Rire à la Fête des Vignerons, c’est bon pour la santé

Fête des VigneronsAvec les dessins de Burki et «La p’tite Fêvi» de Benjamin Cuche, l’humour a aussi son mot à dire cette année à Vevey .

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Une femme noyée dans les excès de graisse d’un hamburger, portée en pâture à quelques tribuns rigolards… il y a quelques années, André Paul s’était fait tout un dessin de la mise en scène de la future Fête des Vignerons. Mais en bien meilleur crobardeur qu’oracle! Portant les femmes dans son cœur, le spectacle 2019 ne lui a pas vraiment donné raison, par contre il a sorti de la cave quelques traits d’humour plus ou moins plats distillés par les trois Docteurs.

On a donc aussi envie de sourire à Vevey, ce qui n’a pas toujours été le cas dans l’histoire de la grand-messe vigneronne. Les caricatures sont rares et la planche signée par Ferdinand Hodler en 1899 dans un journal comique genevois (voir l'image ci-dessous) n’est pas très connue. Le peintre s’amusait des péripéties d’un citoyen du bout du lac contraint de «mettre quelque chose au clou» pour pouvoir s’offrir un billet!

Environnement protestant

«L’environnement de la Fête est protestant, ne l’oublions pas, rappelle Sabine Carruzzo-Frey, historienne et secrétaire générale de la Confrérie des Vignerons. C’est la solennité qu’on cherchait, on voulait de la dignité dans cette cérémonie. Il faut donc attendre le XXe siècle pour voir la première touche d’humour dans le spectacle et elle repose sur les formes généreuses de Silène, ce personnage bedonnant juché sur un petit âne et dont l’état d’ébriété fait rire.

En 1977, ça passait encore bien; en 1999, déjà un peu moins et aujourd’hui, ça ne passerait plus. C’est d’ailleurs intéressant de constater ce déplacement.»

Mais en grand incontournable de ces dernières décennies, l’humour n’a pas pour autant flanché, même conscient de s’attaquer à un événement dont une région entière se sent un peu copropriétaire. En 1999, François Silvant monte «La Fête de la Vigneronne», qu’il jouera plus de 230 fois alors que Lova Golovtchiner cartonne la même année avec «Vous ne pouvez pas mettre la Fête des Vignerons moins fort?»

Cette fois, c’est Joseph Gorgoni qui s’y colle sur les scènes romandes, en Marie-Thérèse flanquée de la jeune garde de l’humour.

Alors que Christophe Bertschy a précédé l’événement d’une série de dessins publiés dans un ouvrage et dans nos colonnes. «Est-ce qu’il y a un humour vigneron? C’est possible, probable même. Je pense évidemment à Gilles et j’ai aussi des dessins d’André Paul en tête. Mais je me suis plutôt intéressé à la comédie humaine, à ces petites choses amusantes qui peuvent se passer dans une ville qui se prépare à un tel événement. Et j’ai des devanciers prestigieux, Burki, Mix & Remix, André Paul. J’aurais adoré les voir sur cette Fête, sur cette concentration incroyable de traits humains, mais voilà… Alors, il fallait bien que quelqu’un s’y colle.»

Un dôme pour sourire

Raymond Burki est aussi au rendez-vous dans un dôme (en photo ci-dessous) qui fait le plein à quelques mètres de l’arène. Ses tronches, ses vedettes, les Daniel Brélaz, Bertrand Piccard, Federer, Constantin, Godard, Morisod affranchis de la bidimentionnalité d’une page de journal prennent une autre épaisseur. Ils vivent grâce à la réalité augmentée et Yann Lambiel leur donne une voix si complice avec les traits de génie de Burki. On rit, on sourit – émus aussi – de retrouver le dessinateur de «24 heures» si vibrant dans un contexte qu’il affectionnait.

«Lavaux, le patrimoine, le vin, c’est une thématique que mon père appréciait, souffle Stanislas Burki. Il a dessiné 1977, 1999 et au-delà, il a beaucoup travaillé sur des étiquettes de vin. Mais de voir ses dessins bouger dans cet événement extrêmement populaire et familial, c’est encore autre chose. C’est l’envie de partager l’œuvre globale de mon père en touchant les jeunes avec d’autres formes d’écriture.»

Toucher mais aussi un peu égratigner, c’est également l’envie de Benjamin Cuche. Dans sa Fabrik transformée en caveau officiel, l’humoriste déclare ses intérêts: il est fan inconditionnel de la Fête et il voulait la faire… à sa manière. «Un peu comme un enfant qui a envie de faire la même chose que les grands.»

«La p’tite Fêvi»

Le Veveysan d’adoption a donc créé «La p’tite Fêvi», spectacle qu’il donne tous les soirs. «C’est une Fête qui fédère tellement de monde, d’ailleurs, on en devient presque Valaisans tellement c’est clanique! Maintenant, je ne sais pas si la Fête appelle l’humour mais c’est une vraie mine d’or. Les paroles qu’on entend le mieux, c’est «retour à l’essentiel», et en face il y a cette débauche de moyens techniques: c’est fantastique! D’ailleurs moi aussi j’ai mes arènes, enfin une partie, et mon plancher LED, sauf qu’il s’appelle L’aide…»

Créé: 24.07.2019, 20h10

Infos pratiques

Dôme Burki
quai Maria-Belgia
(en boucle, 11h-23h)

«La p’tite Fêvi»
(25 francs), La Fabrik,
rue des Communaux 35 (21h30)

Articles en relation

La Fête des Vignerons croquée par Bertschy

Dessin Le papa du diablotin Nelson livre chaque semaine à «24 heures» des dessins sur la manifestation veveysanne. Découvrez-les dans notre galerie. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 21 janvier 2020
(Image: Bénédicte) Plus...