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Unia enterre le Noël du personnel de Manor

Le syndicat a manifesté contre l’ouverture en ce dimanche 24 décembre du centre commercial. Lequel a été pris d’assaut par les clients

La manifestation s'est déroulée devant les portes du mall montheysan.
La manifestation s'est déroulée devant les portes du mall montheysan.
David Genillard

Une couronne mortuaire portée solennellement en procession au son d’une marche funéraire et déposée aux portes d’un centre Manor bondé. Dimanche, le syndicat Unia a mis en terre le Noël du personnel du centre commercial. «Le Noël des employés est gâché par une décision inique de la Municipalité de Monthey et par l’irrespect de la direction de Manor pour son personnel», a déclaré au porte-voix le secrétaire syndical d’Unia, Blaise Carron.

La seule enseigne

Pour mémoire, Monthey est la seule Commune du canton à avoir accordé une ouverture spéciale des commerces le 24. La loi valaisanne prévoit une ouverture dominicale annuelle mais celle-ci s’est déroulée le 17 décembre dans le reste du canton. À noter que Manor est la seule enseigne (ouverte de 13 h à 17 h) à avoir profité de cette autorisation, «ce qui en fait une exception au plan romand, souligne Blaise Carron. Les autres groupes ont décidé de remercier leur personnel en leur donnant congé. Je pense que Manor pouvait se permettre de manifester le même respect: ce n’est pas souvent que le 24 tombe sur un dimanche.» La dernière occurrence remonte à 2006.

Le battage mené par Unia rejaillit négativement sur notre personnel. Ce syndicat se trompe de cible

Charles-Antoine Kohler, directeur du centre commercial Manor de Monthey.

Les clients ne semblent pas partager l’avis du syndicat: les boutiques ont été prises d’assaut dès 13 h et les parkings étaient saturés. Présent lors de la manifestation, le directeur du centre commercial Charles-Antoine Kohler y voit la preuve que cette ouverture répondait à un besoin: «Le 24 est traditionnellement une grosse journée pour nous. Beaucoup de clients viennent acheter leurs produits frais - pain, huîtres, etc. - ce jour-là. Nous nous devons de leur offrir ce service. Je rappelle d’ailleurs que les autres années, le 24 est un jour travaillé. Aujourd’hui nous n’ouvrons que quatre heures. Le battage mené par Unia rejaillit négativement sur notre personnel. Ce syndicat se trompe de cible.» Pourquoi les groupes concurrents n’ont-ils alors pas jugé bon d’ouvrir? «Je ne les ai pas consultés à ce sujet, mais ils sont libres de décider de leur propre stratégie», répond le directeur.

Manor affirme répondre à un besoin. Mais je pense que c’est l’offre qui crée ce besoin et qui explique l’affluence du jour

Grégory Logean, chef du groupe UDC au Grand Conseil valaisan.

Alors que le Grand Conseil valaisan débat de la question de l’ouverture dominicale des commerces, l’exception montheysanne est prégnante. Suffisamment en tout cas pour encourager une délégation de la députation UDC à venir soutenir Unia dans sa démarche à Monthey. «Manor dit répondre à un besoin. Mais je pense que c’est l’offre qui crée ce besoin et qui explique l’affluence du jour, réagit son chef de groupe Grégory Logean. Sauf en cas de nécessité, le dimanche doit rester un jour de repos, qui plus est un 24 décembre. Il en va de la responsabilité sociale de l’employeur.»

Blaise Carron espère pour sa part que l’intervention restera une exception. Réponse dans six ans, puisque le prochain réveillon dominical arrivera en 2023

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