Le train qui ne voulait pas mourir fête ses 100 ans

Aigle-Sépey-DiableretsMalgré de multiples déboires au cours de son existence, l’ASD atteint un siècle de vie. Fraîchement retapé, il va fêter ça

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«S’il est un chemin de fer qui possède un supplément d’âme et bénéficie d’un fort capital-sympathie au sein de la population, c’est bien l’ASD», lance Claude Oreiller, directeur des Transports publics du Chablais (TPC). Contre toute attente, la ligne Aigle-Sépey-Diablerets (ASD) s’apprête à fêter ses 100 ans.

Longtemps menacé de fermeture, victime de nombreux déboires, mal-aimé de la Confédération, qui l’a longtemps privé de ressources financières vitales, il a surmonté les pires épreuves. Mais, désormais fraîchement remis à neuf, le «petit train qui refuse de mourir», comme il a longtemps été surnommé par le passé, va faire l’objet de nombreuses cérémonies publiques les 2 juillet au Sépey, le 4 juillet à Vers-L'Eglise et le 5 juillet à Aigle.

Un réel patrimoine
Pour Frédéric Borloz, président des TPC, syndic d’Aigle et député PLR, l’ASD est tout simplement «un train pas comme les autres»: «Tous les bords politiques ont soutenu cette ligne lorsqu’elle était en proie à de gros problèmes financiers. On voit même maintenant des gens traverser le canton juste pour voir et monter à bord de ce train qui a été tellement controversé. L’ASD fait partie de notre patrimoine.»

Conséquence, la fréquentation de l’ASD est dans une tendance haussière et a atteint 260 000 voyageurs en 2013. «Ce qui est remarquable, compte tenu des importants chantiers de rénovation qui ont engendré des fermetures de la ligne», glisse Claude Oreiller. Ce dernier ne peut s’empêcher d’évoquer l’année 2005, quand le Conseil fédéral Hans-Rudolf Merz a annoncé vouloir réduire les subventions accordées aux lignes régionales, et donc à l’ASD. «J’avais annoncé à notre personnel la possible fin de l’exploitation. Mais nous avions pris l’engagement de ne licencier personne.» Dès 2008, les crédits-cadres sont revenus. Et ont permis d’entamer la rénovation de la ligne, qui s’achèvera le 20 juin prochain.

Aujourd’hui, le ciel est bleu. L’ASD roule. Et les soucis financiers relèvent du passé. Frédéric Borloz tient néanmoins à se replonger dans l’histoire de ce petit train: «Avant qu’il n’existe, s’en aller au Diablerets constituait une véritable aventure. Il faut vraiment rendre hommage aux ouvriers qui ont construit cette ligne dans des conditions extrêmement difficiles. Et qui ont permis à la vallée des Ormonts de s’ouvrir au monde.»

Un petit miracle
Pas étonnant, dès lors, que l’on s’attroupe autour de ce vaillant centenaire pour le fêter. Le dessinateur Derib, les décorateurs Patricia et Frédéric Studer, l’aquarelliste Olivier Geerinck, le sculpteur cinétique Pascal Bettex, l’historienne et muséographe Mary-Claude Busset ainsi qu’une foule de musiciens et de passionnés du rail ont mis leur talent au service de ce chemin de fer pas comme les autres.

Pour sa part, le Montreusien Grégoire Montangero lui a consacré un livre, Il était une voie. «Je suis parti dans l’idée de rédiger un ouvrage sur un train. J’ai découvert un objet d’affection. Son siècle d’existence relève du miracle: ce n’est pas rien d’avoir traversé quarante ans de péril financier.»

Pour Grégoire Montangero, l’ASD est aussi «le train le plus culturel d’Europe». «Il a une seconde vie à côté du rail, souffle-t-il. Les artistes adorent investir ses wagons pour des expositions.»

Sa voiture la plus célèbre, le wagon-salon Chez Rose, est d’ailleurs en passe d’être rénové. En accueillant de nombreux touristes à des moments cruciaux, ce wagon a notamment permis à l’ASD de rester en vie. (24 heures)

Créé: 12.06.2014, 21h48

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