Trois gags racontent trois décades de revue à Aigle

SpectacleDes blagues villageoises aux moqueries entre cantons, la revue d’Aigle est devenue celle du Chablais. Rétrospective à travers des sketches.

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Lorsqu’on lui demande si, au fil de ses 30 ans d’existence, «Aigle s’éclate» a produit des sketches restés cultes, Claude Feole, metteur en scène et coauteur de la revue, n’hésite pas: au cours des trois décennies qui ont vu la troupe explorer tous les registres de la bouffonnerie villageoise, trois «tubes» ont émergé. Alors que le collectif s’apprête à servir une cuvée 2017 intitulée «Fête du vigneron», le caricaturiste de la vie chablaisienne évoque l’évolution des spectacles satiriques aiglons.

1987 voit naître la première revue, pour une unique soirée, peu après les élections communales. Est-ce l’effet de surprise de ce genre nouveau ou le climat politique du moment? La scène où les candidats à la Municipalité se rendent aux urnes vire au must: «C’était du comique visuel. Chaque fois qu’un candidat ouvrait l’isoloir, on découvrait une bizarrerie à l’intérieur, par exemple quelqu’un qui se douchait, se souvient Claude Feole. On nous en a parlé des années. C’était l’époque de Marc-Henry Soutter, Joseph Devaud et Robert Rittener, des personnalités politiques marquantes.» Presque dix ans plus tard, en 1996, Aigle ouvre une déchetterie et les comédiens en font un numéro mimé: «Nous avions transposé les instructions sur le tri des déchets dans le monde de Cro-Magnon. On voyait des hommes des cavernes se familiariser avec le tri. Sans une parole, les gens avaient ri du début à la fin.»

Cadence biennale

Entre ces deux moments, la troupe a pris de la bouteille, au rythme d’une revue par année, allongeant les séries de représentations au fur et à mesure que le public s’étoffe. Après quinze années, le collectif passe à la cadence biennale: «Cela nous permet d’être mieux préparés, de raffiner davantage.» Parallèlement, le terrain de jeu s’élargit: «Nous voulions attirer plus de monde. Pour cela il fallait dépasser les blagues sur le syndic ou le policier du coin.»

Des saynètes croquant les décalages entre cantons ont révélé aux acteurs leur potentiel régional. «Aigle s’éclate» signe en 2015 son succès le plus retentissant, en comparant Foire du Valais et Comptoir Suisse: «On rejouait la scène côté valaisan et puis côté vaudois. Les mêmes éléments résonnaient totalement différemment.» A l’image du visiteur qui achète un billet à la Foire du Valais et s’entend répondre qu’on ne prend pas une entrée mais «une permanente». Alors que, côté Vaudois, le visiteur se voit proposer 10-20 ou 30. Pour 10-20 ou 30 minutes!

Vrai sujet

Comme la bonne moitié de sa troupe, le metteur en scène œuvre depuis le premier lever de rideau. Il a acquis une idée précise de la manière de construire son spectacle: «On ne fait plus de sketches juste pour une belle chute. Il faut que ça rigole tout du long. Mais derrière il doit y avoir un vrai sujet, traité avec un angle précis. Cette année, on se moquera de Facebook en essayant de transposer dans la réalité ce qui se fait sur le réseau social. Ce sont des aberrations qui font rire dans la vraie vie.»

Fête du vigneron, 30 ans de la revue du Chablais Du 9 au 25 novembre, salle de l’Aiglon à Aigle. Infos et réservations: www.aigleseclate.ch (24 heures)

Créé: 03.11.2017, 10h31

Tambours-saucisses et discos-mobiles

Intégration et jeunesse: ces thématiques décortiquées à l’envi ont été bien innocemment au cœur de l’élan qui a donné naissance à Aigle s’éclate. Également organisatrice des fêtes médiévales, l’Association désormais identifiée comme une animatrice incontournable du chef-lieu est le résultat de l’union spontanée de deux groupes que tout aurait pu séparer. «D’un côté, il y avait la société de jeunesse de la Fontaine qui réunissait les Suisses. De l’autre, la jeunesse des Marronniers qui regroupait des enfants d’immigrés, se remémore Claude Feole. D’un côté il y avait les tambours-saucisses, de l’autre les discos-mobiles.» Un point commun unit ces jeunes: ils s’ennuient, dans ce qui est alors un village dépourvu de point de ralliement. Les potes d’enfance décident de monter une soirée pour réveiller le bourg. «On était des potes d’enfance, on s’est mis ensemble et cela a fonctionné très naturellement.» Pour sa Revue, Aigle s’éclate mobilise une quarantaine de personnes dont quinze acteurs. Fidèle en amitié, une bonne partie de l’équipe œuvre depuis les débuts de l’aventure.

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