La Tour-de-Peilz économise sur l’accueil de jour

Petite enfanceLe «piquet» de l'UAPE prévu en juillet est annulé «pour raisons budgétaires». Des élus dénoncent des coupes sur le dos des familles.

Sur fond de mesures d'économies, l'accueil de jour à La Tour-de-Peilz est un dossier épineux.

Sur fond de mesures d'économies, l'accueil de jour à La Tour-de-Peilz est un dossier épineux. Image: Lucien Fortunati

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La joie aura été de courte durée pour les parents de La Tour-de-Peilz. Fin août, ceux-ci se voyaient signifier qu’un «piquet» de trois semaines en juillet 2017 leur permettrait de placer leurs enfants dans l’une des quatre UAPE locales en plus des semaines habituelles de Pâques et de Noël. Or, dans un courrier de février, la Fondation des structures d’accueil de l’enfance annonçait renoncer à cette prestation, ainsi qu’à la semaine de février instaurée il y a une année.

Raison invoquée: un budget trop serré. Etant donné le refus d’une hausse d’impôts de trois points par voie de référendum en novembre, les élus ont été appelés à des choix douloureux. Parmi ceux-ci, la réduction de 660 000 francs (sur 3,9 millions) de la participation de la commune au réseau intercommunal REVE, qui gère les structures d’accueil de Chardonne, Corseaux, Corsier, Jongny, La Tour-de-Peilz et Vevey. C’était sans compter sur le fait que cette coupe budgétaire serait annulée: par voie de convention, La Tour-de-Peilz est en effet tenue de s’acquitter de sa part du financement.

Chauds débats au Conseil communal

Sur le fond, la socialiste Sandra Glardon a vu rouge au Conseil communal du 3 mai: «Je suis une mère fâchée, même si je ne suis pas directement impactée par ces semaines annulées. Ce sont des économies très mal placées, qui plus est sans proposer de solutions de substitution!»

Son camarade de parti Jean-Yves Schmidhauser a quant à lui tiqué sur une tournure du courrier de la Fondation: «Pour des mesures d’économie souhaitées par le Conseil communal». «Non seulement la réduction de la participation communale a été annulée, mais l’intention de cette diminution était de maintenir les prestations existantes sans en ajouter de nouvelles, et certainement pas d’en supprimer!» Une intervention applaudie par une grande majorité du plénum, tous partis confondus.

Le Municipal Olivier Wälchli, en charge de l’accueil familial de jour, réfute toute baisse de prestations: «On parle de l’annulation d’une offre qui n’était pas encore entrée en vigueur. Par ailleurs, la décision de supprimer la semaine de février est motivée par des raisons d’effectifs: il n’y avait pas assez d’enfants inscrits, à tel point qu’en 2017 elle n’a pas eu lieu».

Train d’économies évité

Séraphin Reuse, directeur général de la Fondation des structures d’accueil de l’enfance, admet toutefois que son courrier de février est parti dans le contexte de la première décision: «Le mandat premier était d’économiser 660 000 francs et il fallait bien couper quelque part, nous avons commencé là où cela fait le moins mal. A ce moment-là, il était question d’un train de mesures d’économie pour environ 100 000 francs, mais compte tenu de l’invalidation de la décision du Conseil communal, il a été abandonné.»

L’annulation des semaines de juillet équivaut à une économie de 10 000 francs. Combien de parents intéressés par cette offre seront-ils lésés au final? «Nous ne savons pas, nous n’en sommes pas arrivés à l’étape de l’inscription, selon Olivier Wälchli. Mais si l’un ou l’autre contacte la commune, nous l’aiguillerons vers des solutions annexes.»

Reste une question: pourquoi avoir persisté à annuler ces semaines si la baisse de budget n’a pas été validée? «Le message du Conseil communal reste clair: il a considéré que le réseau coûtait trop cher, même si la hausse régulière des factures est liée à l’agrandissement du réseau, lance Séraphin Reuse. La consigne pour la fondation reste de comprimer les coûts et de s’éviter un coup de fouet plus fort encore l’an prochain. Voire pire: que La Tour-de-Peilz demande à quitter le réseau.» Une perspective que Nicole Rimella, présidente de la fondation, qualifie «d’extrêmement dommageable» si elle se devait se réaliser. (24 heures)

Créé: 16.05.2017, 14h05

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