La Ville d’Aigle au chevet de sa culture

PolitiqueLes autorités font le constat d’un retard accumulé par la commune en termes de culture. Elles souhaitent y remédier.

«Orbite» va être achetée par la Commune. Elle trônera dans la cour du Collège Michel-Mayor. Image: Chantal Dervey

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Capitale mondiale du vélo, ville très dynamique sur le plan viticole – elle accueillera en mai le plus grand concours mondial de dégustation –, Aigle veut se tourner de plus en plus vers la culture. «Notre commune a accumulé trop de retard dans ce domaine ô combien important. Nous devons changer cela et proposer une politique beaucoup plus proactive», indiquait la semaine dernière le syndic d’Aigle, Frédéric Borloz, devant le Conseil communal réuni en séance à l’École professionnelle du Chablais.

«Nous voulons nous démarquer dans le domaine de l’art cinétique, tout en enrichissant nos espaces publics»

C’est justement dans le parc de l’établissement qu’une première exposition de sculptures cinétiques, «Spirale», s’est déroulée récemment. Cyril Zoller, conseiller communal et instigateur de l’événement, se réjouit «que les autorités donnent aux acteurs culturels un signal fort et très motivant avec la volonté de les accompagner et de mettre en lumière le réel potentiel qui existe dans cette ville.»

La Municipalité a décidé d’acheter deux installations géantes et mobiles exposées cet été. Pour «Orbite», de Raoul Thonney, qui sera installée dans la cour du collège Michel-Mayor, il en coûtera environ 30 000 francs. À peu près 20 000 francs pour l’acquisition de «Fontaine», de l’émule de Jean Tinguely, René Progin. Elle se dressera probablement vers la place Alphonse-Mex. «Il est possible que la Commune en achète d’autres, année après année. Nous pourrions ainsi nous démarquer sur le long terme dans ce domaine de l’art cinétique, tout en enrichissant nos espaces publics», poursuit l’édile, qui précise que «Spirale» devrait être pérennisée.

Côté scène(s)

Loin de se focaliser sur la sculpture, la Ville entend développer d’autres vecteurs culturels, certains étant déjà représentés. Comme la peinture. Justement, l’ouverture récente de l’Espace Graffenried dans l’ancienne Maison de Ville vient de donner un formidable coup de projecteur aux œuvres de l’important patrimoine pictural aiglon. Mieux, la commune a engagé une personne chargée spécifiquement de valoriser ses collections. Actuellement, le public peut admirer des toiles de Frédéric Rouge, François Birbaum, Marie-Joseph Orgiazzi, Camille Scherrer ou encore Olivier Estoppey.

L’art scénique est aussi au centre des préoccupations de l’Exécutif. La Ville va rénover ses anciens abattoirs. À la place, le projet de réintégrer au cœur de la ville le Théâtre Waouw et son école, actuellement confinés dans la zone industrielle, est envisagé. «Nous travaillons sur une réflexion globale de cet espace, qui pourrait accueillir aussi d’autres activités culturelles. Un projet sera présenté en 2019», annonce Frédéric Borloz. Autre pôle qui doit être présenté l’an prochain: la mue de la halle des Glariers.

Polyvalent, l’espace hébergera foires et expositions. Et pourquoi pas une salle de concert? Le domaine fait figure de parent pauvre dans une ville aujourd’hui forte de 10 000 âmes. «C’est en effet une éventualité qu’il faut étudier», répond le syndic. IS Prod s’y dit favorable. L’association propose de nombreuses «offres en lien avec la musique pour les artistes locaux émergents, comme jam-sessions à l’Aiglon, local de répétition, coaching, enregistrement, production de clips, rencontres et échanges», détaille Jonathan Morard, l’un de ses responsables. Surtout, IS Prod, subventionnée en partie pour son loyer par la Commune, planche avec d’autres associations aiglonnes sur la réalisation d’une véritable salle dédiée exclusivement à la culture au centre-ville. «Pourquoi pas derrière la gare, à proximité de l’espace cinéma.» En effet, le chef-lieu du district abrite trois salles obscures.

Un projet qui siérait à Yu-Seng. Fondateur et président de KFM Life, le jeune Aiglon dirige l’école KFM Dance School et son pendant scénique KFM Crew, formation de danse urbaine qui, depuis 2009, a glané de nombreux trophées suisses et internationaux. «Pour l’heure, nous avons des locaux qui nous conviennent et sommes en contact constant avec les autorités. Mais nous sommes en pleine expansion, avec une centaine d’élèves qui viennent de toute la région et même de Martigny. Notre espoir est de pouvoir créer à Aigle un véritable centre de danse du Chablais.»

Créé: 15.10.2018, 07h23

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