L’ultime espoir des parents révoltés de jeunes autistes

St-LégierLe témoignage qui a relancé l’enquête sur la Cité du Genévrier serait très précis sur les accusations de maltraitances, réfutées par l’institution.

La Cité du Genévrier, à St-Légier, dans les hauts de Vevey, fait l'objet d'une enquête à la suite de plaintes de parents de résidents autistes.

La Cité du Genévrier, à St-Légier, dans les hauts de Vevey, fait l'objet d'une enquête à la suite de plaintes de parents de résidents autistes.

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Depuis 2015, des parents de cinq jeunes adultes autistes âgés de 20 à 25 ans sont en conflit avec la Cité du Genévrier, une institution pour personnes mentalement handicapées située à Saint-Légier, dans les hauts de Vevey. Jusqu’en février 2017, ces résidents étaient intégrés dans un projet pilote mis en fonction en 2010, appelé Baobab.

L’expérience s’est très mal terminée. En novembre 2015, une lettre anonyme d’un collaborateur dénonçait de graves maltraitances, niées par la direction de l’institution. Les parents ont saisi la Commission d’examen des plaintes des patients et des résidents (COP). Alors qu’elle devait clore son instruction en avril dernier, le témoignage d’un ex-employé de la Cité du Genévrier a relancé les investigations de cette autorité indépendante. Le conseiller d’État Pierre-Yves Maillard a en outre mandaté Éric Toriel, ancien secrétaire général du Département de la santé et de l’action sociale, afin de mener une enquête administrative.

«Une gifle observée envers un résident au Baobab a été admise et le cas a été communiqué aux parents de celui-ci»

Pour les parents des cinq jeunes, dont trois ont déménagé dans un foyer spécialisé à Lausanne, ce dernier témoignage est crucial. La discrétion est de mise de tous les côtés sur le contenu, en raison de la procédure en cours. Le nouveau témoin doit être entendu prochainement. Selon une source, il est entre autres question d’une gifle. Mais un père relève que cette affaire-là est réglée: «Une gifle observée envers un résident au Baobab a été admise et le cas a été communiqué aux parents de celui-ci. L’auteur a depuis été licencié, un mois après la lettre anonyme.»

Le nouveau témoignage, qui évoque des résidents bousculés ou enfermés dans leur chambre, se situe plutôt dans la lignée du contenu de la lettre anonyme de novembre 2015, à l’origine d’un reportage de la RTS, en mars dernier. Mais l’important est ailleurs pour les parents. Leurs enfants sont privés du langage qui leur permettrait de s’exprimer. Or le témoin semble prêt à décrire des cas précis auxquels il aurait assisté. Cela mettrait fin au désarroi de pères et de mères qui peinent à accéder à ce qui s’est déroulé: «La COP nous demande de fournir des faits. Or nous n’étions pas sur place. Nous ne pouvons que restituer des choses que nous avons entendues, des informations qui se disent», déplore l’un d’eux.

Quatre audits

Le nouveau témoin fait par ailleurs état d’informations dont la hiérarchie n’aurait pas tenu compte. Et c’est justement ce point, le traitement des dénonciations d’actes de maltraitance au sein de l’institution, qui sera au centre de l’enquête administrative menée par Éric Toriel. La direction de la Cité du Genévrier ne communique pas sur l’affaire en raison de l’instruction en cours. À la fin de la semaine dernière, elle affirmait toutefois que les outils de signalement existent: «La seule chose que nous pouvons dire est que s’il devait y avoir de nouveaux éléments, nous ne pourrions que regretter que cet employé n’ait pas utilisé l’un des nombreux outils mis à la disposition du personnel de la Cité du Genévrier pour dénoncer des actes de maltraitance.»

En plus d’une ordonnance de classement du Ministère public en 2016, l’affaire a été marquée par quatre audits du Contrôle interdisciplinaire des visites en établissements sanitaires et sociaux (CIVESS). Le dernier, en janvier 2017, relevait que «le jour de l’inspection, les résidents se montrent calmes, aucun signe de souffrance ou de mal-être n’a été observé». En revanche, des employés font état de tensions: «Des collaborateurs relèvent qu’ils ne sont pas entendus par la direction, les demandes et les propositions leur sont refusées, ils vivent des situations d’incompréhension.» Les parents et la direction se rejoignent dès lors sur un point: le souhait que l’enquête aboutisse au plus vite.

Créé: 19.06.2018, 06h53

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