Des trampolines qui font bondir des Aiglons

PolémiqueUn promoteur contesté est derrière un complexe de loisirs qui sera développé en zone industrielle. Ce dernier veut rassurer les Aiglons inquiets.

Le projet soumis à l'enquête publique sera construit, si obtention du permis de construire, après démolition d'une vieille halle.

Le projet soumis à l'enquête publique sera construit, si obtention du permis de construire, après démolition d'une vieille halle. Image: Chantal Dervey

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«À Aigle, des gens sont inquiets de l’implantation de ce futur centre de loisirs, avec notamment des trampolines, en zone industrielle, témoigne un Aiglon actif dans le secteur des loisirs. Nous soupçonnons, et nous avons de bonnes raisons de le faire, l’implication d’une personne contestée dans le financement et la conduite de cette opération.»

Alors que le projet est soumis à enquête publique jusqu’au 20 février, notre interlocuteur vient d’être contacté par plusieurs personnes, principalement valaisannes, au courant du projet aiglon et qui ont eu maille à partir avec «la personne contestée».

Il s’agit de Thierry Dubuisson, homme d’affaires belge très suivi par les médias romands depuis vingt ans. Son nom est apparu dans plusieurs ratages retentissants, pour les plus connus: la Marina du Bouveret et un hôtel inachevé à Grimentz, en Valais. Selon ses dires, il a aussi «détenu pendant une longue période jusqu’en 2017 le centre de loisirs Aquaparc vendu à un fonds immobilier romand».

Méfiance

En 2015, l’ombre du promoteur planait sur un projet d’hôtel à Noville qui n’a jamais vu le jour non plus. «Justement, c’est ce qui pose problème. Les projets ne sont jamais achevés ou mal, et je ne veux pas qu’on se retrouve –même en zone industrielle– avec un trou béant», poursuit notre source. Une autre s’inquiète du fait que «des entreprises de la région pourraient se retrouver impliquées malgré elles dans un projet dont l’issue pourrait être incertaine». Et notre premier interlocuteur de poursuivre: «Nous savons que les moyens à disposition sont peu ou pas existants pour nous opposer à leur venue.» En effet, la Municipalité, elle-même, est contrainte de mettre à l’enquête. «C’est une obligation légale. De surcroît, les plans sont réglementaires», dit la municipale Maude Allora. Le complexe, sur une surface de 2300 m2, comprendrait, outre le trampoline, du street basket et du football 5 contre 5.

Le ressortissant belge n’intervient pas formellement dans le dossier d’enquête aiglon déposé par la société Emmo. Il avait été cité dans le cadre du projet d’un hôtel de cette même SA genevoise à Échandens en 2009. Emmo est aujourd’hui administrée par son associée dans une autre entreprise logée aussi dans la Cité de Calvin.

Ladite associée laisse Thierry Dubuisson s’exprimer. Ce dernier se veut rassurant: «Emmo SA est propriétaire du terrain depuis 2016. Elle n’a pas pour objectif de développer un projet immobilier qu’elle réaliserait elle-même, mais seulement de le proposer à des sociétés à la recherche de foncier bien situé désireuses de construire un immeuble pour une occupation spécifique.»

6,5 millions de francs

Ce qui aurait pu être le cas en septembre 2017 déjà. En effet, le centre de loisirs projeté en bordure du chemin de Champex pour 6,5 millions de francs est peu ou prou le même qui a été déposé il y a plus de deux ans sur la même partie de parcelle, propriété d’Emmo depuis 2016 donc. Un permis de construire avait été accordé, mais le projet jamais réalisé.

«Le premier permis n’a pas été mis en œuvre en raison de la difficulté rencontrée dans la recherche d’un investisseur immobilier disposé à acquérir l’immeuble une fois la mise en valeur terminée», poursuit l’homme d’affaires, qui indique encore qu’«Emmo vendra le terrain, une fois le permis de construire obtenu, à un potentiel promettant acquéreur». Le promoteur contesté ne serait alors plus aux manettes.


Jumpland, l’alternative

Ce complexe, s’il voit le jour, sera en concurrence avec un autre situé à environ 1 kilomètre de là. «C’est trop tôt pour dire si on sera impacté», déclare Asan Asani, administrateur de Jumpland. Le jeune entrepreneur montheysan a ouvert son parc de trampoline, «le projet de toute une vie», à la mi-janvier.

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«Mon parc, qui propose sept animations de trampoline et va s’étendre le mois prochain aux 3-5 ans, est différent du leur, même s’ils proposent aussi du trampoline. Ils font ce qu’ils veulent et je ne suis pas là pour critiquer, mais je trouve dommage d’avoir deux concepts qui se ressemblent aussi près l’un de l’autre», poursuit le patron de Jumpland, qui emploie 4 personnes. Le parc se trouve dans une halle au chemin des Îles, dans la ZI d’Aigle. «Nous avons bien démarré et bénéficions de la confiance et de l’intérêt des gens de la région», conclut Asan Asani.

Créé: 05.02.2020, 07h29

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