«Non, Villars ne va pas annexer Les Diablerets»

Alpes vaudoises 2020Le rapprochement des remontées mécaniques des deux stations profitera à toute la région, estime Pierre Besson, de Télé-Villars-Gryon.

Pour Pierre Besson et Télé-Villars-Gryon, le travail de terrain a déjà démarré aux Diablerets.?

Pour Pierre Besson et Télé-Villars-Gryon, le travail de terrain a déjà démarré aux Diablerets.? Image: Chantal Dervey

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Dès la saison prochaine, une seule société devrait exploiter les pistes de Villars, Gryon et des Diablerets. Si les conseils d’administration de Télé-Villars-Gryon (TVG) et de TéléDiablerets (TD) l’acceptent demain et vendredi et si les élus d’Ormont-Dessus (où se trouvent Les Diablerets) en font autant jeudi, l’entreprise villardoue reprendra à sa charge les remontées mécaniques ormonanches. Elle intégrera le nom des Diablerets à son identité. Et travaille déjà à d’importants chantiers sur le versant ormonan du domaine.

- Le rapprochement de vos sociétés intervient tard. Pourquoi une telle attente?

- Ce rapprochement faisait partie des conditions fixées par le Canton dans le dossier Alpes vaudoises 2020. Nous avons donc réalisé dès 2012 un comparatif de nos sociétés dans cette perspective. Mais vous ne pouvez pas parler de noces sans savoir ce que l’on mettra dans le panier de la mariée. Il a fallu attendre que le Conseil d’Etat livre son rapport sur les pistes proposées par la région. Lorsque cela a été fait, en mars dernier, nous nous sommes remis autour de la table pour affiner cette union.

- Dans quelle ambiance se sont déroulées les négociations?

- Très sereinement. Que les choses soient claires: nous n’avons pas le couteau sous la gorge. L’Etat a demandé ce rapprochement mais, même sans son intervention, il aurait eu lieu. C’est de la logique pure. Ce projet suscite beaucoup d’enthousiasme. On en a besoin.

- Plutôt qu’une fusion ou la création d’une nouvelle société, c’est une cession des actifs de TD à TVG qui a été choisie. Villars est-elle sur le point de racheter le ski ormonan?

- Non, il ne s’agit pas d’une annexion! C’est intéressant: nous nous retrouvons dans une situation similaire à celle que j’ai vécue il y a 20 ans. En 1995, Télé-Villars-Gryon a été créée pour réunir trois sociétés – Télécabine Villars-Roc d’Orsay SA, Télébretaye SA, alors en plein dépôt de bilan et Téléphérique La Barboleuse-Les Chaux de Gryon SA, également en proie à des difficultés financières. A l’époque, on entendait des Gryonnais dire: «On va se faire bouffer!» Et vous en trouverez encore qui l’affirment. C’est humain: il y a un fort sentiment d’identification aux remontées mécaniques; d’une certaine manière, elles «appartiennent» aux villageois. Mais, au final, toute la région a bénéficié de ce rapprochement. Aujourd’hui, la démarche est la même: on accroche simplement un wagon supplémentaire.

- Aux Ormonts, on craint que vous n’investissiez pas autant aux Diablerets que sur «votre» domaine.

- Notre intérêt est que toute notre région se développe en parallèle, aussi bien l’axe Leysin-Les Mosses que Villars-Les Diablerets. Il ne faut pas croire que nous serons bénéficiaires à moyen terme si notre voisin rencontre des difficultés: ce sont toutes les Alpes vaudoises qui en pâtiraient. Si l’on veut attirer des clients, l’ensemble de notre domaine skiable doit être le plus dynamique possible.

- Quels projets menez-vous aux Diablerets?

- Le travail de terrain a commencé à l’hiver 2013-2014 déjà, en collaboration avec Jean-Paul Jotterand, mon homologue de TéléDiablerets. Nous travaillons chaque jour en vue du renouvellement de la télécabine d’Isenau. Et l’amélioration de la liaison entre nos stations, par la création de deux télésièges, est largement portée par TVG.

- Sans rapprochement, pas d’aide du Canton. Un non des élus ou des conseils d’administration mettrait-il votre société en péril?

Notre société a réalisé la première étape de l’enneigement mécanique du domaine alors que le Canton venait d’imposer son moratoire, en 2011 (ndlr: l’Etat a gelé ses subventions dans l’attente d’une planification en matière de remontées mécaniques et d’enneigement artificiel, et d’un rapport sur l’utilisation des taxes de séjour). Elle l’a fait par ses propres moyens. Un refus ne mettrait pas directement TVG en danger mais serait un coup de frein énorme au développement de la région. Franchement, je tomberais de quatre étages si cela devait se produire. C’est un projet fantastique, il y a une forte volonté politique, le Conseil d’Etat marche avec nous: c’est une chance incroyable. Ce n’est pas le moment de se recroqueviller sur soi.

(24 heures)

Créé: 20.07.2015, 16h45

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