Pour son skatepark, La Tour a fait appel à des consultants à roulettes

Sport urbainDerrière le projet boéland des Marronniers accepté mercredi au Conseil communal se cache un groupe de passionnés: La Méclette. Présentation.

Hugo Chalifour (à g.) et Fabio Jimenez ont contribué à dessiner le futur skatepark.

Hugo Chalifour (à g.) et Fabio Jimenez ont contribué à dessiner le futur skatepark. Image: Patrick Martin

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Il aura fallu négocier ferme avec Fabio Jimenez pour qu’il accepte d’être pris en photo sur sa planche avec ses chaussures de ville plutôt que les shoes attitrées pour pratiquer son sport favori. On est skateur dans le sang ou on ne l’est pas. En l’occurrence, lui et les onze autres membres fondateurs de l’association La Méclette sont des férus de slides et de grinds depuis gamins.

La plupart d’entre eux avaient l’habitude de se retrouver à la rue du Lac à Vevey, chez Boarder King, enseigne de référence de Vevey, disparue en janvier 2017. Le groupe décide alors de créer son propre matériel griffé par des artistes locaux pour parader à l’Empire Skate Building de Montreux ou dans la cour du Collège Jean Kratzer à Vevey.

La Méclette? Le terme signifie «mélange» ou «tambouille» en bon romand. Il évoque en la circonstance un amalgame de parcours hétéroclites. Un joyeux petchi au service d’un certain esprit du skate. Une mixité qui ne veut rien savoir des stéréotypes véhiculés par le cinéma. «Celui du gaillard aux ongles noirs et pantalons troués qui n’en a rien à foutre de la société», lance Hugo Chalifour, électricien de formation de 28 ans, en stage d’éducateur social, et un accent québécois à couper au couteau.

La Commune de La Tour-de-Peilz ne s’y est pas trompée en faisant appel à l’association au moment d’étudier un skatepark dans la cour du Collège des Marronniers. Ce dernier a été avalisé par le Conseil communal mercredi soir en même temps que les 286 000 fr. nécessaires à sa construction (montant qui comprend le coût de la nouvelle surface du terrain de basket principal). «Un de nos statuts dit que nous voulons promouvoir le skate sur la Riviera. Donc nous avons sauté sur l’occasion d’aider une collectivité», reprend Hugo.

Certains des membres avaient déjà pris part à l’élaboration d’un projet de «skate plaza» au parc Roussy en 2014. Celui-ci s’était fracassé sur une quarantaine d’oppositions lors de la mise à l’enquête et sur une pétition de 2000 signatures.

Sans regrets toutefois. Car le skatepark à venir est plus abouti à ses yeux. Le parc, destiné aux mordus de planche à roulettes, BMX, trottinette et rollers, se déclinera en trois parties: des bancs en béton autour des arbres, deux structures en béton et granit de part et d’autre de l’entrée du collège et des aménagements autour des petits escaliers à l’est du bâtiment.

Le tout sera opérationnel cet été. Et accessible aux skateurs comme aux badauds: «Les gens imaginent tout de suite des rampes partout, explique Fabio, 32 ans, conducteur de travaux de génie civil. On rentrera au contraire dans ce skatepark sans s’en rendre compte. S’il n’y a plus de skate dans dix ans, les modules resteront utiles pour s’y asseoir.» Et Hugo d’ajouter: «On revient à la base du skate, un sport libre, dans un périmètre non défini, sans marquage.»

Les deux compères imaginent même un contest romand. «On se connaît tous et je suis sûr qu’un skatepark comme celui des Marronniers attirerait des gens de partout», s’enthousiasment-ils.

Une expertise «utile»

La Méclette a pris goût à jouer les consultants. Remettre ça pour des projets à venir, comme celui à construire à Blonay ce printemps dans le jardin du parc Mon Foyer, ne la dérangerait pas. Bien au contraire, elle considère d’ailleurs que son expertise s’avérerait «utile» au vu de certains exemples dans la région «mal pensés», juge Fabio.

«Les communes ont le souci de faire des trucs biens pour les jeunes et parfois avec eux, mais sans consulter des gens qui s’y connaissent vraiment, ajoute son collègue. Le matériel proposé par les fournisseurs n’est en outre pas toujours la panacée. Pour avoir pas mal fréquenté certains lieux de skate en Europe, on voit ce qui se fait de bien dans les villes phare, Barcelone par-dessus tout.» (24 heures)

Créé: 10.02.2018, 11h44

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