Des visages de femmes racontent l’aventure d’un vigneron rebelle

AigleLe Musée de la vigne et du vin expose la série des étiquettes du domaine Montevertine, en Toscane, créées par l’artiste Alberto Manfredi.

Le trait anguleux d'Alberto Manfredi est inspiré de l'art des années 1930.

Le trait anguleux d'Alberto Manfredi est inspiré de l'art des années 1930. Image: DR

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Ce sont trois histoires que racontent la belle série d’étiquettes exposée jusqu’au 20 septembre dans la tour du château d’Aigle. Toutes ornées de visages de femmes, elles sont l’œuvre de l’artiste italien Alberto Manfredi, qui fut en son temps titulaire de la chaire des techniques de gravure à l’Académie des beaux-arts de Florence.

Elles narrent d’abord la success story de Sergio Manetti. Ce riche industriel milanais rachète en 1967 le domaine viticole abandonné de Montevertine, sur la commune de Radda in Chianti, au sud de Florence. L’homme y replante un peu de vigne et le voilà qui, avec une production confidentielle, décroche un prix à Vérone en 1971. Le capitaine d’industrie devient viticulteur à plein temps. Son fils, Martion, a repris le flambeau à son décès en 2000.

Cru très prisé

«Il a commencé par produire du chianti, mais s’est vite distancé de cette appellation, raconte Nicolas Isoz, directeur et conservateur du Musée de la vigne et du vin. Il s’est passionné pour le sangiovese, le cépage principal qui constitue le chianti.» Mais refusant de l’assembler à des cépages blancs comme le veut alors le cahier des charges de cette AOP, il ne peut vendre sa production sous cette appellation. «Il s’est retrouvé à fabriquer du vin de table. C’était le cas d’autres producteurs à l’époque, à l’origine des «super-toscans» et qui ont eu pour effet de faire évoluer le cahier des charges», explique Nicolas Isoz. Malgré ce label de «vin de table» peu engageant, la production issue des 18 hectares aujourd’hui cultivés par la famille Manetti est très prisée. «Les bouteilles de son Pergole Torte se vendent aujourd’hui à 150 francs.» Voilà pour la deuxième aventure.

La troisième est celle du peintre Alberto Manfredi qui signe la trentaine d’étiquettes de Montevertine exposées au château. «Chaque millésime est décoré d’une gravure différente, au style très reconnaissable, inspiré par l’art des années 30, avec un côté très anguleux», décrit Nicolas Isoz. La mort de l’artiste en 2001 n’y a rien changé: Martino Manetti puise désormais dans les réserves abondantes laissées par l’ami de son père.

Avec cette exposition intitulée «La bouteille au féminin – 30 visages de la Toscane au château d’Aigle», le musée chablaisien sort de son fief vaudois et de présentations plus traditionnelles. «C’est l’occasion de proposer quelque chose de plus international, confirme Nicolas Isoz. Nous nous targuons de posséder la plus grande collection d’étiquettes du monde (ndlr: plus de 400'000); on peut en montrer différents visages et pas seulement son côté valdo-vaudois.»David Genillard


«La bouteille au féminin - 30 visages de la Toscane»
Jusqu’au 20 septembre 2020
Château d’Aigle.
Du mardi au dimanche, 10h-17h.
www.chateauaigle.ch

Créé: 28.11.2019, 20h50

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