Passer au contenu principal

Travail de dentellier pour redimensionner la zone à bâtir

La Municipalité doit biffer un million de mètres carrés de terrains constructibles. Il reste à en trouver le quart.

C'est à Villars que le dézonage a été le plus massif. «Dans cette station comme dans bien d’autres, on a créé une vaste réserve de zone à bâtir pour se donner les moyens d’attirer les touristes.»
C'est à Villars que le dézonage a été le plus massif. «Dans cette station comme dans bien d’autres, on a créé une vaste réserve de zone à bâtir pour se donner les moyens d’attirer les touristes.»
Chantal Dervey

Cent quarante terrains de foot. Deux fois (et un chouïa) la superficie du Vatican. C’est la surface que la Commune d’Ollon – 59 km2 au total – devra biffer de sa zone à bâtir, révision de la loi fédérale sur l’aménagement du territoire (LAT) oblige. En février 2016, un important pas avait été fait dans cette direction: 230 000 m2 avaient alors été placés en zone agricole dans le secteur des Ecovets, près de Villars. Une étape clé qui avait permis à Ollon d’obtenir le bonus financier promis par Philippe Leuba pour encourager les communes des Alpes vaudoises à agir sans délai.

23 villages et hameaux

Le 10 juin, la Commune a mis à l’enquête la deuxième phase de ce processus: un demi-million de mètres carrés supplémentaires à Villars, Plambuit, Antagnes, Panex ou encore Saint-Triphon. Eclatée en 23 villages et hameaux – dont une station touristique –, la commune d’Ollon est atypique. D’où la crainte de voir le potentiel de développement démographique attribué exclusivement à Villars. «La configuration de notre commune n’a pas simplifié la donne, concède Nicolas Croci-Torti, municipal en charge de l’urbanisme et député PLR. Mais nous avons toujours voulu maintenir un potentiel dans l’ensemble de nos villages. Cet équilibre est important.» Et Pierre-Alain Martenet, responsable de l’urbanisme au bureau technique, d’ajouter: «Une première mouture, élaborée pour le bureau spécialisé avec lequel nous travaillons, prévoyait de supprimer tout potentiel de développement dans les hameaux. La Municipalité n’a pas souhaité aller dans cette direction.»

«Nous avons toujours voulu maintenir un potentiel dans l’ensemble de nos villages. Cet équilibre est important»

Nicolas Croci-Torti, municipal à Ollon.

C’est d’ailleurs sur le plateau de Villars que l’élagage a été le plus massif. «C’est logique. Dans cette station comme dans bien d’autres, on a créé une vaste réserve de zone à bâtir pour se donner les moyens d’attirer les touristes, les résidents secondaires. Cela correspondait à une image du tourisme que l’on avait à l’époque. La Lex Weber puis la LAT y ont mis un frein.»

Le plan joint au dossier d’enquête est parlant: ce sont principalement les zones périphériques de Villars qui sont touchées. «D’entente avec le Canton, nous avons tracé un périmètre urbanisé sur la base des constructions existantes. Toute parcelle située à plus de 50 m de cette limite est automatiquement placée en zone réservée, explique Pierre-Alain Martenet. Ce processus peut paraître froid et rigide, mais il a l’avantage d’être équitable.»

«Objectif inatteignable»

Si cette deuxième étape passe la rampe sans opposition, il restera plus de 250 000 m2 à dénicher sur le territoire communal. «Nous allons maintenant devoir mener une réflexion au cœur des zones urbanisées et trouver des pistes pour dézoner. On entame un travail de dentellier ou de découpeur du Pays-d’Enhaut», image Nicolas Croci-Torti. Pour l’édile, une seule certitude: «Après cette deuxième étape, nous aurons dézoné 65% des surfaces demandées par le Canton et la Confédération. Mais nous ne pourrons jamais atteindre les 100%.» A la Commune de démontrer qu’elle aura tout tenté pour s’en approcher.

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.