncé sa démission ce jeudi au Conseil communal. Son remplaçant sera désigné le 17 mai. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.