La voleuse était pourtant si sympathique

CorrectionnelleProcès haut en couleur à Vevey où a comparu jeudi une détrousseuse hors norme de personnes âgées

Audience haute en couleur jeudi au Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois à Vevey

Audience haute en couleur jeudi au Tribunal d'arrondissement de l'Est vaudois à Vevey Image: Philippe Maeder

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«Vous voulez que je me mette à plat ventre pour demander pardon à tout le monde?» Elle l’aurait fait si le tribunal avait répondu par oui. Anita*, 56 ans, en est à son quatrième procès. Récidiviste de vols au détriment de personnes âgées, cette Italienne divorcée d’un Suisse assure que son maintien en détention depuis février 2017 l’a définitivement dissuadée de recommencer. Elle admet tout ce qui lui est reproché, s’autoflagelle et s’excuse.

Novembre 2004. Anita fait la connaissance d’une dame dans un bistrot à Vevey. Cette personne sans le sou lui confie qu’une voisine lui prête souvent de l’argent. Anita, elle aussi fauchée, s’empresse de lui rendre visite. Cette nonagénaire lui alloue en deux temps 5000 francs. Il est convenu qu’il s’agit de prêts. Puis Anita disparaît quelque temps, incarcérée dans le cas d’une autre affaire de vol. Elle refait surface en septembre 2015. Celle que cette dame âgée décrira comme ressemblant à Marilyn Monroe se fera alors remettre plus de 100'000 francs en moins d’un an. Sans jamais, dit-elle, lui avoir forcé la main.

Cela a duré jusqu’à ce que la fille de l’aïeule constate le trou dans les économies de sa maman. Mais Anita persiste. Elle invoque des pressions de la part de son compagnon kosovar. Elle aurait dit à la dame que si elle ne lui remettait pas d’argent, des Kosovars viendraient et la zigouilleraient, elle et sa fille. Cet argent aurait servi à bâtir une maison au Kosovo. Face aux juges, Anita soutient que la nonagénaire a mal compris. «C’est moi, non elle, qui risquait d’être zigouillée!» Et d’ajouter: «Je regrette qu’elle ne soit pas présente. J’aurais aimé lui parler. Sa fille lui a fait subir un lavage de cerveau».

À cette histoire d’extorsion et de chantage s’ajoute, durant la même période, une série de vols de bijoux qu’Anita ne nie pas. Elle usait de sa capacité à attirer la sympathie des gens pour se faire inviter chez eux. Les bijoux volés étaient revendus à des boutiques de rachats de métaux précieux. Ces transactions ont pu être retrouvées sur la base du relevé de l’identité de la voleuse, mais il n’a pas été possible de savoir qui en ont été victimes. Sauf dans deux cas.

Seule plaignante présente au procès, une digne octogénaire raconte que l’accusée lui a subtilisé chez elle une bague sertie de diamants valant 20'000 francs. Elle manque s’étrangler lorsque la voleuse répond: «C’est vrai, mais c’était du toc, je l’ai jetée à la poubelle.»

Son dernier forfait remonte à janvier 2017. Une fois encore, la victime est octogénaire, rencontrée dans un magasin. La pauvre y a perdu un collier et une chaînette en or. Cerise sur le gâteau: Anita lui enverra depuis la prison une lettre demandant 30'000 francs de tort moral au motif que c’est sa plainte qui a provoqué sa mise en détention. La procureure Myriam Bourquin a requis 40 mois de prison. La défense a plaidé les circonstances particulières d’une personne prise dans un chantage aux sentiments. Verdict prochainement. *Prénom fictif (24 heures)

Créé: 08.06.2018, 07h14

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