Villeneuve refuse le tracé du bus par les Remparts

RéférendumLe projet de réfection de la rue qui aurait permis la desserte en transports publics jusqu’au futur hôpital a été rejeté.

Le bus dont le terminus se trouve à la gare de Villeneuve sera prolongé à l'horizon été 2019 jusqu'à l'Hôpital Riviera-Chablais, actuellement en construction à Rennaz. Mais il ne passera pas par la rue des Remparts.

Le bus dont le terminus se trouve à la gare de Villeneuve sera prolongé à l'horizon été 2019 jusqu'à l'Hôpital Riviera-Chablais, actuellement en construction à Rennaz. Mais il ne passera pas par la rue des Remparts. Image: Chantal Dervey/Archives

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C’est une défaite cuisante pour les autorités. Dimanche, 57,8% des électeurs villeneuvois – 1590 bulletins valables, pour un taux de participation de 43,4% – ont balayé le projet de réfection de la rue des Remparts. Au-delà des importants travaux à réaliser (éclairage public, eau potable, évacuation des eaux), le véritable enjeu en consultation était bel et bien le passage des bus de la ligne 201 des VMCV (Vevey-Montreux-Chillon-Villeneuve) par l’étroite artère du centre de la commune après le renforcement de sa chaussée. Conçu par le Canton, le projet était soutenu massivement par la Municipalité de Villeneuve, mais aussi par le Grand Conseil, le Conseil communal, l’entreprise de transports et diverses associations.

Face à ce front uni, des riverains se sont vertement opposés, dès le début, au prolongement par les Remparts de la desserte que le Canton doit obligatoirement assurer jusqu’au site du futur hôpital intercantonal Riviera-Chablais à Rennaz. Actuellement en construction l’établissement ouvrira ses portes à l’été 2019.

Campagne acharnée

La campagne a été rude ces dernières semaines entre partisans du oui et tenants du non. Ces derniers, représentés par une petite poignée de citoyens villeneuvois, ont combattu pied à pied. Y compris en recourant devant le Conseil d’État et la Cour constitutionnelle, pour faire corriger la brochure explicative de vote; induisant selon eux les électeurs en erreur. La semaine dernière encore ils demandaient le report du vote. Ces démarches n’auront finalement pas été nécessaires.

«C’est un beau dimanche pour la démocratie locale, déclare en préambule Joachim von der Lahr, porte-parole du non, qui a toujours qualifié ce combat de «David contre Goliath». Ce rejet de voir passer la circulation des bus par la rue des Remparts selon lui est le signe que les Villeneuvois veulent «préserver leur qualité de vie en s’opposant à une politique d’urbanisme qui vise à transformer la commune en banlieue de transit.» Un vote «avec les tripes»

«Dans un débat placé sur l’émotionnel, les Villeneuvois ont donc voté avec leurs tripes, n’entendant pas les éléments factuels sur la qualité du projet»

Du côté de la Municipalité et du groupe de soutien – tous les partis politiques, à l’exception notable de l’UDC –, c’était la soupe à la grimace dimanche devant la Maison de Ville où s’est déroulé le dépouillement. Syndique, Corinne Ingold a fait part de sa «grande déception». Pour l’édile: «Dans un débat placé sur l’émotionnel, les Villeneuvois ont donc voté avec leurs tripes, n’entendant pas les éléments factuels sur la qualité du projet. On a senti dans la deuxième moitié de la campagne, que notre marge de manœuvre serait très étroite.» Pas si mince que ça en fait puisque le résultat est très clair en faveur des partisans du non: près de 250 voix d’écart.

Ancien syndic et porte-parole du groupe de soutien au projet, Pierre Guignard considère le résultat comme «surprenant, surtout par son ampleur». Le conseiller communal socialiste regrette que le populisme ait été au cœur des débats. «Les arguments étaient souvent limites, quelques fois mensongers, comme pour les coûts avancés ou la largeur des trottoirs.»

Joachim von der Lahr s’inscrit en faux: «Nous ne sommes pas des populistes ni des irréductibles, mais de petites gens qui avec peu de moyens se sont opposés à un fait accompli, pris sans aucune discussion préalable. Soit, imposer un tracé présenté comme le meilleur mais qui ne l’est finalement pas.» Les opposants ont toujours privilégié un prolongement de la ligne par la route cantonale qui borde le Léman.

Le non au référendum entraîne par effet de cascade l’arrêt du projet de travaux souterrains voulu par la Commune, et qui bénéficiait d’une participation du Canton. «La Municipalité va se donner le temps de la réflexion. On ne peut dès lors pas dire quand ils seront menés. Ce qui est sûr, c’est qu’ils coûteront plus cher», conclut Corinne Ingold. (24 heures)

Créé: 08.04.2018, 18h11

Le combat d’une poignée de citoyens assène un cinglant camouflet aux autorités

Commentaire

Le front uni derrière le Canton (soit Municipalité villeneuvoise, majorité du Conseil communal, Grand Conseil unanime, entreprise de transport, associations) pour prolonger une toute simple ligne de bus via une artère du centre-ville n’aura pas suffi. Une poignée de Villeneuvois, motivée, déterminée, a eu raison d’un projet largement combattu depuis plus d’un an; entre oppositions, pétition et autre recours. Pourtant, à voir les forces en présence, le combat s’annonçait largement inégal dans une campagne qui aura été rude, quelquefois violente.

L’explication de son amère défaite tient sans doute au fait que le Canton, dans une position univoque, a imposé un projet certes réfléchi et bien ficelé, mais qui n’a pas pris en compte la qualité de vie que les Villeneuvois veulent donc conserver. Il vient à penser que des débats, une démarche participative, des ateliers, une consultation a minima des principaux intéressés avant de tirer un plan définitif sur papier, aurait hypothétiquement permis d’éviter ce cinglant camouflet. Le Canton, qui a pour mission dans ce dossier d’assurer une desserte en transports publics jusqu’au site du futur hôpital régional, est donc appelé à revoir sa copie. Et vite, car le temps presse. L’établissement hospitalier ouvrira en effet à l’été 2019.

On le sait, l’État a plusieurs autres variantes dans sa musette. Peut-être serait-il bien inspiré d’ouvrir la concertation avant d’en privilégier une plutôt qu’une autre. Sous peine de connaître le même genre de déconvenue que celle infligée dimanche.

Christophe Boillat

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