A La Tour-de-Peilz, un portail fermé hérisse les partisans du sentier

UrbanismeInvoquant la loi sur le marchepied, les défenseurs du futur chemin piétonnier au bord du lac saisissent la justice.

Le portail tout neuf a été installé et verrouillé l’été dernier, à l’extrémité ouest de la plage de la Maladaire.

Le portail tout neuf a été installé et verrouillé l’été dernier, à l’extrémité ouest de la plage de la Maladaire. Image: Chantal Dervey

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A La Tour-de-Peilz, on est encore loin de relier à pied et au bord du lac la plage de la Maladaire à celle de La Becque. Selon les projections les plus optimistes, ce projet, pourtant accepté par 55% des votants en 2010, ne verra pas le jour avant 2020.

Un délai qui irrite au plus haut point les défenseurs du futur sentier piétonnier. Regroupés au sein de l’Association des rives du lac (ARL), ils pointent du doigt les autorités communales, accusées de jouer la montre pour ménager les intérêts des 28 propriétaires qui vivent le long du tracé. Et depuis quelques mois, c’est la fermeture d’un portail situé à l’extrémité ouest de la plage de la Maladaire qui hérisse les membres de l’association. La porte grillagée, en place depuis plusieurs années, avait été démontée lors des gros travaux menés dernièrement dans le secteur: les ouvriers ont en effet construit là la station de pompage du nouveau réseau de chauffage à distance de la ville. Une fois le chantier achevé, un portail flambant neuf a été installé et verrouillé. Ce qui fait bondir les militants de l’ARL. «Le nouveau portail, plus large que le précédent, a été mis en place l’été dernier. C’est tout à fait contraire à la loi sur le marchepied, qui stipule qu’il doit être laissé, le long de la rive et sur une largeur de 2 m, un espace libre de tout obstacle», tempête Geneviève Pasche, présidente de l’association.

Elle ajoute que plusieurs courriers ont été échangés avec les autorités, sans obtenir satisfaction. «N’ayant pas obtenu de réponse fondée du point de vue juridique ni politique, nous avons menacé la Municipalité d’une action judiciaire.»

Le Canton répondra

Ce qui vient d’être fait: l’avocat de l’association a déposé un recours pour déni de justice auprès de la Cour de droit administratif et public. L’ARL a donc préféré solliciter les juges du Tribunal cantonal plutôt qu’empoigner la pince coupante pour cisailler le portail, comme l’avait fait le bouillant président de l’Association Rives publiques à La Côte en juin 2012. «Il y a quand même d’autres moyens d’intervenir. Nous souhaitons, pour l’heure, éviter ce genre de méthode, à laquelle nous ne recourrons qu’en dernière extrémité», indique Geneviève Pasche.

Municipale de l’Urbanisme, Nicole Rimella souligne que le portail n’a pas été posé par les autorités, mais par l’entreprise en charge des travaux, une fois ceux-ci terminés. «Il n’appartient pas à la Commune d’installer ou de verrouiller ce portail qui se situe sur une parcelle privée. Maintenant, il nous semblait logique que le propriétaire du terrain concerné demande à l’entreprise qu’elle réinstalle une nouvelle grille après le chantier.» Confrontée aux récriminations de l’ARL, la Municipalité s’est tournée vers l’Etat de Vaud. «Nous avons demandé au Canton de prendre position sur cette question. Nous attendons une réponse», précise Nicole Rimella.

Autorités divisées

A la Maison de Commune, le projet de sentier lacustre divise toujours des autorités taxées, une fois encore, «d’immobilisme» par les partisans du projet. «Nous mettrons tout en œuvre pour faire enfin bouger les choses», insiste Geneviève Pasche, rappelant qu’en septembre dernier l’ARL avait présenté sa propre étude de faisabilité. «Il s’agit d’un projet modeste avec un coût très raisonnable de 1,5 million de francs .» (24 heures)

Créé: 23.01.2016, 10h53

Rives publiques: Les recours avant la cisaille

En 2012, invoquant la loi sur le marchepied, Victor von Wartburg avait cisaillé 2,5 m de clôture métallique à Tannay. Le président de l’Association Rives publiques avait été condamné dans un premier temps, avant d’être blanchi par le Tribunal cantonal. L’affaire aura néanmoins coûté quelque 20'000 fr. à l’association, note Victor von Wartburg, mis au courant du recours déposé à La Tour-de-Peilz. Le remuant militant souligne néanmoins qu’il convient d’avoir épuisé toutes les voies juridiques avant d’empoigner la pince-monseigneur.

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