Veytaux s’apprête à «sortir de sa léthargie»

Esprit des lieuxLe bourg de la Riviera prépare sa Fête au Village. Découverte d'une petite commune à l'identité marquée.

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Derrière le fameux château de Chillon se cache une commune pentue de seulement 674 hectares. Veytaux est un véritable toboggan dont le point de départ, aux Rochers-de-Naye, culmine à 2041 mètres. Son sillon, lubrifié par sa rivière la Veraye, descend ensuite à pic, étriqué entre les communes de Montreux et Villeneuve pour se jeter dans le majestueux Léman, 1666 mètres plus bas.

La commune de Veytaux. Source: Wikipedia

Une fête moderne pour un village qui se meurt Dans le village, à cinquante mètres au-dessus du lac, «il n’y a guère plus de trois endroits plats», explique entre les vieilles bâtisses Jean-François Pilet, organisateur de la prochaine fête au village. Pas très pratique pour organiser l’événement qui est ici sur toutes les lèvres. Pour la onzième édition, qui se tiendra les 22 et 23 juin, la commune de 882 habitants espère attirer deux à trois mille personnes. Cependant, cette année, «pas de fanfare, pas de saucisse de veau, pas d’accordéon et pas de tombola», a décrété le très moderne Jean-François Pilet. À la place, une course à pied, un discours sur l’histoire du village et des groupes de musique. «Faut que ça bouge, prévient l’organisateur. Le but est de faire vivre le village le temps d’un week-end avant qu’il ne retombe dans sa léthargie pendant cinq ans.»

C’est vrai que Veytaux se meurt un peu. La vénérable Pinte de Veytaux, fermée depuis quelques années, va bientôt être détruite. La laiterie et l’épicerie ont également mis la clé sous la porte. Reste encore les deux restaurants près du château de Chillon, mais ils sont envahis par les touristes. Au départ du toboggan, sur les hauts de la commune, il y a bien le Plein roc et l’Auberge du Terravet, des restaurants d’alpage. Mais ça fait loin. Non, pour prendre un café ou se restaurer dans le village, la seule option est de se rendre dans l’hôtel Masson.

Un hôtel historique et une mystérieuse tour

En passant le seuil de l’édifice, on traverse un tableau du 19ème Siècle. De grandes fenêtres éclairent un vieux parquet recouvert de tapis d’époque, sur lesquels d’antiques meubles, commodes et fauteuils se partagent les pièces spacieuses. À l’étage, les chambres ont conservé l’odeur du temps d’avant. Construite en 1829, cette maison de vigneron est rapidement devenue un hôtel qui s’est donné pour mission de tout conserver en l’état. Il est d’ailleurs classé au Swiss Historics Hotels, qui recense cinquante hôtels suisses particulièrement chargés d’histoire. «C’est le plus ancien hôtel de la Riviera», ajoutent Frank et Simona Laves, souriant couple originaire de Hambourg et du Val d’Aoste qui a repris l’institution depuis une année et demie. Ils accueillent des touristes américains, suisses allemands mais surtout chinois, qui y passent une nuit avant de visiter le Château.

L'hôtel Masson. Photo: Sami Zaïbi

L’autre monument historique de Veytaux a disparu. Il est pourtant inscrit dans le nom de la commune: «Veytaux» vient de l’ancien français «Vaïe tou», qui signifie «Vieille tour». Cependant, personne ne sait ce qu’il est advenu de la tour en question. Le mystérieux édifice figure toujours sur le blason de la commune, entre deux traits bleus symbolisant les rivières qui la traversent. Au-dessus de la tour est représenté un chamois, animal emblématique du coin et dont on raconte que «Fricasse», un chasseur de Veytaux, est le seul à en avoir abattu deux d’une seule balle!

Le blason de Veytaux. Source: Wikipedia

Christine Chevalley, syndique de Veytaux et députée au Grand Conseil, est certainement la «revertchonne» la plus connue. Explications: «Nous sommes les gens du revers parce qu’on a le soleil tard. Mais quand on l’a, on le garde longtemps», s’exclame celle qui s’est installée au centre du village en 1981. «C’était un énorme coup de cœur. Je viens du Tessin et j’ai retrouvé dans ces petites ruelles une certaine italiennité. C’est juste charmant!»

La résinée annuelle, une potion magique Veytaux, c’est un peu le petit village d’irréductibles Gaulois. Alors que des discussions sont entamées depuis des années pour fusionner la commune avec l’ogre montreusien, des villageois s’y opposent farouchement. Et ils ont leur potion magique: la résinée organisée chaque année dans le grand chaudron, au centre du village.

Le chaudron dans lequel est faite chaque année la résinée Photo: Sami Zaïbi (24 heures)

Créé: 09.06.2018, 13h48

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