La Villa Le Lac sera enfin débarrassée de sa verrue
CorseauxUn candélabre gâche la vue sur l’œuvre de Le Corbusier. Grâce à la venue d’experts internationaux, il sera enfin démonté
Il était moins une! Lundi prochain se tiendra à la Villa Le Lac l’assemblée générale annuelle de l’Association des sites Le Corbusier. Une cinquantaine de spécialistes, essentiellement de France mais également du Japon, sont attendus (lire ci-dessous). Il fallait donc éviter à tout prix que tous ces défenseurs de l’œuvre du grand architecte ne découvrent le couac de Corseaux: un lampadaire installé pile devant la Villa Le Lac, pourtant Patrimoine mondial de l’Unesco. Cette verrue sera donc démontée ce mardi ou ce mercredi.
Pour rappel, ce candélabre a été mis en place en décembre 2016. Ni les services techniques de Corseaux ni ses autorités politiques n’avaient remarqué que cet éclairage est illégal. Monument historique national et bien d’importance internationale, la Villa Le Lac est en effet protégée en elle-même, mais aussi son environnement direct (y compris les végétaux du jardin).
Malgré deux interventions de la Confédération, il était toujours en place en été, période du pic de fréquentation touristique pour la petite maison au bord du Léman. À cette époque, Oliver Martin, chef de la section patrimoine culturel et monuments historiques au sein de l’Office fédéral de la culture (OFC), déclarait dans nos colonnes: «Le lampadaire porte atteinte à l’intégrité du monument, inscrit sur la liste du Patrimoine mondial. Il doit être déplacé.»
À l’époque, Commune et Canton se renvoyaient dos à dos la responsabilité du retard. Pourquoi aura-t-il fallu encore six autres mois pour s’exécuter? «Nous avons convoqué une séance sur place à la rentrée d’après l’été, explique Yves Raboud, municipal de la Culture. Nous avons alors rencontré une nouvelle personne des Monuments historiques, qui a pris le dossier en main, car nous ne pouvions pas, de notre côté comme Commune, nous substituer à l’instance supérieure qu’est le Canton. Il a fallu une deuxième séance avec l’État concernant le problème d’éclairage de la route cantonale pour finaliser le dossier. Nous sommes hors normes, mais cela est admis dans certains cas.»
Pas de péril pour la route
Une directive nationale (basée sur des normes européennes) préconise en effet un «coefficient d’uniformité» pour garantir une luminosité à peu près constante sur des tronçons de route. «Mais il n’y a pas de péril immédiat devant la Villa Le Lac: ce n’est pas un candélabre en moins qui va générer un trou noir ou un aveuglement immédiat au suivant», explique Franck Rolland, ingénieur spécialisé de la sécurité routière à la Direction générale de la mobilité et des routes.
Ce dernier indique que l’éclairage est du ressort de la Commune, même sur une route cantonale. «Il n’y a pas d’obligation – hormis des cas spécifiques comme des passages piétons ou des giratoires en localité – mais lorsque la Commune décide d’éclairer, alors elle doit le faire selon les règles de l’art.»
Quelle sera alors la solution qui remplacera à l’avenir le candélabre? «Nous avons chargé Romande Énergie de nous fournir une étude, qui n’est pas terminée, annonce Yves Raboud. Les pistes seront probablement un éclairage au sol ou l’augmentation de la luminosité des candélabres adjacents.»
Créé: 29.01.2018, 17h31
Première à Corseaux
L’Association des sites Le Corbusier (ASLC) a été créée à Ronchamp (F) il y a huit ans, dans le but, pour les villes où se trouve une œuvre de Le Corbusier, de coopérer sur les questions de protection et de promotion du patrimoine corbuséen. Chaque année depuis 2010, son assemblée générale se tient en un site différent. C’est la première fois qu’elle aura lieu à la Villa Le Lac, à Corseaux.
Une cinquantaine de représentants des sites Le Corbusier à travers l’Europe et le monde seront présents, pour discuter des questions habituelles de toute assemblée générale. Mais ce sera aussi l’occasion pour eux de parler des avancées de la candidature aux Itinéraires culturels du Conseil de l’Europe (projet piloté par l’ASLC) ou de la 3e Conférence permanente internationale au Japon.
Sans oublier de faire un point sur l’après-inscription à l’Unesco. Pour rappel, 17 réalisations situées dans 7 pays sur 3 continents ont été inscrites sur la Liste du patrimoine mondial en juillet 2016.
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